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mercredi 10 juin 2026

L’hôpital public (toujours) en soins intensifs

Temps de lecture : 2 minutes

L’hôpital public français traverse une crise qui ne cesse de s’aggraver. La Drees, dans son édition 2026 « Établissements de santé en 2024 », révèle toute la fragilité du modèle hospitalier français.

Le signal le plus alarmant est financier : en 2024, le déficit global des hôpitaux publics atteint 2,9 milliards d’euros, contre 2,4 milliards en 2023. Rapporté aux recettes, le résultat représente -2,7 % (-2,3 % en 2023), un niveau inédit depuis le début des observations en 2005. La progression des dépenses (+3,9 %, soit 110 milliards d’euros) est donc plus rapide que celle des recettes (3,4 %). Dans le détail, les charges progressent en ce qui concerne les dépenses de personnel (+4,1 %), les dépenses à caractère médical (+8,5 %) ainsi que les dépenses exceptionnelles (+3,0 %).

L’une des rares bonnes nouvelles de cette étude est que la dette des hôpitaux publics baisse pour la troisième année consécutive, pour atteindre 29,9 milliards d’euros… Cette amélioration est due à l’intervention de l’Etat, notamment via le « plan Ségur ». L’Etat ne pourra cependant pas agir éternellement, surtout au regard de la situation actuelle de ses finances, tout juste soulignées par le FMI.

La capacité d’autofinancement des hôpitaux publics, c’est-à-dire les moyens dégagés par l’activité pour financer les investissements, tombe à 1 % des recettes, contre 1,7 % en 2023. Dans le même temps, les investissements représentent 5,1 % des recettes, contre 5,4 % en 2023. Le taux de vétusté des constructions (qui « renseigne sur les besoins d’investissement pour maintenir en état les constructions de l’établissement ») atteint 59,5 % en 2024, contre moins de 50 % en 2005. Le taux de vétusté des équipements atteint 79,3 % en 2024, contre environ 75 % en 2005.

Ce constat est d’autant plus préoccupant que la difficulté est désormais généralisée. Sept hôpitaux sur dix sont déficitaires et un tiers sont considérés comme surendettés. L’ensemble du système est touché.

Le secteur privé résiste mieux, mais montre lui aussi des signes d’essoufflement. Les cliniques privées restent légèrement bénéficiaires, avec 194 millions d’euros de résultat net, mais ce chiffre est en nette baisse par rapport à 2023. Plus d’un tiers d’entre elles sont désormais déficitaires (36 %). Les cliniques déficitaires atteignent 44 % en SMR (soins médicaux et de réadaptation), 37 % en MCO (médecine, chirurgie et obstétrique), et 20 % en psychiatrie.

Combien de temps l’hôpital public pourra-t-il continuer à fonctionner sur un modèle aussi déséquilibré ? Les aides de l’État retardent seulement l’échéance d’un hôpital français toujours plus malade. Quand est-ce que le système de santé français inclura davantage de concurrence, de liberté et moins de bureaucratie ?

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5 réponses

  1. Tout ce dont l’Etat s’occupe y compris le régalien nous coute de plus en plus cher et ne fonctionne pas du tout . alors pour quoi pas déléguer la gestion des hôpitaux aux nouvelles régions et supprimer les ARS et leurs délégations départementales, au niveau national il est grand temps de supprimer tout ce qui fait doublon avec la commission européenne pas seulement dans le domaine de la santé, légiférer sur l’arrêt du « gratuit » pour les secours, les transports, les frais d’hospitalisation ,en cas d’imprudence avérée : non respect des consignes, pas de protection météo, sous emprise de stupéfiant dont l’alccool, règlement de compte ,? les économies seraient consacrés pour les hôpitaux et autres structures psychiatriques pour vider les prisons et désencombrer des services d’urgence .

      1. Je crois qu’il ou qu’elle veut dire que trop de déséquilibrés occupent la prison, et qui devraient plutôt être internés. Mais faute de place dans les centres spécialisés, etc..

  2. La bureaucratie est trop présente dans l’hôpital. Et puis il faut arrêter de soigner gratis tous ceux qui ne cotisent pas en France (aussi bien les migrants que les européens qui viennent en France pour bénéficier d’un système. Meilleur que chez eux) la France n’est pas l’été Theresa. Il faut aussi supprimer les ARS, cette bureaucratie pour placer les copains et générer encore plus de fonctionnaires .

  3. Le service public est en pleine déliquescence bon pour la banqueroute
    Comment peut il en être autrement sans réformes structurelles hormis qq sempiternelles rustines????
    Sans une large ouverture de la secu a la concurrence ( retraire par répartition et donner aux mutuelles les mêmes droits) la dérive va se poursuivre inexorablement

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