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jeudi 5 mars 2026

L’économiste Thomas Piketty veut un secteur public à 80 % du PIB !

Temps de lecture : 2 minutes

Thomas Piketty veut un secteur public à 80 % du PIB 

Il nous semblait que, ton lugubre à l’appui, l’économiste communiste Thomas Piketty se lamentait, ouvrage après ouvrage, des inégalités croissantes des pays occidentaux. Nous l’avions, semble-t-il, mal compris à lire son long entretien dans Le Nouvel Obs (« Nous n’avons jamais été aussi riches », 28 août 2025). Le chapô nous l’explique : « A contre-courant de la morosité ambiante, l’économiste affiche son optimisme dans la lutte contre les inégalités. Pour y parvenir, il propose un remède : la ‘démarchandisation’ ».

Thomas Piketty explique d’abord qu’un « mouvement historique incomplet mais réel nous tend vers davantage d’égalité », même si « nous sommes dans une phase de régression relative ». Une philosophie de l’histoire encourageante qui jure avec les sombres analyses de ses ouvrages les plus connus. Aurait-il mis de l’eau dans son vin après le tombereau de reproches qu’il a dû essuyer au sujet du caractère fantaisiste de certaines de ses analyses ? Il n’en dit mot bien évidemment.

Pour Thomas Piketty, plus l’économie se socialise, mieux nous nous portons

Quoi qu’il en soit, voici un florilège des énormités relatives à la France que nous avons relevées dans l’entretien.

  • La santé et l’éducation, « les deux grandes activités qui ont été démarchandisées en France au XXe siècle », sont des « succès » (tous les usagers des écoles et hôpitaux publics peuvent en témoigner !).
  • Il n’existe aucun décrochage de la France par rapport à l’Allemagne ou aux Etats-Unis. La meilleure preuve en est que « si on avait poursuivi au même rythme (pour ce qui concerne l’investissement dans la formation, la santé et les infrastructures collectives), on aurait surclassé les Etats-Unis » (nos lecteurs auront relevé le caractère hautement scientifique des propos).
  • « L’idée quasi-religieuse que le secteur privé finance le secteur public est absurde ».

Mais comment « continuer d’avoir un modèle à la fois égalitaire et prospère » ? Par une « démarchandisation plus élevée, y compris dans les transports, l’énergie, la culture ». Que doit dès lors faire la gauche ? « Combattre la mondialisation, mais dans une optique universaliste de réduction des inégalités » et ce, avec une hausse des droits de douane, des investissements massifs dans les infrastructures publiques de tous les territoires, « financés par une ponction radicale sur les plus riches ».

Il fut un temps où la « démarchandisation » s’appelait collectivisme. Le mot est moins élégant, mais, après les brillants succès du collectivisme au siècle dernier, il fait moins peur… On a bien compris que, pour Thomas Piketty, plus l’économie se socialise, mieux nous nous portons. Notre communiste plaide d’ailleurs pour un secteur public à 70 ou 80 % du PIB, alors que la France joue petit bras avec un premier rang mondial en termes de dépenses publiques, soit 56,7 % du PIB l’année dernière ! Mais il nous apparaît lui-même pusillanime : pourquoi ne pas viser un secteur public à hauteur de 100 % du PIB à partir du moment où il nous assure que « la socialisation des richesses a permis une prospérité inédite » ?

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24 réponses

  1. « Mais il nous apparaît lui-même pusillanime : pourquoi ne pas viser un secteur public à hauteur de 100 % du PIB à partir du moment où il nous assure que « la socialisation des richesses a permis une prospérité inédite » ? »… vous avez parfaitement résumé l’absurde du salmigondis d’élucubrations de ce gauchiste ! … Mélenchon est plus direct et promet déjà de « jeter les préfets en prison »… ça fleure bon le NKVD et les goulags à gauche. Ces gens sont simplement devenus dangereux.

    1. La socialisation est en effet de nature à relever le niveau dans les pays où vous avez un peuple de paysans ayant longtemps vécu sous la coupe d’un système féodal et où l’individu a alors un tempérament de rentier plutôt que d’entrepreneur. Et à y regarder d’un peu plus près, on constate que les libéraux sont généralement des rentiers pour qui le libéralisme se limite à dénoncer les rentes du voisin, classiquement le boomer retraité s’en prenant aux fonctionnaires alors qu’une part croissante de ces derniers sont d’anciens salariés du privé au chômage se disant que les boomers veulent leur peau…

      1. On ne doit pas avoir la même définition de « libéralisme »… Je ne vois pas ce que la rente vient faire là dedans…
        Macron n’est pas libéral hein…

  2. J’aime bien Thomas Piketty, il nous le faut ! Nous n’avons plus beaucoup de comiques, il est donc nécessaire de le protéger. Il fait un bon couple de théâtre avec Mélenchon.

  3. Si je me souviens bien, l’URSS était à 74 %, avec un succès bien connu et un bonheur ( cette notion bourgeoise ) sans égal

  4. Il n’est question de défendre PIKETTY mais de rappeler la signification des ratios de dépenses publiques en% du PIB. Théoriquement elles pourraient dépasser 100% la redistribution n’ayant pas de limite et étant tout azimut ! 57% du PIB de dépenses publiques ne veut pas dire que les dépenses privées font 43%, elles font peut être 200%, car ce n’est pas là un concept consolidé de la comptabilité nationale dont les agrégats de production et de demande sont pour leur part consolidés. L’Insee pourrait en faire le calcul de consommation privée, différent de la consommation des ménages de la comptabilité nationale, mais le chiffre n’est pas publié et le concept n’est pas suivi par l’Insee.

  5. Giscard disait qu’à 40% du PIB on tombait dans le socialisme. Visiblement il n’avait pas anticipé l’existence de Picketout.

  6. On ne comprend pas cette haine du marché car rien de plus démocratique au sens étymologique qu’un marché libre puisque chacun peut y intervenir et l’influencer à sa façon en vendant et achetant ; il joue le rôle d’un révélateur des préférences comme une sorte de référendum permanent. Comment sinon connaître les préférences des acheteurs sans marchandisation ? A moins que Piketty veuille décider à notre place.

  7. Apparemment le lamentable échec de tous les pays socialistes ne sert pas de leçon à ce monsieur, ni aux français d’ailleurs!

  8. Et c’est le même Giscard qui a initié le modèle de croissance tiré par le déficit budgétaire car au nom du projet européen, Giscard a décidé de sabrer des aides maintenant en vie des filières peu compétitives dont les salariés étaient inemployables car âgés et/ou sous-qualifiés, d’où les pré-retraites ayant fait des jaloux car il n’y a pas que dans l’industrie qu’il y a des métiers durs et ingrats. Les cadres boomers se sont engouffrés dans la brèche pour partir en retraite avant tout le monde et c’est ces boomers là, en fait son propre électorat, que Bayrou vient d’attaquer à la tronçonneuse pour jouer les martyrs maintenant que son gouvernement est condamné et avec lui sa longue carrière de coureur de gamelles.

  9. L’IA nous dit:
    Le PIB d’une administration c’est:
    – Les rémunérations des fonctionnaires
    – L’amortissement des bâtiments
    – Les achats de biens et services
    Si cela représente 80%, il reste 20% d’esclaves pour le financer!
    Représentez vous un individu en portant 4 sur son dos… est ce bien humain?

  10. L’exposition au risque du chômage rend hostile au marché et les pro-marché sont le plus souvent d’une classe d’âge dont les politiques ont sécurisé le parcours pour se constituer une rente électorale et cette classe d’âge arrive en fin de vie.

  11. Cette excellente idée qui s’appelle le communisme et a été testée notamment en Russie, et, alors que le peuple russe est très docile, ça a quand même fini en une faillite étatique en bon et du forme… Ils n’ont pas encore fini de s’en remettre… La chine s’est partiellement orientée vers une économie de marché avant de faire comme la Russie. Il reste que la Corée du nord qui applique ça avec un succès qui me laisse assez perplexe…

  12. Le chômage comme la maladie fait partie de la vie….Vous pouvez souscrire une assurance…..toute le reste releve de la fumisterie!!!!!!

  13. Et cet éminent professeur enseigne à Normal Sup d’où sort en principe la crème des beaux esprits. Rien n’est plus redoutable pour le peuple que les beaux-esprits. Ils prétendent faire son bonheur et cela finit toujours dans les camps et les chaînes.

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