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dimanche 11 octobre 2026

L’école s’effondre, la France sombre

Temps de lecture : 4 minutes

Le niveau et la qualité de l’école sont essentiels dans le développement d’un pays à long terme. L’édition 2025 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), établi par l’OCDE pour évaluer les connaissances, compétences et attitudes des élèves à l’âge de 15 ans de 91 pays/économies, enregistre des décennies de laxisme et d’abandons en France.

En mathématiques, la France obtient 458 points, contre 474 en 2022 et 495 en 2012. En compréhension de l’écrit, elle obtient 456 points, contre 474 en 2022. Le constat le plus inquiétant concerne la tendance de long terme :

Par rapport à 2015, la proportion d’élèves de 15 ans peu performants (se situant en deçà du niveau 2 de compétence) a augmenté de 12 points de pourcentage en mathématiques, de 11 points de pourcentage en compréhension de l’écrit et de 4 points de pourcentage en sciences.

Des causes multiples

L’invasion du numérique distrait les élèves, mais beaucoup moins bien sûr dans les établissements où l’utilisation des téléphones portables est interdite, soit 27 % des élèves en France contre 49% en moyenne dans l’OCDE.

Le climat de discipline et le soutien de la part de enseignants sont importants. Mais en France, ils restent médiocres.  Par ailleurs, l’importance d’une immigration venant de pays en déphasage économique et culturel joue bien entendu un rôle dans l’abaissement des résultats.

Les syndicats et les idéologues qui contrôlent le ministère de l’Education nationale incriminent le nombre excessif d’élèves par classe. En réalité, selon l’étude PISA la taille des classes n’a qu’une influence modeste sur la performance. Parmi le Top 30 du PISA 2025, sur les 20 pays pour lesquels nous avons des données suffisamment fiables concernant la taille des classes, ceux ayant les classes les plus nombreuses ne sont pas systématiquement les moins performants. C’est même, légèrement, l’inverse. L’Estonie, la Finlande et la Pologne ont des petites classes et de très bons résultats.  Le Japon, Singapour et la Corée ont de grandes classes et de très bons résultats !

En France, entre 2013 et 2023, la classe moyenne du primaire est passée de 23 à 21 élèves, pourtant les performances françaises à PISA se sont dégradées. A dire vrai les syndicats s’inquiètent surtout de la démographie déclinante. Ils veulent maintenir les effectifs de l’Education nationale qui est leur meilleur pourvoyeur d’adhérents !

Le manque d’autonomie

Selon l’OCDE, l’autonomie des établissements est associée à de meilleures performances. Or la France est l’un des pays les plus centralisateurs, 55 % des décisions au collège y sont prises au niveau central, contre 24 % en moyenne dans l’OCDE. L’Education nationale pèse lourdement dans les programmes, nationaux, comme dans la gestion du recrutement et des carrières des enseignants.

En France, seulement 10 % des élèves fréquentent un établissement dont le chef d’établissement a la responsabilité principale du recrutement des enseignants, contre 60 % en moyenne dans l’OCDE. En Estonie, c’est 94 %, aux Pays-Bas 64 %, au Royaume-Uni 81 %. À l’inverse de la France, ces pays, ainsi que la Tchéquie, les États-Unis et d’autres figurent parmi ceux où l’autonomie des établissements est particulièrement élevée et aussi ceux ayant de meilleurs scores que la France.

Les pays où les écoles privées peuvent mieux se développer, notamment du fait de la prise en charge du financement de la scolarité indépendamment du caractère public ou privé de l’établissement, ont généralement de meilleurs résultats : Pays-Bas, Belgique, Finlande, Suède…

La nuisance égalitariste

Au-delà de la centralisation qui est un mal français, l’école a souffert gravement de sa propre déconstruction voulue par ceux qui ont institué la méthode globale d’apprentissage du français, la suppression des notes et le collège unique pour abaisser tous les élèves au niveau d’égalité des plus médiocres. Les meilleurs lycées publics sont désormais victimes de cette politique forcée de nivellement au nom de la non-discrimination. Les élèves des meilleures écoles, souvent privées, qui s’inscrivent sur Parcours Sup en pâtissent parce qu’ils ont été notés plus durement et que le système ne le prend pas en compte pour leur ouvrir l’accès aux écoles ou universités qu’ils souhaitent intégrer. Les bons élèves fuient ainsi la France pour obtenir chez nos voisins des diplômes reconnus en Europe.

Au risque de choquer les bien-pensants, il est sans doute nécessaire de remettre en cause l’idée qu’il est souhaitable de mélanger systématiquement les bons et les mauvais élèves. Une éducation exigeante élève ceux qui n’ont pas la chance d’en disposer à la maison. Elle est le meilleur ascenseur social.

Pour vouloir garder son éducation étatiste et monopolistique, la France s’étiole. Et quand l’école se désagrège, c’est le niveau de ses cadres et dirigeants, celui de ses politiciens de demain qui s’effondre, celui de ses enseignants dont certains ne peuvent déjà plus apprendre aux enfants ni l’orthographe ni le calcul mental qu’ils ne savent pas eux-mêmes. Les Français ne sont pas plus bêtes aujourd’hui qu’hier, mais ils n’apprennent plus ni la rigueur ni l’effort.

Les enseignants ne cessent de se plaindre du nombre excessif des cours des enfants pour restreindre sans doute leur propre emploi du temps. Il faudrait pourtant peut-être les garder à l’école de 8h du matin à 19h pour leur éviter de s’acoquiner dans les quartiers. Réactionnaire ? Pourtant, les enfants asiatiques, les mieux côtés, passent plus d’heures en cours que les occidentaux.  Selon l’analyse de PISA 2022, les élèves ayant 20 heures ou moins de cours réguliers par semaine obtenaient en moyenne 432 points en mathématiques, ceux entre 20 et 24 heures obtenaient 42 points de plus, après prise en compte du profil socio-économique. Entre 24 et 27 heures, le gain supplémentaire était encore de 7 points. Mais l’idée pourrait être moins de donner plus d’heures de cours que de garder les élèves en étude pour des devoirs accompagnés et de leur offrir plus d’heures de sport et d’apprentissage à la culture, de les aider à maîtriser l’IA et leur téléphone portable plutôt que d’en être dépendants. Pour le moins, permettons aux écoles privées qui veulent ce modèle le droit de le proposer sans laisser les parents supporter seuls la charge de leur scolarité.

L’école d’aujourd’hui dessine notre société de demain. Ouvrons l’école, via le bon scolaire, à une vraie concurrence, elle en sortira grandie.

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14 réponses

  1. « A dire vrai les syndicats s’inquiètent surtout de la démographie déclinante. Ils veulent maintenir les effectifs de l’Education nationale qui est leur meilleur pourvoyeur d’adhérents »… Il est en effet urgent de produire des études sur les effets négatifs de l’immigration… notamment le fait que l’immigration de masse peu qualifiée a pour fonction de maintenir artificiellement en vie une social-démocratie déclinante… On peut se demander jusqu’à quel point cette politique ne nous a pas fait rater les virages technologiques des 30 dernières années. Avec un arrivage permanent de migrants, les capitaux ne sont pas encouragés à s’investir dans des secteurs innovants, mais au contraire à se complaire dans des secteurs archaïques tels que le BTP, la grande distribution, le tourisme ou le service à la personne. Sans compter la saturation des infrastructures calibrées pour 50 millions et non 70 millions d’habitants … On en vient à importer des immigrés pour « payer nos retraites et nos dettes »… c’est contre-productif ! … au contraire, le déclin démographique (qui est un phénomène naturel de re-phasage de la population par rapport au capital) devrait inciter nos sociétés à monter en puissance intellectuellement, scientifiquement et technologiquement. … Nous devrions passer d’un capitalisme extensif à un capitalisme intensif.

    1. L immigration a une influence Indéniable sur la baisse du niveau scolaire mais elle n est pas loin de la la seule responsable il y a aussi le corporatisme, le jacobinisme, la bureaucratie……tous ces maux bien gaulois

  2. Attention aux amalgames !
    – Traiter 840.000 enseignants comme un bloc monolithique relève de l’escroquerie intellectuelle si on veut analyser ce contexte.
    – Idem pour l’idée syndicale, les syndicats ne sont pas du tout identiques, il en existe qui se donnent réellement pour mission celles d’un vrai syndicat : défendre ses membres.
    – Concernant le nombre excessif d’heures de cours, oui, c’est vrai et cela a été documenté sous François Fillon. Mais ici, sans connaître le système de l’intérieur, vous ne pourrez jamais établir un bilan complet, faute de percevoir ce qui pourrit (aussi) le fonctionnement : la dispersion des matières, le fait de vouloir tout faire (des cours d’une heure et demi par semaine à foison). Cette dispersion entraîne une multiplication des classes pour les enseignants, lesquels dépassent alors les 150 élèves durant une année, avec un taux de renouvellement qui est supérieur à 50 %/an. Essayez d’imaginer cela, 150 personnes différentes, 150 attentes à combler, quant il y a des attentes…
    Vous n’avez pas envisagé la multiplication des programmes, laquelle occupe une place importante pour le corps des inspecteurs et pas que (les programmes sont de véritables « savonnettes » à carrière…)
    Alors oui, sur l’immigration, vous avez totalement raison, mais elle se couple avec le « pas de vagues », avec la « bienveillance » et « l’inclusion », qui font que celui (ou celle) qui vous pourrit la vie, et celle de leurs camarades, passera automatiquement en classe supérieure, et éventuellement, en allant (vraiment) trop loin, devra changer d’établissement (avec un autre établissement qui en retour récupérera un énergumène au pedigree identique).
    Je n’en dirai pas plus, l’Éducation Nationale est très malade, cela a débuté du jour où elle s’est appelée « Éducation ».

  3. Tout ce que vous proposez va à l’encontre des syndicats, des idéologues, des enseignants qui les soutiennent en partie, et donc de ceux qui détiennent actuellement le pouvoir sur l’Éducation Nationale. Autant dire que la barre est si élevée qu’elle ne sera jamais franchie dans le contexte actuel, ni un gouvernement faible ni un ministre même « dégraisseur de mammouth » n’y peut rien. Les élèves faibles ne sont pas aidés et resteront handicapés à vie, les forts ou ceux qui ont la chance d’avoir des appuis de leur famille resteront les meilleurs, donc cela renforce la fameuse fracture sociale dont beaucoup de politiciens se disent conscients sans rien y remédier. Ce qui renforce ma conviction que rien, ou très peu, ne changera sans une révolution nécessairement violente qui produira, du moins on l’espère, un changement de paradigme Cette révolution est en train de mûrir, croisons les doigts pour qu’elle soit bénéfique.

  4. Excellent article qui met le doigt sur le véritable problème de notre école, le mélange des bons et des moins bons qui paralyse le groupe, l’empêche de progresser ainsi que la disparition des notes et des classements…
    Il est vrai que dans cette situation le professeur dont l’attention et le temps sont cannibalisés par quelques mauvais que l’on a pas voulu faire redoubler donne des classe surchargées au dessus de 15 élèves !
    Je me souviens de mes petites classes où nous étions parfois plus de 40, et pas question de se faire oublier près du radiateur !
    Bon élève, mais sans les notes obtenues et le carnet qu’il fallait présenter aux parents était une forte motivation pour m’accrocher soigner les contrôles.
    Des résultats au dessous de la moyenne et c’était la double sanction de se retrouver mal classé et de devoir subir les remontrances des parents.
    L’administration scolaire s’est évertuée à supprimer les notes en les remplaçant par des notes A, B, C, D… et les classements pour ne pas froisser la susceptibilité de nos cancres.
    Quel est le but de l’école : former nos têtes blondes ou ne pas froisser certains élèves qui le méritent en général ?
    Bref l’exemple parfait du nivellement par le bas qui traduit la dérive à gauche de notre école, pas besoin de tortiller du popotin pour le comprendre!

  5. « La fabrique du crétin » est aussi la fabrique des électeurs: le rêve d’égalité démocratique est en train de s’accomplir dans la vacuité généralisée.

  6. Je suis certain que si on faisait passer le Certificat d’Etudes Primaires des années 50 à nos Bachetiers reçus à plus de 90 %, ils n’auraient pas leur « Certif »
    J’étais Prof de Math et j’ai suivi avec effroi la fonte vertigineuse année aprés année, des connaissances exigées pour avoir le Bac. Ce gâchis est la conséquence indiscutable de l’mmigration accélérée pilotée par les Centro-Gauchisés puis Macronisés : Viens chez Nous jeune africain-maghrébin, tu parles pas français mais t’auras ton bac comme les « tout blancs-tout moches »
    Quelle belle envolée mais plus dure est la chute !
    Pauvre Vieille France sacrifiée à une idéologie mortifère.

  7. Et si on parlait des AESH qui ,dans le cadre de l’école pour tous,sont obligés d’aider (c’est en principe leur métier) des enfants à la limite de la « psychiatrie » qui font réellement n’importe quoi .Des AESH ont été griffés et mordus,ils sont même obligés quelquefois de s’occuper des Ulis.
    Il manque en France 4000 AESH . Puisque l’école pour tous est obligatoire,il faut s’en donner lez moyens.
    PS si possible évitez dans un même texte de mélanger les points et les % ?La plupart de vos lecteurs ne font pas,je pense,la différence !

  8. « …ceux qui ont institué la méthode globale d’apprentissage du français, la suppression des notes et le collège unique pour abaisser tous les élèves au niveau d’égalité des plus médiocres.  »

    Les responsables de ces réformes autant idéologiques que désastreuses devraient être trainés devant les tribunaux. Et au moins dépouillés de toute décoration !

  9. L’article souligne des points importants, qui m’inspirent des remarques désordonnées.

    A) « 55% des décisions sont prises au niveau central ». Chiffre à mon avis fortement minoré. Les décisions qu’on nous laisse sont sans conséquence. Par exemple, nous sommes libres d’organiser le temps scolaire, mais comme l’état impose les horaires des différentes matières, cela ne change pas grand chose. Nous sommes libres de décider si l’allemand aura lieu le lundi ou le mardi, mais pas de remplacer cette matière par une autre. Libres de décider si M. Dupond a cours l’après-midi ou le matin, mais pas libres de dire que M. Dupond fait n’importe quoi et devrait quitter l’établissement. Libres de la composition des classes, mais avec interdiction de faire des classes de niveau.

    D’autres mesures sont frauduleusement présentées comme des marques d’autonomie, alors qu’elles ont le résultat opposé. Le contrôle continu est un exemple. En apparence, les établissements évaluent leurs élèves. En réalité, c’est une foire à la surnotation : chaque établissement gonfle les moyennes pour améliorer sa réussite aux examens, de peur que l’établissement d’à côté les gonfle encore plus. Le chef d’établissement est, nous dit-on, garant de l’équité des notes. Il ne se gênera pas pour donner un petit coup de pouce aux dossiers tangents, afin de progresser dans les classements. Enfin, les rectorats « harmonisent » l’ensemble, selon la formule consacrée. Autant dire que cette liberté est en réalité un empilement de contraintes déguisées en autonomie. Si nous étions même à moitié libres, le code de l’éducation ne ferait pas 3900 pages.

    B) Dans mon collège privé catholique, les élèves sont pris en charge de 7h30 à 18H. C’est le premier facteur d’attractivité par rapport au public. Les professeurs sont les mêmes, les cours, les programmes, les méthodes sont les mêmes, les inspecteurs sont les mêmes, mais les parents savent que leurs enfants ne traînent pas les rues. Et nous y parvenons à un coût moindre que celui du public, parce que les surveillances sont gérées au niveau de l’établissement, sur les fonds privés.

    C) De fait, le collectivisme anesthésie les professeurs autant que les élèves. Comme les établissements ne choisissent pas leurs équipes, nous nous retrouvons dans des situations permanentes de conflit, qui se résolvent uniquement sur les plus petits dénominateurs communs, et par la victoire du camp dominant, la gauche pédagogiste. Le système est organisé pour aggraver ce phénomène. Comme dit, le contrôle continu réduit à l’impuissance les professeurs un peu exigeants. Le grand rêve de la hiérarchie est d’avoir des professeurs qui font tous la même chose de la même manière au même moment. Donc, nous distribuons tous les mêmes photocopies, nous sommes tous condamnés aux mêmes « activités », aux mêmes jeux, sorties, QCM, coloriages d’affichettes et autres fariboles pédagogistes. Tout doit être pareil, également médiocre, partout sur le territoire, dans chaque classe, pour chaque professeur. A titre personnel, cette obligation de faire ce que tout le monde fait, cette standardisation du métier, me blesse plus que le petit salaire.

    D) L’éducation nationale dans sa structure actuelle est irréformable, ingouvernable. Il n’y a aucun espoir qu’elle améliore ses méthodes pédagogiques ou se recentre sur les enseignements fondamentaux. Il suffit de voir que, plus de 20 après son interdiction formelle, la méthode globale est encore hégémonique. La seule solution est dans la création d’établissements libres, ayant capacité de recruter leurs équipes selon des objectifs communs, des méthodes cohérentes. Cela peut commencer par défendre les spécificités des établissements catholiques (je prêche pour ma paroisse), puis faire comprendre que ce qui réussit pour les cathos peut réussir pour tout le monde.

    E) Politiquement, ce sera un combat terrible. Tout le monde a vu ce qui s’est passé à Radio France. A l’éducation nationale, de même, il faudra se battre établissement par établissement, bureau par bureau, poste par poste, contre une gauche scolaire qui a aujourd’hui toutes les cartes en main, tient tous les centres de décision, bénéficiera du soutien des médias, des universitaires, des artistes. La droite a beau être majoritaire dans la population, elle reste dispersée, évanescente, velléitaire. La gauche, elle, fera bloc et ne cèdera rien.

  10. « Une éducation exigeante élève ceux qui n’ont pas la chance d’en disposer à la maison. »

    Tout est là. Le travail scolaire rend libre, libre du déterminisme social et libre par les connaissances, les compétences et l’autonomie qui permettent de choisir sa vie plutôt que de la subir.

    1. Et ce n’est pas le cas en France où rare sont ceux qui peuvent s’élever dans la société grâce à l’éducation!

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