Journal d'actualité libéral
|
vendredi 31 juillet 2026

Libéralisme populaire et État de droit : une ambition convaincante, des solutions inabouties

Temps de lecture : 2 minutes

Dans le Journal des Libertés n°31, Jean-Pierre Chamoux, Professeur émérite à l’université Paris-Cité, nous parle de l’essai La Liberté cherchant son peuple : libéralisme populaire contre tentation populiste, écrit par Monique Canto-Sperber. Dans cet essai politique, la philosophe défend l’idée d’un « libéralisme populaire » fondé sur l’État de droit, la responsabilité individuelle, la liberté d’expression et des politiques sociales efficaces. Son objectif est de proposer une alternative aux extrémismes, et de montrer que le libéralisme peut répondre aux attentes des classes moyennes et populaires.

L’ouvrage aborde plusieurs grands thèmes : la protection des libertés individuelles, la lutte contre la pauvreté par l’autonomie économique, la crise de l’éducation, les atteintes à la vie privée, l’intolérance idéologique croissante et l’inflation normative qui caractérise l’action publique contemporaine.

L’auteure formule de nombreux diagnostics jugés pertinents. Elle critique notamment la bureaucratisation croissante de la société française, les dysfonctionnements de Parcoursup, la multiplication des réglementations, certaines politiques écologiques excessivement centralisées ainsi que le déclin de la qualité du débat public. Elle insiste également sur l’importance du principe de subsidiarité, même si elle ne le nomme pas toujours explicitement : les solutions les plus efficaces sont souvent celles qui émergent au plus près du terrain.

La partie consacrée à l’éducation est particulièrement développée. Monique Canto-Sperber décrit un système scolaire miné par la bureaucratie, la perte des exigences académiques et l’abandon progressif de sa mission de transmission des savoirs. Elle s’interroge sur la possibilité de restaurer une école d’excellence et voit dans certains établissements privés des sources d’inspiration.

Cependant, Jean-Pierre Chamoux estime que l’ouvrage hésite lorsqu’il s’agit de proposer des réformes concrètes. Alors qu’elle dresse un constat sévère de l’échec des grandes réformes pilotées par l’État, Monique Canto-Sperber continue à rechercher des solutions venant principalement de l’administration centrale. Son projet de créer des « écoles libres » au sein de l’enseignement public lui paraît contradictoire avec l’idée même de liberté institutionnelle.

Il souligne également que l’auteure ne va pas jusqu’au bout de la logique libérale qu’elle revendique. Inspirée par la tradition philosophique classique, elle reste attachée à une vision où l’État conserve un rôle central dans l’organisation des libertés. Le principe de subsidiarité, qui donne davantage d’autonomie aux collectivités locales, aux établissements et à la société civile, demeure insuffisamment assumé.

En conclusion, l’ouvrage est salué pour la qualité de son écriture, la pertinence de plusieurs diagnostics et sa défense des libertés publiques. Mais il laisse une impression d’inachèvement : malgré une critique convaincante des excès bureaucratiques et centralisateurs, les remèdes proposés restent souvent enfermés dans le cadre même des institutions dont l’auteure dénonce pourtant les limites.

Lire l’article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.