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vendredi 29 mai 2026

Le manque de concurrence explique en partie le coût élevé de la vie en Suisse

Temps de lecture : 2 minutes

La Suisse est connue pour être un pays particulièrement cher. Les prix y sont environ 60% plus élevés que la moyenne de l’Union européenne (UE), un phénomène appelé « îlot de cherté ».

Dans une note parue le 22 janvier 2026, la Direction générale du Trésor (DGT) attribue cette singularité à la dichotomie de l’économie helvète.

D’un côté, nous avons une partie de l’économie fortement ouverte sur le monde avec une productivité très élevée, d’où un haut niveau de salaires. Le pays, dont la prospérité repose sur le commerce extérieur, cherche constamment à renforcer l’ouverture aux marchés de son industrie. Comme l’explique la DGT, « Un exemple marquant a été l’abolition des droits de douane sur tous les produits industriels en 2024, un moyen d’alléger précisément les coûts des intrants importés et les coûts d’investissement et ainsi de soutenir la compétitivité des secteurs industriels à forte valeur ajoutée (industries pharmaceutiques, technologiques, luxe). »

De l’autre côté, nous avons des pans entiers de l’économie helvète qui demeurent très fermés, essentiellement dans les secteurs primaire et tertiaire, moins intensifs en technologie et utilisateurs de travail moins qualifié.

Ainsi, comme le montre la note, « la protection douanière reste élevée par rapport à l’UE, couplant aux subventions des barrières tarifaires et des quotas d’importation très restrictifs sur les productions étrangères. » Par exemple, les droits de douane sur les produits agricoles importés s’élèvent en moyenne à 21% en Suisse, alors que dans l’UE, ils sont à 8%. « Dans le domaine de la viande en particulier, le marché suisse est encore très fortement isolé des marchés européen et mondial : les droits de douane y atteignent en moyenne 132% (38% dans l’UE). »

Dans le secteur tertiaire aussi, les prix élevés s’expliquent en partie par des barrières d’accès au marché qui limitent la concurrence dans certaines branches. Ces obstacles incluent des réglementations cantonales restrictives entravant la mobilité professionnelle et la concurrence interrégionale. Par exemple, des certifications spécifiques à chaque canton peuvent compliquer l’exercice de certaines professions au niveau national, réduisant la concurrence et maintenant des prix élevés. La libre circulation des personnes avec l’Union européenne est elle aussi encadrée.

Selon une étude du secrétariat d’État à l’Économie de la Confédération helvétique, au début des années 2000, 44% du surcoût des prix suisses étaient dus au manque de concurrence.

Nous le répétons régulièrement, ce sont toujours les consommateurs qui paient le manque de concurrence et les droits de douane censés protéger la production nationale. La défense du consommateur passe par celle du libre-échange.

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11 réponses

  1. Pourriez vous enrichir votre analyse en considérant que le consommateur est aussi un producteur?
    Intuitivement, mais je peux me tromper, on peut se demander quel bénéfice tire un consommateur du libre échange s’il perd son boulot par une concurrence déloyale et achète moins cher avec… des aides publiques?

    1. Un consommateur n’est pas forcément un producteur et c’est bien le problème en France, les libéraux sont le plus souvent des consommateur ne produisant rien…

  2. Un prix de revient se calcul à partir du salaire brut. Et en comparaison internationale les salaires bruts helvétique sont les plus élevés d’Europe. Quand aux manques de concurrence. Les deux observatoires qui classent la liberté économique de chaque pays, classent la Suisse première des économies les plus libres d’Europe.

    Une vendeuse suisse touche plus de deux fois le smic d’une vendeuse française. Je ne crois pas que le pouvoir d’achat d’un français à un pouvoir d’achat 20 à 30% supérieur des suisses. Les français ne donnent l’impression qu’ils ont un coût de la vie bon marché quand on les écoutent.

    Carrefour a quitté la Suisse car le marché suisse n’était pas rentable pour eux. Pourquoi l’est- il pour les deux grandes principales enseignes suisse? Si les prix étaient réellement surélevés en Suisse, Carrefour aurait pu devenir compétitif en Suisse.

    F.A Hayek expliquait dans  » droit, législation et liberté  » qu’un monopole n’est pas forcément néfaste si ses prix lui permettent d’en tirer un bénéfice tout en dissuadant une concurrence. Si Carrefour a été dissuadé de quitter la Suisse à cause des prix des deux grandes enseignes historiques suisses qui se partagent plus de 70% du marché en Suisse de l’alimentation, ce n’est pas le manque de concurrence la cause.

    Quand au protectionnisme agricole c’est vrai. Mais on retrouve les mêmes qui défendent ce protectionnisme pour protéger nos agriculteurs mais aussi qui se plaignent du prix des fruits et légumes. Les vignerons suisses ne bénéficient pas de subventions et de mesures protectionnistes face aux importations de vins étrangers à bas prix. La Suisse c’est 15’000 hectares de vignes.

    Les vignerons suisses ont des coûts d’exploitation qui ne leurs permettent pas de trop baisser leurs prix de vente pour concurrencer les prix cassés étrangers. Faut comparer avec ce qu’il se compare. On ne peut pas en Suisse avoir des salaires suisses et n meme temps des prix français ou italiens.

  3. Pour les droitsde douane apparemment vous avez tout faux sauf pour les produits agricoles. Les droits de douanes avec les accords de libre échange comme avec l’UE ont été abolis.

    1. Il est explicitement écrit qu’il n’y a pas de droits sur les produits industriels et qu’il en reste sur certains produits agricoles !

  4. Que de défauts de gouvernance chez nos voisins helvétiques n’est ce pas avec des prix élevés dûs à cette terrible absence de concurrence.
    Ils sont tellement protectionnistes qu’ils confient même la gestion d’établissements de nuit dans des stations balnéaires réputées à….des Français avec les déplorables conséquences que cela peut engendrer.
    Permettez moi donc d’exprimer Un profond respect pour les jeunes victimes, décédées ou qui luttent pour survivre, et à leurs familles.
    Permettez moi aussi d’écrire que le mode de fonctionnement du bar le constellation, pourtant soumis aux règles de la concurrence, ne correspondait malheureusement pas aux valeurs de responsabilité individuelle, de travail déclaré, de sécurité…qui sont ceux du libéralisme économique bien compris.

  5. « …ce sont toujours les consommateurs qui paient le manque de concurrence et les droits de douane censés protéger la production nationale »
    En effet, moyennant quoi l’agriculture hélvète n’est pas moribonde et les paysages et territoires du pays parfaitement entretenus. Et le niveau de vie des suisses reste un des plus élevé du monde. Et toute la France riveraine bénéficie de cette prospérité par la venue des consommateurs suisses…

  6. C’est évident, sans droits de douane pour le protéger, un éleveur suisse ne peut pas concurrencer un éleveur français parce que le coût de sa vie est 2 fois supérieur à celui d’un éleveur français. Donc il doit vendre sa viande le double du prix français, sa productivité étant peu diférente. Quand vous passez la frontière suisse sur la route, si le douanier vous arrête, sa première question est : Avez-vous de la viande ?

  7. Vua la lecture rapide et mon commentaire long j’ai relu et effectivement il est bien écrit concernant l’abolition des barrières douanières.

    Autant pour moi.

  8. Vous avez oublié un point important qui est le secteur de l’immobilier hyper réglementé par des lois fédérales, cantonales et des réglementations communales tatillonnes et un droit d’opposition et abusif contre les nouvelles constructions qui a rendu une pénurie de logement vacant avec des loyers en constante hausse qui pèse sur le porte- monnaie du consommateur. La démocratie s’en mêle aussi quand les électeurs ne veulent pas de nouveaux quartiers d’habitation à proximité des leurs.

    Et les primes maladies très chères et qui augmentent d’année en année dues aux coûts de la santé. La santé est gérées par plus de 30 caisses privées. Mais la concurrence est très limitée. Le système tombe dans une impasse. Les lobbies des défenseurs des consommateurs ne voient pas d’un très bonne œil une réelle concurrence dans le secteur de la santé. Ils sont plus affolés quand le prix des poires ont augmenté de 20 centimes le kilo pour un soit-disants manque de concurrence, alors que les primes maladie c’est entre 400 et 500 frs par mois et par personne. Les plus modeste reçoivent par les cantons des subsides.

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