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dimanche 20 septembre 2026

L’école s’effondre, la France sombre

Temps de lecture : 4 minutes

Le niveau et la qualité de l’école sont essentiels dans le développement d’un pays à long terme. L’édition 2025 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), établi par l’OCDE pour évaluer les connaissances, compétences et attitudes des élèves à l’âge de 15 ans de 91 pays/économies, enregistre des décennies de laxisme et d’abandons en France.

En mathématiques, la France obtient 458 points, contre 474 en 2022 et 495 en 2012. En compréhension de l’écrit, elle obtient 456 points, contre 474 en 2022. Le constat le plus inquiétant concerne la tendance de long terme :

Par rapport à 2015, la proportion d’élèves de 15 ans peu performants (se situant en deçà du niveau 2 de compétence) a augmenté de 12 points de pourcentage en mathématiques, de 11 points de pourcentage en compréhension de l’écrit et de 4 points de pourcentage en sciences.

Des causes multiples

L’invasion du numérique distrait les élèves, mais beaucoup moins bien sûr dans les établissements où l’utilisation des téléphones portables est interdite, soit 27 % des élèves en France contre 49% en moyenne dans l’OCDE.

Le climat de discipline et le soutien de la part de enseignants sont importants. Mais en France, ils restent médiocres.  Par ailleurs, l’importance d’une immigration venant de pays en déphasage économique et culturel joue bien entendu un rôle dans l’abaissement des résultats.

Les syndicats et les idéologues qui contrôlent le ministère de l’Education nationale incriminent le nombre excessif d’élèves par classe. En réalité, selon l’étude PISA la taille des classes n’a qu’une influence modeste sur la performance. Parmi le Top 30 du PISA 2025, sur les 20 pays pour lesquels nous avons des données suffisamment fiables concernant la taille des classes, ceux ayant les classes les plus nombreuses ne sont pas systématiquement les moins performants. C’est même, légèrement, l’inverse. L’Estonie, la Finlande et la Pologne ont des petites classes et de très bons résultats.  Le Japon, Singapour et la Corée ont de grandes classes et de très bons résultats !

En France, entre 2013 et 2023, la classe moyenne du primaire est passée de 23 à 21 élèves, pourtant les performances françaises à PISA se sont dégradées. A dire vrai les syndicats s’inquiètent surtout de la démographie déclinante. Ils veulent maintenir les effectifs de l’Education nationale qui est leur meilleur pourvoyeur d’adhérents !

Le manque d’autonomie

Selon l’OCDE, l’autonomie des établissements est associée à de meilleures performances. Or la France est l’un des pays les plus centralisateurs, 55 % des décisions au collège y sont prises au niveau central, contre 24 % en moyenne dans l’OCDE. L’Education nationale pèse lourdement dans les programmes, nationaux, comme dans la gestion du recrutement et des carrières des enseignants.

En France, seulement 10 % des élèves fréquentent un établissement dont le chef d’établissement a la responsabilité principale du recrutement des enseignants, contre 60 % en moyenne dans l’OCDE. En Estonie, c’est 94 %, aux Pays-Bas 64 %, au Royaume-Uni 81 %. À l’inverse de la France, ces pays, ainsi que la Tchéquie, les États-Unis et d’autres figurent parmi ceux où l’autonomie des établissements est particulièrement élevée et aussi ceux ayant de meilleurs scores que la France.

Les pays où les écoles privées peuvent mieux se développer, notamment du fait de la prise en charge du financement de la scolarité indépendamment du caractère public ou privé de l’établissement, ont généralement de meilleurs résultats : Pays-Bas, Belgique, Finlande, Suède…

La nuisance égalitariste

Au-delà de la centralisation qui est un mal français, l’école a souffert gravement de sa propre déconstruction voulue par ceux qui ont institué la méthode globale d’apprentissage du français, la suppression des notes et le collège unique pour abaisser tous les élèves au niveau d’égalité des plus médiocres. Les meilleurs lycées publics sont désormais victimes de cette politique forcée de nivellement au nom de la non-discrimination. Les élèves des meilleures écoles, souvent privées, qui s’inscrivent sur Parcours Sup en pâtissent parce qu’ils ont été notés plus durement et que le système ne le prend pas en compte pour leur ouvrir l’accès aux écoles ou universités qu’ils souhaitent intégrer. Les bons élèves fuient ainsi la France pour obtenir chez nos voisins des diplômes reconnus en Europe.

Au risque de choquer les bien-pensants, il est sans doute nécessaire de remettre en cause l’idée qu’il est souhaitable de mélanger systématiquement les bons et les mauvais élèves. Une éducation exigeante élève ceux qui n’ont pas la chance d’en disposer à la maison. Elle est le meilleur ascenseur social.

Pour vouloir garder son éducation étatiste et monopolistique, la France s’étiole. Et quand l’école se désagrège, c’est le niveau de ses cadres et dirigeants, celui de ses politiciens de demain qui s’effondre, celui de ses enseignants dont certains ne peuvent déjà plus apprendre aux enfants ni l’orthographe ni le calcul mental qu’ils ne savent pas eux-mêmes. Les Français ne sont pas plus bêtes aujourd’hui qu’hier, mais ils n’apprennent plus ni la rigueur ni l’effort.

Les enseignants ne cessent de se plaindre du nombre excessif des cours des enfants pour restreindre sans doute leur propre emploi du temps. Il faudrait pourtant peut-être les garder à l’école de 8h du matin à 19h pour leur éviter de s’acoquiner dans les quartiers. Réactionnaire ? Pourtant, les enfants asiatiques, les mieux côtés, passent plus d’heures en cours que les occidentaux.  Selon l’analyse de PISA 2022, les élèves ayant 20 heures ou moins de cours réguliers par semaine obtenaient en moyenne 432 points en mathématiques, ceux entre 20 et 24 heures obtenaient 42 points de plus, après prise en compte du profil socio-économique. Entre 24 et 27 heures, le gain supplémentaire était encore de 7 points. Mais l’idée pourrait être moins de donner plus d’heures de cours que de garder les élèves en étude pour des devoirs accompagnés et de leur offrir plus d’heures de sport et d’apprentissage à la culture, de les aider à maîtriser l’IA et leur téléphone portable plutôt que d’en être dépendants. Pour le moins, permettons aux écoles privées qui veulent ce modèle le droit de le proposer sans laisser les parents supporter seuls la charge de leur scolarité.

L’école d’aujourd’hui dessine notre société de demain. Ouvrons l’école, via le bon scolaire, à une vraie concurrence, elle en sortira grandie.

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