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jeudi 5 novembre 2026

Le livret A à 30 000 euros, ou comment l’État détourne l’épargne

Temps de lecture : < 1 minute

On déplore à raison l’allocation trop prudente de l’épargne en France, et plus largement en Europe. En particulier par rapport aux placements des ménages américains, qui ont d’ailleurs un patrimoine financier moyen bien plus élevé. Et, dans le même temps, on fait tout pour encourager cette frilosité.

Les livrets réglementés sont les seuls placements totalement exonérés de prélèvements obligatoires. Garantis et parfaitement liquides, ils financent indirectement, en grande partie, de la quasi-dépense publique (dont le logement social), et ont un rendement assez faible. Avec les fonds euros en assurance vie, principal placement financier des Français, on retrouve la même combinaison de garantie du capital et de liquidité, assortie d’un régime fiscal attractif, en particulier pour la succession (qui vaut aussi, bien sûr, pour les autres supports de l’assurance vie). Et derrière, une part importante des fonds placés en dettes publiques. Tout est donc fait pour collecter une grande partie de l’épargne des ménages sur ces produits sécurisés.

Avec le relèvement du plafond du livret A, que Sébastien Lecornu vient d’annoncer pour février dans une fourchette de 25 000 à 30 000 euros, on en rajoute une couche. C’est d’autant plus regrettable qu’en l’absence de fonds de pension dans le système des retraites obligatoires  – à l’exception de poches en capitalisation comme le RAFP, dans la sphère publique ! – les placements de long terme non garantis, très bien adaptés à l’investissement en actions ou en produits assimilés, sont insuffisants dans l’épargne des ménages français.

Tout est fait pour privilégier une allocation liquide et sans risque, au détriment du rendement de long terme et du financement des entreprises en fonds propres.

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