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jeudi 11 juin 2026

Urgences : non, la France n’a pas le meilleur système de santé au monde

Temps de lecture : 2 minutes

Selon les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les délais de prise en charge aux urgences continuent de se dégrader en France. En dix ans, ils se sont allongés pour tous les types de parcours de soin. La moitié des patients y ont passé moins de 3h10, entre l’enregistrement administratif et la sortie, contre 2h15 en 2013. Pour les parcours les plus courts, qui concernent un patient sur cinq, la durée d’attente est inférieure à 1h35 dans un cas sur deux (20 minutes de plus qu’en 2013). Pour les parcours les plus longs, qui concernent un patient sur trois, elle s’élève à 3h55 minimum dans la moitié des cas (1h15 de plus qu’en 2013).

Faut-il en déduire que l’hôpital public souffre d’un manque de moyens ? Cette situation concerne pourtant l’un des pays qui consacre la plus grande part du PIB dans les dépenses de santé : 11,5 % du PIB en 2024, contre 9,3 % pour la moyenne de l’OCDE. Comme dans tous les autres pays développés, la tendance est haussière depuis la moitié du XXème siècle : la consommation de soins et biens médicaux (CSBM), qui comprend les soins hospitaliers, les soins ambulatoires ou encore les transports sanitaires, est passée de 2,6 % du PIB en 1950 à 8,9 % en 2015. Avec le vieillissement de la population, ces dépenses devraient croître encore plus dans les années à venir.

Les délais d’attente aux urgences ne sont pas le seul problème qui touche le système de santé. Dans un rapport publié en avril, la Cour des comptes avait affirmé que la mesure de la qualité des soins dans les établissements de santé était encore lacunaire, en plus de représenter « un enjeu financier majeur ». Entre 160 000 et 375 000 « événements indésirables », avec des conséquences graves pour les patients (décès, mise en jeu du pronostic vital, survenue probable d’un déficit fonctionnel permanent), surviendraient chaque année au cours d’un séjour hospitalier. Les erreurs médicales et les infections nosocomiales lors d’une hospitalisation tueraient plus que les accidents de la route, avec au moins 4 000 décès directs par an.

Un rapport accablant qui recoupe les données de la Drees : non, le système de santé français n’est certainement pas le meilleur au monde. Comme l’IREF l’a démontré dans une étude comparative entre pays développés, ce sont des pays comme la Corée du Sud, le Japon et la Suisse qui ont le système de santé le plus efficace par rapport au pourcentage du PIB dépensé. La France, elle, reste loin derrière.

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11 réponses

  1. En france quand vous avez de mauvais résultats c est que vous manquez de moyens
    Cette politique laxiste de la culture de l excuse tout azimut gangrène notre société
    Il n est pas question de remettre en cause le dogme tout puissant de la bienpensance etatiste totalement irresponsable

  2. Bonjour,
    évaluer la qualité des soins au temps d’attente aux urgences est, vous en conviendrez, très réducteur. Aucune référence n’est faite à l’augmentation de la fréquentation des urgences entre 2013 et 2024 et aux origines de cet augmentation. De même, combien de pôles d’urgences ont été fermés dans le même temps ? Il eu été plus judicieux de classer le temps d’attente en fonction de l’urgence de la pathologie et des moyens développés en aval pour y répondre. Une douleur thoracique n’a pas le même caractère d’urgence qu’un rhume, une entorse ou une petite plaie. Notre système n’est certes pas parfait, mais nombre de procédures ont été mises en place depuis 1999 sous l’appellation « accréditation », devenue « certification » depuis 2004, imposant un cahier des charges important.
    Il serait plus intéressant de mettre en exergue les disparités de prise en charge à l’intérieur de notre pays.
    Cordialement.

    1. Comme vous avez raison
      Autre raison de la surcharge de nos « urgence », c’est le nombre de personnes qui y vont avec un « Bobo » pour n’avoir rien à payer !
      Autre raison de la surcharge de nos « urgence », c’est le nombre de personnes étrangères qui s’y rendent à toute heure et c’est aussi …..gratuit.

      ça aussi il faut le dire…..

  3. C’est d’abord parce qu’il n’y a pas à avancer d’argent que les urgences sont saturées. Au Portugal c’est un peu pareil sauf qu’un trie y est effectué. Par contre il y existe un système parallèle privé auquel l’Etat a recours en cas de surchauffe. Tout particulier y a accès pour un service haut de gamme où le patient est un client que l’on soigne pour un prix raisonnable.

  4. Quand je fréquente, pour cause de cancer un grand hopital parisien, je suis l’un des rares « mâles blancs ».

  5. Je suis chirirgien depuis plus de 40 ans et peut vous confirmer l’importante dégradation de la qualité des soins dans l’hôpital public alors qu’il est mieux doté à toutes choses égales que la privé de plus de 30%. Cette différence qui est institutionnelle, tout à fait comparable dans l’education , est encore beaucoup plus importante si on tient compte que la charge du foncier (terrain, clinique, equipements, … )incombe aux cliniques , non à l’hopial dant la construction est payée par l’impot.
    Il ne s’agit pas d’un manque de moyen mais d’un alourdissament faramineux de l’administratif qui pompe toutes les ressources et de plus met des entraves aux souignants.
    Il faut aussi dire le defaut d’encadremùent des infirmieres par des cadres qui ne sont plus sur place et qui au lieu d’aider, eduquer, accompagner les infirmieres sont happées par le directeur pour des taches purement administratives.
    Les chefs de service n’ont aucun pouvoir. D’ailleurs les plus expérimentés abandonnent le poste à des medecins de plus en plus jeunes. Cela accroit l’emprise de l’armée de directeurs sur les medecins qui perdent leur motivation et ne veulent plus se « donner  » pour leurs patients. J’ai tous les jours des exempples scandaleux qui illustrent cela. Lisnard (car à ce jour c’est le seul à vraiment vouloir changer les choses) pourra-t-il changer cela?

  6. il faut:
    -reorienter les « petites urgences » qui jadis etaient tres bien traitées en ville vers les medecins liberaux en imposant , sous condition à discuter, des crenaux sur leurs agendas en ligne .
    -Imposer le retour au secretariat physique (et les telesecretariats coutent 10 fois moins chers qu’une secrétaire) pour recréer un lien humain entre patients et medecin, en sus des plateformes de prise de RDV
    -Recreer des vrais postes de cadre infirmier, anciennement surveillantes, que l’on pourrait nommer « gouvernante » ayant autorité sur les medecins pour veiller à ce la prise en charge soit correcte (compien de personnes très agées ont attendu des heures sans avoir un verre d’eau sous prétexte qu’il fallait attendre le médecin, et que personne ne voulait les appeler, voire les engueules, car ils étaient en … reunion!

  7. Il faut
    Recréer des cadres infirmiers vraiment autour des infirmieres pour les aider, les former, seconder face au corps medical. Recreer des « gouvernantes  »
    Reorienter moyennenat finance les petites urgences qui n’ont rien à faire en ville
    Re dynamiser le role des chefs de service et leur redonner une autorité. L’hopital doit etre tenu par le corps médical qui s’aide du directeur et controle les cadres

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