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mardi 21 avril 2026

L’éco-anxiété n’empêche pas les jeunes de prendre l’avion

Temps de lecture : 2 minutes

L’éco-anxiété, qui se définit comme « une conscience aiguë des enjeux écologiques », n’est pas forcément pathologique. Pour la psychologue clinicienne Veronica Olivieri-Daniel, elle peut être considérée comme « une réaction normale face à l’état du monde ».

Le phénomène intéresse une partie de la littérature scientifique. Sans grande surprise, des études suggèrent que l’éco-anxiété est directement associée à certains facteurs, comme l’âge et le sexe féminin. D’autres la présentent davantage comme une réaction rationnelle au changement climatique, et non comme un diagnostic médical en tant que tel – notamment parce que cela reviendrait à décrédibiliser les peurs environnementales et les revendications associées. Pour des corps professionnels comme l’Association américaine de psychologie (APA), la réalité du changement climatique peut avoir des conséquences sur la santé mentale des jeunes : dépression, anxiété, syndrome de stress post-traumatique, voire suicide.

Dans quelles proportions les jeunes sont-ils concernés ? À en croire l’Unicef, « la plupart des jeunes du monde entier s’inquiètent du changement climatique ». Plus des deux tiers se disent « préoccupés par la façon dont le changement climatique pourrait affecter leur avenir ». En principe, l’éco-anxiété amène à modifier les comportements, par exemple à limiter les déplacements en avion. Si elle concerne réellement une si grande partie des jeunes comme le dit l’Unicef, nous devrions alors observer de tels changements.

La sociologie des passagers aériens n’en montre pourtant rien. Selon la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), les moins de 35 ans représentent désormais 46 % des passagers – une hausse de 9 points par rapport à 2016. Souffriraient-ils de dissonance cognitive ? Certains jeunes affirment culpabiliser d’exploser leur bilan carbone, au point de mal dormir… tout en avouant que leurs convictions ne sont pas assez fortes pour résister à des amis qui n’ont pas leur niveau d’ « éco-conscienciosité ». Il y a aussi des raisons économiques : la concurrence et le développement du low cost permettent à de petits budgets de voyager à des prix souvent plus compétitifs que ceux du train. Bref, le fameux « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais » semble avoir toujours cours chez les  écologistes du XXIème siècle…

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8 réponses

  1. La complaisance des médias y est pour quelque chose à force tout les deux jours nous annoncer qu’une nouvelle étude nous explique un méfait lié au RC. Évidemment, le réchauffement du climat ne peut y avoir que des côtes négatifs.

    Comme récemment des études inquiètent des chercheurs sur les eaux du Léman qui n’ont pas eu un brassage complet depuis 14 ans faute à des hivers pas assez froids, évidement liés au RC qui rend un manque d’oxygène dans les eaux profondes menaçant les organismes vivants essentiels pour le lac. Pourtant sur le site de l’état de Genève, il est expliqué avec le Rhône en amont venant de Valais et en aval en direction de la Méditerranée que les eaux du Léman se renouvellent complètement tout les 10 ou 11 ans. Faudrait savoir pour finir. Évidemment, question eco- anxiété vaut mieux faire des articles sur le Léman qui étouffe. Il n’ y a pas eu non plus de brassage complet de 1989 à 2005. Le Léman n’est pas mort pour autant.

  2. En tant que vieux jardinier amateur qui n’a pas pris l’avion de puis 7 ans, j’ai le plaisir de déclarer que je ne suis aucunement éco anxieux, que mes légumes poussent plus ou moins bien selon les années et qu’ils sont de plus en plus consommés par une multitude d’oiseaux de toutes les tailles qui se donnent rencard dans mon potager à l’heure de la soupe.
    Je ne fais aucun reproche à la jeunesse qui voyage, je sollicite encore moins ses conseils en jardinage…

  3. L’ éco conscience s’ arrête là ou débute l’ envie.
    L’ envie de vacances, l’envie des dernières baskets, l’envie du dernier jean à la mode, l’envie de sortir, l’envie du dernier portable, l’envie de la voiture qui « claque ».
    Le fait de « paraître » passe au dessus.
    Une éco conscience oui mais à graduations très variables !
    S’ inquiéter ne veut pas nécessairement dire changer son comportement…. Ou alors si ; mais changer celui des autres c’est mieux.

  4. « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais » est une règle universelle qui fleurit abondamment en politique et au gouvernement, mais pas que, elle est appliquée partout par ceux qui détiennent l’autorité ou le pouvoir de contrôle : fonctionnaires de tous les niveaux, polices diverses, contrôleurs de tous bord, etc…mais aussi des dépositaires d’autorité moins formalisés, comme les parents, les grands frères, les profs, et les simples citoyens, etc.. C’est une constante inévitable dans tous les domaines de l’humanité, il faut vivre avec.

  5. Le monde animal, je parle du sauvage, est beaucoup plus réactif aux changements que les humains biberonnés aux effets d’annonces médiatiques. Par exemple, les chevreuils savent ne faire qu’un petit dès lors que leur territoire commence à montrer des signes de surabroutissement. Lorsque la situation empire, leur morphologie diminue . L’humain lui, continue selon ses désirs. Il faut dire qu’il est difficile de faire autrement dès lors que d’autres décident pour lui et lui retire toute responsabilité. Je suis vieux maintenant. Il y a 60 ans j’ai parfaitement perçu que la terre serait surpeuplée a terme si des mesures n’étaient prises pour limiter la démographie. De mon côté j’ai fait le nécessaire mais je ne pouvais imaginer à cette époque qu’il se trouverait des « élites »pour ouvrir toutes grandes les portes à une immigration massive. J’oubliais aussi l’appât du gain qui anime ces « élites ». Alors les effets du réchauffement climatique, on peut les oublier dans ce monde d’irresponsables.

    1. « Il y a 60 ans j’ai parfaitement perçu que la terre serait surpeuplée à terme si des mesures n’étaient prises pour limiter la démographie. » Et vous faites comment pour arriver à ce but si souhaitable pour vous ?
      « Surpeuplée » : Comment vous déterminez ce surpeuplement ? (y’a plein de fourmis sur mon balcon en ce moment et un chat qui y dort la nuit, je vais faire un choix stratégique et personnel : mon chat !)
      « à terme » : C’est quand ? (Demain à 13h28 ou dans 20 ans et 3 jours entre minuit et minuit et quart ?)
      « Mesures » : Lesquelles ? (oui ces fameuses mesures qu’il faut prendre encore et toujours, de mon côté c’est déjà fait, je fais 1,72m)
      « n’étaient prises » : Par qui ? (sans doute par… heu l’état, non ? Mais je peux me tromper)
      « Limiter » : Dans quelles proportions et sur quel territoire ? (vaste sujet : c’est du qui quand quoi où ?)

      Oui je sais, cela fait beaucoup de questions d’un coup, mais vous posez des affirmations un peu dans le vide et le vague, donc, je m’interroge (même si c’est plutôt vous que j’interroge) !

    2. Cher Urbain.
      Apparemment la perception parfaite semble exister, à vous lire.
      Pour ce qui me concerne, également touché par le poids des ans, je lutte constamment contre mes perceptions qui sont loin d’être parfaites et j’ai la conviction que la terre ne sera pas surpeuplée : le travail de la démographie est lent mais irrévocable, si elle est accompagnée par l’économie avec une dose de libéralisme favorisant l’innovation.
      Et elle n’a aucun besoin de politique communiste comme en Chine.
      Sincères salutations.

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