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mercredi 10 juin 2026

Liberté d’agir contre protectionnisme : la guerre des patrons aura-t-elle lieu ?

Temps de lecture : 2 minutes

Les derniers débats budgétaires, les prélèvements sur les entreprises et les entrepreneurs toujours plus élevés, le caractère accusatoire des commissions d’enquêtes parlementaires – particulièrement celle sur les aides publiques et celle sur les marges des industriels et de la grande distribution, toutes deux au Sénat – et les délires réglementaires de la Commission européenne ont fait sortir de nombreux patrons de leur discrétion.

Nous nous sommes réjouis de cette « libéralisation de la parole » et avons souhaité qu’elle marque le début de la fin de ce capitalisme de connivence dans lequel nous nous vautrons depuis des lustres.

Aurions-nous crié victoire trop vite ? Dans Le Figaro du 15 avril, une tribune collective demande l’organisation d’un référendum constitutionnel pour une préférence française en matière d’industrie. Après avoir constaté que notre industrie souffre face à la concurrence étrangère – ce que personne ne contestera –, les auteurs de la tribune s’en prennent au « libre-échange dogmatique » et aux « règles européennes de concurrence ». Ils réclament des droits de douane et une préférence nationale dans la commande publique. Il est vaguement question d’un « allégement de la réglementation », mais jamais de coût du travail, ni d’impôts ou de taxes.

Nous ne sommes pas étonnés que la gauche et la droite souverainiste – de Natacha Polony à Arnaud Montebourg, en passant par Henri Guaino, Julien Aubert, Jacques Sapir ou Aurélien Pradié – soit à l’origine de cette initiative protectionniste (même si l’adjectif n’est jamais employé). En revanche, nous ne comprenons pas comment ils ont pu être rejoints par quelques patrons.

A vrai dire nous leur préférons leurs confrères et concurrents du « cœur entrepreneur », initiative lancée par 40 dirigeants qui veulent changer le regard porté sur l’entrepreneuriat. Dans leur manifeste, ils insistent sur les difficultés de leur métier – le stress des fins de mois et des décisions difficiles… – mais aussi et surtout sur leur optimisme, leur énergie, leur capacité à trouver des solutions… C’est pourquoi ils voudraient être davantage considérés, et ne plus être méprisés, traités de noms d’oiseaux quand ce n’est pas d’exploiteurs ou de voleurs comme nous l’avons entendu ces derniers mois – et même ces derniers jours à propos du 1er mai – des bancs de l’Assemblée nationale ou des défilés syndicaux.

Contrairement à ceux qui signent la tribune parue dans Le Figaro, « ils ne demandent aucun privilège ». Certes, ils rappellent qu’ils ploient sous des « normes qu’ils ne comprennent pas toujours, et des contraintes qui les freinent ». Mais ils ne réclament que deux choses : « la liberté d’agir, et le droit de réussir ».

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3 réponses

  1. Bonjour
    Je crois que c est bien dans la définition du  » droit de réussir  » que réside les principaux points d acchopement entre la droite libérale que vous soutenez et la gauche extrême que vous dénoncez

  2. Rien de neuf sous le soleil. Les « patrons » ne défendent pas l’intérêt général ou même l’intérêt du plus grand nombre. Ils défendent fort logiquement leur intérêt personnel ou celui de leur entreprise. Parfois leur intérêt rejoint celui de la doctrine libérale, le plus souvent leur intérêt est de se servir de l’Etat pour obtenir protection ou décisions favorables.
    Evidemment les « patrons » ont le droit de s’exprimer comme n’importe quel individu.
    L’erreur c’est lorsque le système leur accorde (de droit ou de fait) une importance supérieure à celle de n’importe quel autre individu.

  3. La guerre des patrons n’aura pas lieu.
    Ils se couchent encore et toujours.
    La preuve : « ils ploient sous des « normes qu’ils ne comprennent pas toujours, et des contraintes qui les freinent ». Mais ils ne réclament que deux choses : « la liberté d’agir, et le droit de réussir »
    Ils n’ont pas de liberté d’agir puisqu’ils sont écrasés par les normes et règlementations, ni de droit de réussir puisque tout cela leur coûte une blinde. et plus le temps passe, plus il y en a et plus cela leur coûte.
    Ils n’en comprennent pas l’intérêt, ça les freine mais ils les acceptent. Tout est dit. Rien ne changera.

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