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lundi 14 septembre 2026

Marine Le Pen veut conditionner les logements sociaux à la nationalité française

Temps de lecture : 2 minutes

À l’occasion de son discours de rentrée le 13 septembre à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a dévoilé une partie de son programme sur le logement : suppression des contraintes du diagnostic de performance énergétique (DPE), accès à la propriété aux locataires de HLM avec prise en compte des loyers pour l’apport, transformation de bureaux vacants en logements, vente de HLM pour financer de nouvelles constructions… avec une priorité donnée aux nationaux. Selon elle, 70 % des Français sont éligibles au parc social, mais seulement 11 % en bénéficient. Même chose pour les aides pour le logement (APL), qui ne sont pas conditionnées à la nationalité française. Pour Emmanuelle Cosse, présidente de la confédération des bailleurs sociaux, cette dernière proposition est une « lubie xénophobe » qui revient à instrumentaliser la crise du logement pour désigner des boucs émissaires. De son côté, Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, a qualifié, entre autres, Marine Le Pen d’« ultralibérale ».

Le chiffre donné par cette dernière est vrai. Il provient de l’Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS). Mais faut-il pour autant regretter cette situation ? Est-ce la preuve que les nationaux ne profitent pas suffisamment du système, ou qu’un tel dispositif est, au contraire, mal ciblé et trop étendu dans ses critères ? Ce que Mme Le Pen omet soigneusement de dire, c’est que le logement social ne remplit plus sa mission et crée des déséquilibres en cascade. Selon un rapport de l’ANCOLS publié en 2026, le décalage entre l’offre et la demande s’est accru ces dix dernières années, avec une baisse de la part du « parc très social » et un doublement du nombre de ménages sur liste d’attente.

Réserver ou non ces logements aux nationaux ne changera pas le problème de fond, qui est celui de la concurrence déloyale à l’égard des bailleurs privés. Ces derniers doivent composer avec une fiscalité élevée et une accumulation de contraintes, notamment autour du DPE. À l’inverse, les bailleurs sociaux bénéficient d’avantages fiscaux et financiers (exonérations, aides publiques) qui leur permettent de proposer des loyers que les bailleurs privés ne peuvent pas toujours se permettre de concurrencer. Sur ce point, la proposition de vendre des HLM mérite d’être prise au sérieux. Mais cette vente est déjà possible en pratique : un locataire peut acheter le logement social qu’il occupe sous certaines conditions. Le succès reste toutefois très limité : moins de 11 000 logements sociaux ont été vendus en 2025 sur 5,4 millions au total, soit 0,2 % du parc.

Reste une contradiction dans le programme de Marine Le Pen : vouloir développer l’offre de logements tout en maintenant un système social aussi vaste. Mettre fin aux avantages fiscaux des bailleurs publics, simplifier les normes qui découragent les bailleurs privés, permettre l’achat d’un HLM par le locataire sans condition… Voilà des propositions véritablement libérales, et qui ne feraient pas de Marine Le Pen une « ultra » pour autant.

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