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samedi 18 avril 2026

Les jeunes veulent gagner plus… tout en ignorant le poids des prélèvements

Temps de lecture : 2 minutes

Quels seraient les différents leviers qui pourraient faciliter davantage la capacité des jeunes (18-34 ans) à épargner ? Dans une étude menée par l’application d’épargne Plum, ils sont 36 % à citer en priorité une hausse des salaires. Arrivent loin derrière une baisse des impôts (16 %), la réduction des dépenses contraintes du quotidien (15 %) et la baisse du coût du logement (12 %). À première vue, le problème serait donc un problème de revenus.

Cette lecture mérite toutefois d’être nuancée, car la question des salaires et celle des impôts sont indissociables. Une hausse des revenus bruts ne se traduit pas mécaniquement par une amélioration du pouvoir d’achat si elle est absorbée par les prélèvements obligatoires. Or, la France se distingue par un niveau de taxation du travail parmi les plus élevés des pays développés. Selon l’OCDE, le coin fiscal (c’est-à-dire l’écart entre le coût total du travail pour l’employeur et le salaire net perçu par le salarié) dépasse 47 % en France pour un salarié moyen, contre 30 % aux États-Unis, 29 % au Royaume-Uni et 23 % en Suisse. En France, près de la moitié de ce que coûte un salarié ne lui revient donc pas directement. À l’échelle macroéconomique, les prélèvements obligatoires représentent près de 45 % du PIB, ce qui place, là encore, le pays en haut du classement.

Dans cette situation, opposer hausse des salaires et baisse des impôts n’a guère de sens : une baisse des charges et des impôts sur le travail constitue, en pratique, l’un des moyens les plus directs d’augmenter le revenu disponible des actifs, sans alourdir le coût du travail pour les entreprises. Si les jeunes identifient le salaire comme levier principal pour augmenter leur épargne, ils sous-estiment le rôle de la fiscalité qui en conditionne le niveau réel. Le problème n’est pas que les Français gagnent trop peu de manière absolue ; c’est surtout qu’en France, le travail paie moins qu’ailleurs en raison de la part qui est prélevée par l’État. Tant que cette réalité sera ignorée, les attentes en matière de pouvoir d’achat risquent de se heurter à leurs propres limites.

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6 réponses

  1. « Les jeunes veulent gagner plus… » en travaillant moins et surtout assez de d’argent pour les loisirs. Et l’argent tombe du ciel, oh pardon les Patrons, le Maire et l’Etat n’ont qu’à payer … Plus il y a de loisirs plus il faut d’argent cela coute cher même si ce ne sont que des jeux en fauteuil, matériel et abonnements sont hors de prix.

  2. Eu égard au système d’imposition progressif qui nous gouverne, plus tu travailles, plus tu es imposé. A partir d’un certain seuil tu travailles ou investis principalement pour les autres, ce qui n’est guère motivant…. Par exemple l’IFI crée par notre génial Président maintient l’investissement immobilier des particuliers en dessous du seuil fatidique d’assujettissement. Et le parc locatif tombe en souffrance…

  3. Facile : « les patrons n’ont qu’à payer ! ». Et notre brave Frédéric Bastiat de faire un petit tour dans sa tombe en repensant à ces charges « patronales » qui sont dans le « ce qu’on ne voit pas ! ».

  4. Trop d’impôts tue l’impôt, bien sûr, mais pas seulement par la fraude, devenue plus rentable que le travail, mais aussi par la combinaison « paresse, allocations »
    Mais les politiques, qui se sont mis dans les crocodiles jusqu’au cou, ont oublié qu’il faudrait d’abord drainer le marais. Alors on attendra encore longtemps que baissent les charges du travail, et surtout que change le modèle économique sans issue de la France. On attendra un évènement dramatique, comme l’impossibilité de rembourser et renouveler la dette, ou de payer les fonctionnaires. Le peuple alors regardera autre chose que la télévision et ses réseaux sociaux, ce qui conduira à une révolution génératrice de beaucoup de violences et de souffrances. Mais c’est une tradition en France, rien ne change réellement et en profondeur sans une révolte et des conflits violents.

  5. Le gouvernement ne peut pas baisser les taxes : les caisses sont vides nous dit il mais il continue de subventionner l’éolien inutile, les voitures électriques et il emprunte même de l’argent pour le donner à l’Ukraine. « En même temps » rien ne change dans le bazar des structures : intercommunalité, départements, régions qui continuent comme si de rien n’était à dépenser à tout va, à continuer d’embaucher des fonctionnaires quand tous ces regroupements (plus la technologie) auraient dû en faire baisser le coût. La France est SOCIALISTE et forcément dépensière.

  6. Le système éducatif français est socialocommuniste ! Dès lors, il enseigne des contre vérités aux élèves. Au lieu d’inculquer l’inutile qui ne servira jamais, l’on ferait mieux de leur apprendre le bon sens, c’est à dire la manière dont fonctionne une entreprise ?
    Cela permettrait peut être aux élèves de comprendre l’imbécilité du système actuel (charges sociales énormes qui empêchent un salaire net convenable, etc…etc ! Encore faut-il l’expliquer ?

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