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mardi 8 septembre 2026

Comité de suivi des retraites : les intérêts de ses membres relèvent des régimes spéciaux, pas du régime général !

Temps de lecture : 2 minutes

Le Comité de suivi des retraites (CSR) a rendu son treizième avis en juillet. Il préconise de geler ou de freiner durablement la revalorisation des pensions afin de sauver le système. Mais il passe largement sous silence les déficits des régimes spéciaux très avantageux de la fonction publique. Qui s’en étonnera ?

Rappelons que ce comité, créé par la réforme de 2014, est censé jouer les vigiles : chaque année, il vérifie que le système ne s’éloigne pas de ses objectifs et, le cas échéant, adresse des recommandations au Parlement, au gouvernement et aux régimes. Autant dire qu’il est l’organe de contrôle du système par répartition.

Reste à savoir qui contrôle. Nous l’avons déjà signalé : sur les 49 membres du COR (Conseil d’orientation des retraites), huit seulement travaillent dans le privé et sont donc réellement soumis au régime général. Au CSR, le décompte est plus rapide : ils ne sont que cinq.

Le président, Franck Von Lennep, est conseiller maître à la Cour des comptes. Avant cela, il a été conseiller au cabinet du ministre des Comptes publics, directeur de la DREES, chef du pôle santé et protection sociale au cabinet du Premier ministre, puis — c’est le plus beau — directeur de la sécurité sociale de 2020 à 2024. Autrement dit, l’homme qui a administré le système jusqu’à hier préside aujourd’hui l’instance chargée de l’évaluer. On a connu vigile moins personnellement impliqué. Marie Chanchole est administratrice de l’Insee et fut sous-directrice des finances sociales à la direction du Budget de 2018 à 2024, après un passage au Trésor et au cabinet du secrétaire d’État au Budget. Louis-Paul Pelé est également administrateur de l’Insee. Jean-Luc Matt est conseiller d’État ; il fut sous-directeur des retraites à la direction de la sécurité sociale de 2018 à 2021, où il a préparé le projet de loi instituant le système universel de retraite — celui-là même dont le comité évalue désormais les effets. Il peut certes se targuer d’avoir tâté du privé, ayant été directeur général de l’Association française des entreprises privées de 2021 à 2023 (une organisation patronale, où il fut recruté pour sa connaissance des rouages de l’État). Mais le reste de sa carrière s’est déroulée dans le public.

Quatre fonctionnaires d’État sur cinq, donc, trois diplômés de l’ENSAE et deux de Polytechnique, dont les pensions relèvent du régime des pensions civiles, équilibré chaque année par la « contribution » de l’État employeur, c’est-à-dire par l’impôt. Quatre fonctionnaires qui ne sont donc pas soumis au régime dont ils jaugent la trajectoire.

La cinquième, Alexandra Roulet, est économiste et enseigne à l’INSEAD. C’est la seule à ne pas venir de l’administration — mais elle a été conseillère macroéconomie auprès d’Emmanuel Macron et d’Élisabeth Borne de juin 2022 à septembre 2023, et siège au Conseil d’analyse économique.

La loi veut que ces membres soient « désignés en raison de leurs compétences en matière de retraite ». On mesure ce que le mot compétence recouvre : avoir administré le système, l’avoir financé, ou en avoir rédigé la réforme.

Ainsi va la gouvernance française : ceux qui échappent au régime général en établissent le diagnostic, en pèsent les scénarios et en recommandent les corrections. Depuis douze ans, aucun de ces avis n’a conduit à envisager sérieusement la capitalisation. Rien ne presse, quand la retraite des évaluateurs est garantie par le budget de l’État.

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36 réponses

  1. Est-ce à dire que les préconisations de ces individus appartenant à un système profondément corrompu pourraient s’appliquer au régime général mais pas à eux ???

    1. Ben, oui. Tu crois encore au père Noël ?
      Ces coquins font bien des propositions pour les autres, pas pour eux. C’est bien la raison pour laquelle ils ont été nommés à ces postes.

  2. Au lieu de freiner la revalorisation des retraites il vaudrait mieux supprimer quatre millions de postes de fonctionnaires.

    1. Tout à fait d’accord hyacinthe. J ai souvent dit que sur 7 millions de fonctionnaires il ne fallait garder que ceux affectés aux fonctions régaliennes de l’état (armée, police). Vous évoquez 4 millions, je pense que je suis au-dessus…..!

  3. Comme déjà dit vous avez quelques économies, vous embauchez une personne de ménage qui pour finir vous coûte plus cher que vos revenus et qui a de meilleurs avantages que vous. Combien de temps cela peut-il durer avant de faire de la dette ? et après quand les banques ne suivront plus que va t-il se passer alors que la personne de ménage n’en a toujours pas assez et que votre patron soumis aux mêmes règle commence à réduire vos revenus alors que faire ? Changer de patron il n’y en a plus, vous remettre aux tâches ménagères mais que faire de la personne que vous avez employé ? Nul besoin de changer de trottoir il n’y a plus personne pour vous accueillir, quitter toutes ces structures néfastes et revenir à une monnaie plus ancienne peut-être mais alors il vous faudra une pleine brouette de petites pièces pour seulement acheter une baguette. Les temps vont être difficiles durant de longues années.

  4. Je ne suis même pas étonné !!!
    Cela confirme que ceci n’est pas prêt de changer, ils sont tous entre eux, le public à pratiquement des retraités au DOUBLE du privé, et tout cela, en travaillant MOINS ou pas du tout !!! Ils se repassent les postes les uns les autres comme nos guignols de politiques, comment voulez-vous qu’on puisse leur faire encore confiance!!!

  5. Les biais du COR et du CSR sont évidents, notamment en cherchant à s’abriter derrière le notion de taux de remplacement, montant de la première mensualité de retraite comparé au montant du revenu précédent. Une mesure qui ne dit pourtant rien de l’équité d’un système.
    Un argument repris encore le 27 février 2023 par Stéphane Guérini alors ministre de la focntion publique :
     » Ce qu’il convient de comparer, c’est le taux de remplacement, autrement dit ce que l’on perçoit au moment de sa retraite par rapport à ce que l’on percevait pendant sa carrière professionnelle.  »
    Le montant de la retraite des fonctionnaires est calculé en fonction du salaire des 6 derniers mois, donc de leur revenu maximum. Celui des salariés du privé, en fonction des salaires des 10 meilleures années pour la retraite de base, et en fonction de la totalité de la carrière pour les retraites complémentaires.

    1. Bonjour ,
      Petite correction très importante ; la retraite du privé est calculée sur les 25 meilleures années et non plus sur les 10 ! Ce qui nous pénalise encore plus !!!

      1. c’est bien 25 meilleurs années, je suis retraité du privé depuis 1999 et ma retraite à bien été calculée sur mes 25 meilleures années, avec 43 annuités ramenées à 40 annuités dans les calculs. Bon entendeur salut. JML

  6. Cette organisme a été créé par notre redoutable flamby, avec toute une cohorte de copains de la fonction publique pour siéger au comité central
    Bien sur les rapports pondus ne servent qu a alimenter le déni de réalité avec de nombreuses polémiques

  7. Mais quand va t’on enfin considérer le régime de retraite du secteur public ARCHI déficitaire et le régime du secteur privé bénéficiaire ???
    Il est inadmissible de voir tous ces journaleux qui racontent n’importe quoi aux français en noyant le poisson ???

  8. Ce deni est incroyable, ils accusent la démographie d’être responsables des déficits, mais, « en même temps » refusent de voir que ce sont ceux qui n’élèvent pas d’enfants et qui touchent une retraite qui coulent le système ! L’incoherence de ces gouvernements atteind des sommets.
    Faites payer à ceux qui n’élèvent pas d’enfants l’économie qu’ils réalisent en dépenses… et TVA et le système sera équilibré.

  9. Excellent article. Le COR explique lui-même que son secrétariat général prépare les analyses en commandant des travaux aux administrations et aux caisses de retraite, puis rédige les documents de synthèse et les projets de rapport. Il compte par ailleurs parmi ses membres les directeurs du Budget, de l’Insee, de la Sécurité sociale, de la DGAFP, du Trésor, de la Drees, etc. Le COR n’est donc pas un organisme extérieur à l’appareil administratif chargé d’auditer celui-ci : l’administration française participe directement à la production du diagnostic.

  10. Il y a beaucoup d’organismes en France qui s’intéressent à piller nos retraites pour préserver les leurs, et ils sont malhonnêtes. Ils nous ont encouragés à retarder notre départs moyennant 18 euros de plus par mois de pension de base pour chaque trimestre supplémentaire, soit environ 180 € pour 2,5 ans de plus . Et maintenant que l’on a des retraites « de riches », ils veulent nous reprendre ce qui a été gagné, sans toucher à leurs avantages exorbitants ! Ces incapables inutiles et grassement rémunérés feraient mieux de réfléchir à la capitalisation, mais le sujet est tabou !

  11. C’est spectaculaire ! Ceux qui qui ont creusé le trou du régime général tout en étant protégés dans le système publique qui ne cotise pas pour la retraite, proposent de restreindre la pension des allocataires. Il est curieux de constater qu’ils n’ont pas pensé à réduire leur salaire (très au-dessus de 3000€) pour ne serait-ce que cotiser à la caisse générale. Un pays de voyous ! Le peuple doit se soulever pour se débarrasser de ses parasites.

    1. Tu parles ! Y’a qu’à voir ce que la populasse parigote a voté aux dernières élections : un pédophile ou, tout au moins, le patron des pédophiles du périscolaire parisien.

      T’occupe la populasse veau, mouton et sado-maso avec des jeux et des loisirs, comme du temps des Romains, tu leur fais avaler n’importe quoi via les chaînes de caniveau du schtroumpf coquet (alias macron) et puis après ça vote n’importe quoi puis après ça s’en va beugler dans la rue. Il est grand temps qu’une bonne guerre arrive. On aura qu’à foutre tout ça en première ligne comme chair à canon, ça nettoiera le pays.

      Pauvre France.

  12. Tout ceci est absolument effarant ; il y aurait beaucoup de ménage à faire dans tous ces comités, outre ceux qui sont inutiles et donc à supprimer (ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre !!!, voir toutes les études de l’IREF, de l’iFRAP, de Contribuables Associés), pour ceux qui resteraient, il faudrait sérieusement revoir leur composition !

  13. Nicolas Lecaussin
    La caste qui dirige La France depuis de nombreuse années se moque de ceux qui les nourrissent .
    Les régimes spéciaux et protégés de la fonction publique sont toujours épargnés.
    Qu’ils se rassurent ils payent aussi les taxes ( pas des impôts) ( carburant , énergie ,assurances etc).
    Ils ne sont pas encore des Gueux , mais pour combien de temps ?
    visiter la plateforme  » référendum citoyen  » et voter  »
    Soutenu par les#gueux

  14. Je vois que me prédécesseurs ont une juste appréciation du système actuel des retraites où les « maitres »qui définissent les règles et en contrôlent la gestion sont les mêmes de la bureaucratie française, des « planqués » qui ont mis en place pour eux même le système le plus sophistiqué qui soit pour cotiser le moins et reevoir des pensions mirifiques.
    Cela ne nous générerait pas si l’ardoise des retraites de l’ensemble de la Fonction publique n’était pas supporté par le budget de l’Etat, c’est à dire par nous les contribuables, addition qui nous coûtent la bagatelle de 100 milliards par an (voir es travaux de l’IREF sur le sujet).

    Enfin pour rétablir une ERREUR grosssière commise par 99% des auteurs
    je rappelle que les retraites complémentaires du Privé sont versées par les
    Caisses der Retraite comme l’AGIRC et l’Arrco et non de la poche de l’Etat
    ce qui ne donne aucun droit à l’Etat de vouloir les réduire pour, disent les journalistes » faire des économies sur le budget de l’Etat,d’autant que globalement ces caisses sont globalement à l’équilibre, contrairement à celles gérées par l’Etat

  15. Ce gouvernement de nuls fait évaluer les retraites par des gens de leur milieu qui ne connaissent rien ou pas grand chose au régime général et se gardent bien de remettre l’avantageux système des fonctionnaires. Souvenons nous que c’est Balladur – un pur produit de la fonction publique- qui a imposé le report de 10 à 25 années de cotisations du R.G. en même temps, il a reporté le paiement des retraites du 1er au 10 du mois à terme échu, sans modifier d’une virgule le système de la fonction publique.

  16. Ces bouffons du roi sont une plaie purulente au même titre que tout les planqués de ce gouvernement ! C’est un désastre et ils s’en foutent royalement tant qu’ils restent en place. Pauvre de nous les gueux ! On est juste bon à bosser (pour ceux qui y vont encore) pour toutes les sangsues de ce pays ! Aaaah si on était solidaires…..

  17. Le reflet de nos responsables/ pas coupables ….Stop a cette présence anormale du secteur public !! Dont les retraites ne sont pas provisionnées…

  18. Les reflets des limites de nôtre pseudo démocratie !! Et pourquoi pas supprimer le droit de vote pour le secteur public ..??? Car l on ne peut pas voter pour la main qui vous nourrit , alors que veux qui produisent la richesse qui les fait vivre ne sont quasiment pas représentés ???

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