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dimanche 20 septembre 2026

Les retraites du privé confiées à un énarque, inspecteur des finances

Temps de lecture : 2 minutes

Nous l’avons montré ici à plusieurs reprises : ceux qui diagnostiquent, gouvernent et « surveillent » notre système de retraite par répartition n’y sont, pour l’essentiel, pas soumis. Sur les 49 membres du Conseil d’orientation des retraites (COR), 8 seulement relèvent du privé ; au Comité de suivi des retraites (CSR), ils ne sont que 5. Eh bien, ça continue — et cette fois au sommet même de la caisse. Paul Bazin a été nommé directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). Il a pris ses fonctions le 28 août, succédant à Renaud Villard. Or la CNAV n’est pas un petit comité Théodule : c’est la caisse qui verse leur retraite de base aux millions de salariés du privé, le cœur même du régime général. Elle en pilote les comptes et prépare, chaque année, la revalorisation – ou le gel – des pensions.

Monsieur Bazin est peut-être un homme de grandes qualités. Nous n’avons rien à reprocher à sa personne. Mais est-il normal de confier la gestion des retraites du privé à quelqu’un qui n’a jamais cotisé à une retraite privée et qui percevra une retraite du régime public, Monsieur Bazin est sans doute très compétent.  Inspecteur des finances de 1ʳᵉ classe, il est énarque (promotion Marie Curie), passé par HEC et Sciences Po. M. Bazin a fait toute sa carrière dans la sphère publique : sept ans à Pôle emploi devenu France Travail, puis chef du pôle social à Matignon sous Michel Barnier et François Bayrou, directeur de cabinet de Catherine Vautrin aux ministères sociaux, enfin conseiller social du Premier ministre Sébastien Lecornu. Un parcours impeccable et… intégralement étatique. Jamais une fiche de paie du privé, jamais une cotisation au régime général : rien que l’État, ses administrations et ses cabinets.

Voilà donc quelqu’un qui va présider aux pensions des salariés du privé sans jamais avoir relevé de leur régime, ni devoir en relever demain. Car sa retraite à lui dépend du régime spécial des fonctionnaires – le régime des pensions civiles, « équilibré » chaque année non pas par des cotisations, mais par la « contribution » de l’État employeur, c’est-à-dire par l’impôt de tous les contribuables. Rappelons que le taux de cette « cotisation » patronale est passé de 78,28 % à 82,28 % au 1ᵉʳ janvier 2026.

Et ce n’est nullement nouveau. Son prédécesseur, Renaud Villard, qui a dirigé la CNAV de 2016 à 2026, est, lui aussi, un pur produit de l’ENA (promotion Badinter), administrateur civil passé par la Direction de la sécurité sociale et le cabinet de la ministre Marisol Touraine. Avant lui, Pierre Mayeur (2009-2016) : Sciences Po, administrateur du Sénat, conseiller dans les cabinets de François Fillon, avant de piloter à son tour la retraite des salariés du privé. Trois directeurs successifs, aucun venu du privé : à chaque fois un haut fonctionnaire pour administrer un régime auquel il n’est pas soumis.

Faut-il s’étonner, dès lors, que la capitalisation demeure taboue, et que ces instances se bornent, année après année, à préconiser un peu plus d’efforts… de la part des retraités du privé ? On aimerait qu’on laisse ceux du privé s’occuper de leurs propres retraites. Nous ne critiquons pas M. Bazin, mais sa nomination qui est  le énième symptôme d’un système verrouillé, où les rentiers de l’État tiennent tous les leviers – y compris celui de la caisse qu’ils ne financeront jamais de leur poche et dont ils ne dépendent pas.

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27 réponses

  1. Les ENA sont convaincus que dans le privé, les salaires sont pharaoniques. Ils se trompent lourdement : tous les postes intéressants sont occupés par des ENA.

    1. Surtout dans le privé, aucun groupe international ne va recruter du sce po ENA. (sauf quelques tres rares exceptions et pour le carnet d’adresses).

  2. Il y a bien longtemps que toutes ces caisses de retraite du privé sont entre les pattes des Enarques et que les magouilles et dépenses vont à la vitesse de la lumière. Pourquoi croyez-vous que les caisses sont vides ?

  3. Certes. Mais le problème majeur n’est pas celui dénoncé par l’article. Le scandale est que nos fonctionnaires aient un statut si différent de celui de ceux qu’ils se sont mis en tête d’administrer. On a envie de leur jeter un « administrez vous vous mêmes ! » Les faits ont montrés qu’ils en étaient incapables. Personnellement, leur statut infantile devrait leur interdire tout rôle décisionnaire. Nous vivons dans une maison où les prépubères dirigeraient les adultes . Bien sûr la seule solution qui vaille est d’aligner les statuts. C’est la réforme mère. Celle qui permettra les autres. Nous avons 35 ans de retard sur les pays nordiques. Et on ne peut pas dire que les conditions économiques soient aussi favorables. Quant aux esprits, sont ils prêts ? J’aimerais un sondage pour connaître la proportion de fonctionnaires conscients du problème et qui seraient prêts à abandonner le statut .

  4. C’est effectivement inadmissible de voir des fonctionnaires » gerer » les retraites du privé … et bloquer tout projet de retraite par capitalisation alors qu’ils ont Prefon , retraite par capitalisation des …. fonctionnaires ! Quand au parcours du nouveau directeur de la CNAV , c’est le même que celui de Macron et Hollande ( Scienc Po HEC & l’ENA ).. dont a vu le résultat catastrophique de la «gestion » .. Ve n’est pas une bonne nouvelle pour les salariés du privé !

  5. Surtout confié à des individus qui ne veulent pas comprendre le fonctionnement du système par répartition et l’escroquerie qu’il dissimule !
    La population en a tellement été imprégnée qu’elle ne veut pas la voir, déni total! Je ne la rappellerai donc pas.

  6. D’autant plus que l’AGIRC-ARRCO est, me semble t-il, confiée aux partenaires sociaux, et ne connaît pas de tels déficits.

  7. Il semblerait que l’État essaye en ce moment de piocher dans les caisses de retraites du privé pour alimenter et préserver les retraites du secteur public, déficitaires, et bien sûr avec leurs privilèges. Nous recevons des courriers d’organismes comme Sauvegarde retraites qui nous demande de signer des pétitions contre ce projet de loi. En bon Français, si ce projet passe, cela s’appelle du vol.

  8. Cette nomination fait partie des nombreux recasements effectués par le gouvernement depuis le début de l année
    Et le mouvement va s accélérer avec la proximité des élections présidentielles
    Cette politique a existé en france lors de toutes les fins de règne

  9. Pourquoi parle t on de « Caisse de retraite » ?
    Pour nous faire croire que nos cotisations alimentent une caisse pour notre future retraite? Or nos cotisations ne servent pas à alimenter une caisse pour nos retraites futures mais à payer celle des retraités actuel? Encore un langage destiné à tromper les citoyens, l’état en à fait depuis longtemps sa spécialité !
    Exemple: Dire 60% de taxes dans le prix de l’essence pour cacher le taux réel de taxation à 150%. Les français retiennent 60%…
    Exemple: Dire 5% de déficit budgétaire par rapport au PIB pour cacher le déficit réel qui frise les 50% des recettes (chiffre rarement évoqué). Les français retiennent 5%…
    Etc.
    Les français sont le paillasson sur lequel s’essuient les politiques… et ils aiment tous ce petit jeux sado-maso!

  10. Nous sommes face à une nouvelle noblesse (les hauts fonctionnaires et autres Énarques et consor) qui considèrent qu’ils doivent gérer les vies de la plèbe à leur place.

  11. Les syndicats, complices du pouvoir, car financés par lui, accepteront que les retraités du privé soient spoliés encore une fois

    lire et relire le rapport Perruchot

    1. Il existe un syndicat, Syndicatho (https://syndicatho.org) qui n’est pas financé par l’argent public et qui défend la dignité et donc la liberté de chaque personne humaine : « Tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit » (Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église, article 155) ou « La société et l’État ne doivent pas contraindre une personne à agir contre sa conscience ni l’empêcher d’agir en conformité à celle-ci » (Comp. 421).
      J’invite tous les défenseurs de la liberté à adhérer à Syndicatho (le montant de l’adhésion est libre), à créer une section syndicale Syndicatho chez leur employeur (c’est gratuit) pour promouvoir leurs idées auprès des autres salariés.

  12. Pourquoi les français qui nous gouvernent n’ont ils pas de BONS SENS??? Toujours plus de pouvoir et toujours plus d’argent….. C’est tellement enrageant de voir à quel point tous gens étatisés sont hors sol. Ils ne se sucient même plus du peuple français alors que nous les faisons vivre. C’est scandaleux. Malheureusement, ça dure depuis des années….

  13. Tant que les bureaucrates seront au pouvoir ils verouilleront tout pour que les citoyens de seconde zone du privé continuent à alimenter leurs privilèges à la sueur de leur front
    1789 ?

  14. On n’a pas fini d’être pillé. Encore un fonctionnaire qui va s’occuper des NOS RETRAITES DU PRIVÉ, BRAVO !!
    Alors, comme d’habitude, sorti de HEC, SCIENCEPO, ET SURTOUT ENA(école nationale des ânes), nos chers fonctionnaires (dans les deux sens du terme), totalement incompétents, vont s’occuper du privé pour mieux nous voler nos années de travail !
    Quand je vois son parcours, que vous avez si bien décrit, je suis vraiment inquiet pour ne pas dire plus!!!
    Qu’il retourne dans son bureau pour continuer à plier ses cocottes en papier !!!

  15. Cher Monsieur , Merci pour ce commentaire clair qui montre combien l’Etat sait prendre avec talent ce qui est dans la poche des autres . L’Etat par ailleurs a montré et montre chaque jour son incompétence en matière de gestion , cette nomination n’est donc pas surprenante , juste révoltante . Elle prendra cependant on terme quand ces fonctionnaires auront fini de nous ruiner.

  16. oui merci de votre contribution et merci à mes prédécesseurs pour leurs commentaires.
    Il y a une chose qui n’a pas été relevé et qui montre combien ces petits hommes gris de l’énarchie peuvent nous tromper.
    En effet dès le dépar,t on nous parles des »‘retraite du Privé » et donc j’ai aussitôt penser au Caisses du Privé comme l’AGIRC/ARCCO qui ne sont pas dans le périmètre de l’Etat puisque ces Caisses recueillent les cotisations et versent les retraites en fonction des points acquis par les salariés durant leur carrière.Donc par définition ce n’est pas de l’argent appartenant à l’Etat et donc dire que l’Etat veut réduire « les retraites » il ne devrait pouvoir nele faire que sur les retraites gérées par l’Etat et non par l’Agircc Arcco.

    En conséquence lorsque l’auteur nous parle des « retraites privées » c’est un abus de langage puisqu’il s’agit de la « Caisse Nationnale » gérée par nos protecteurs énarchiens qui décident de tout dans la gestion des pensions à tel enseigne qu’à force de manipuler les comptes plus personne ne s’y retrouve et que même la Cour des Comptes refusent de valider ces comptes publics depuis des années, comme étant « insincères ».
    Enfin le choix de parler des « retraites de la CNAV » comme représentant les « retraites privées n’est pas anodin car premièrement cela évite de dire que les généreuses retraites du Public ne sont assurées que par des « contributions » et sur « contributions » pharaoniques de l’Etat (plus ou moins 100 milliards par an !) et en outre cela permet, par l’inclusion de la CNAV de dire que ce sont les retraites du Privé qui sont en déficit, en fait de la faute de la CNAV
    Tout est fait pour brouiller les cartes et faire reposer sur le privé l’obligation de financer les retraites mirobolantes du Public
    cqfd

  17. Merci mais encore une information qui nous ecoeure ! Un haut fonctionnaire à la tête de notre nos caisses de retraites privées !! qui plus est passé sous les ordres des Barnier , Bayrou le chantre exemplaire de taxer les retraités!! ministres d Etat nommés par notre President rien que ça ! Les factures à régler sont tellement énormes que ça sent une future « canicule » ! C est là nomination qui va faire déborder le vase de nos colères ! Un haut fonctionnaire ne doit pas diriger une caisse de retraite ou assurance du Privé !! Scandaleux. Nos motivations ici de retraités en nombres aux assoces et paroisses pour confimer nos bulletins de votes en Mai 27 ne faibliront pas .
    Merci à vous

  18. L’Iref traite toujours des sujets intéressants, ici l’on voit que la France est dirigée par une caste -de plus en plus grande- d’énarques qui ne connaissent pas grand chose pour ne dire rien de la gestion puisque pour eux « Y a qu’à ». Il n’y a plus d’argent dans les caisses ? Vite une nouvelle taxe dont le provisoire n’a que le nom. En réalité, incapables qu’ils sont de se réformer (ayant la sécurité de l’emploi et la retraite des fonctionnaires assurée) pourquoi voulez vous qu’ils cherchent à faire des économies ? Bien sûr que si, mais sur le dos des moutons du privé.

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