Amélie de Montchalin répète à l’envi qu’elle veut maîtriser les dépenses. Lundi 23 juin 2025, devant les sénateurs, la ministre des Comptes publics a affirmé que la croissance de la masse salariale de l’État ne dépasserait pas 1,5% cette année.
Une progression qui ne serait due qu’aux avancements quasi-automatiques liés à l’ancienneté (appelés, dans le jargon administratif, GVT pour « glissement vieillesse technicité »).
On imagine les cris d’orfraie des syndicats face à ce tout petit 1,5%. L’année dernière, la masse salariale de l’État avait crû de 6,7% et cela ne les satisfaisait pas ! Néanmoins, 1,5% en 2025 c’est encore beaucoup trop.
C’est trop parce que, comme nous l’avons dit, la Banque de France n’envisage qu’une faible progression (0,6%) du PIB cette année. C’est trop aussi parce 1,5% d’augmentation, cela représente 1,6 milliard d’euros (Md€), la masse salariale de l’État s’étant élevée à quelque 107 Md€ l’année dernière. C’est trop surtout parce la masse salariale de l’État ne doit plus augmenter, même faiblement, mais baisser.
La ministre Montchalin a dit aux sénateurs qu’elle avait pris « des dispositions très fortes pour que les mesures catégorielles soient le plus limitées possible ». Et, si par hasard (ou par malheur) il devait y avoir des « mesures catégorielles », elles seraient financées, a-t-elle promis, « par des réductions d’effectifs ».
Faut-il comprendre que toute augmentation (hors GVT) serait compensée, en totalité, par une baisse des effectifs ? C’est peut-être un progrès, mais ce n’est pas ainsi que la masse salariale va baisser. Même en étendant le dispositif à toutes les hausse, GVT compris, la masse salariale de l’État ne pourrait, tout au plus, que stagner.
Rappelons que la loi de finances pour 2025 ne prévoit de supprimer que 2 200 emplois (équivalent temps plein). L’économie espérée est de 100 millions d’euros (M€). Une broutille qui correspond à 0,09% de la masse salariale de 2024 !
A ce rythme-là , il nous faudrait 1 545 ans pour avoir un nombre de fonctionnaires équivalent à celui de notre voisin allemand.
La situation des comptes publics demande d’aller plus loin, en réduisant la masse salariale globale, c’est-à -dire en supprimant drastiquement le nombre de fonctionnaires, et d’agents publics en général.
6 réponses
L’objectif doit être une diminution de la masse salariale des fonctionnaires de 1,5% par an. Cela ne signifie pa la baisse des salaires mais que les augmentations seront liées à la baisse des effectifs
promesse de ministre n’engage que ceux à qui on les fait, c’est à dire les contribuables.Toutefois il faut saluer l’objectif d’augmente mais moins vite.
Cela ne résoudra en rien le problème de la dette ni les craintes du FMI.
Copions nos voisins allemands – 3,4 millions – de fonctionnaires
et diminuons le nombre de fonctionnaires français : 5,7 millions.
Cela rappelle la façon dont certains obèses décident de faire régime pour montrer leur bonne volonté : sans rien changer au reste, ils utiliseront dorénavant de l’aspartame au lieu de sucre pour leur café. La bonne conscience peut s’acheter à petit prix..Les résultats, c’est autre chose !
Il ne faut pas compter sur la fonction publique pour réduire son pouvoir électoral.