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mardi 30 juin 2026

L’inflation des taxes carbone en Europe

Temps de lecture : 2 minutes

En 1990, la Finlande était le premier pays du monde à avoir instauré une taxe carbone. Depuis, 24 pays européens ont pris la même initiative, mais avec de grandes disparités, d’après une étude de l’économiste Alex Mengden pour la Tax Foundation. La moyenne européenne est de 53,6 € par tonne de CO₂ en 2026. Les taux les plus élevés sont observés en Norvège (146,2 € par tonne de CO₂), en Suède (133,1 €), en Suisse et au Liechtenstein (129 €). En bas du classement figurent l’Ukraine (0,59 €) et la Pologne (0,09 €). Les différences ne s’arrêtent toutefois pas aux taux. En Espagne, la taxe carbone ne concerne que les gaz fluorés, soit environ 2 % des émissions de CO₂ du pays. En Albanie, à Andorre, au Liechtenstein ou au Luxembourg, elle vise 72 % des émissions (voire plus), mais de nombreuses exemptions et taux réduits en réduisent la portée.

Alex Mengden rappelle que la quasi-totalité des États membres de l’Union Européenne participent au système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE), qui fixe un plafond global d’émissions de CO₂ et permet aux entreprises d’échanger des quotas. Plusieurs pays – Andorre, la Finlande, la France, l’Irlande, les Pays-Bas, la Norvège et le Portugal – imposent en parallèle une taxe carbone à échelle nationale, sur des émissions de CO₂ déjà concernées par le mécanisme européen. L’Allemagne et l’Autriche, par exemple, ont instauré des taxes carbone respectivement en 2021 et 2022. Même chose pour l’Albanie et la Hongrie en 2022 et 2023, et la Serbie en 2026. Pour l’économiste, cette double taxation est inefficace : les émissions déjà couvertes par le marché européen des quotas sont plafonnées, si bien qu’une taxe nationale supplémentaire ne réduit pas les émissions totales.

Un empilement de taxes qui illustre l’inefficacité des politiques climatiques : les États européens compliquent le système, fragilisent leurs industries en augmentant artificiellement le coût de l’énergie, tout en ayant un impact marginal sur les émissions de CO₂. L’UE ne représentait en effet que 6 % des émissions dans le monde en 2024, contre 8 % pour l’Inde, 12 % pour les États-Unis et 31 % pour la Chine.

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