Nous avons récemment rappelé que le coût horaire du travail est 30% plus élevé en France (43,70€) que dans l’ensemble de l’Union européenne (33,50€). Aussi intéressant soit-il, l’indice de l’UE est loin de prendre en compte tous les coûts liés au travail. Il occulte les dépenses obligatoires liées, en particulier, à la réglementation du travail. Ainsi, celles induites par les restructurations et les licenciements ne sont pas prises en considération. Or, elles peuvent être élevées comme le montre l’exemple d’ExxonMobil à Port-Jérôme-sur-Seine, près du Havre.
L’entreprise a annoncé en avril 2024 qu’elle fermait son vapocraqueur, ses unités de polyéthylène, de polypropylène, d’adhésifs et la logistique associée. Environ 600 emplois sont supprimés. Le groupe ExxonMobil a été contraint de proposer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) comprenant une multitude de mesures coûteuses d’accompagnement social des suppressions de postes (départs volontaires, aides diverses, formations, etc.). Elle a aussi été soumise, par le préfet de la Seine-Maritime, à une obligation de revitalisation territoriale.
Comme l’explique le site internet du ministère du Travail, « Dans une logique réparatrice, [les grandes entreprises dont les restructurations affectent par leur ampleur, l’équilibre du ou des bassins d’emplois sur lesquels elles sont implantées] sont tenues de contribuer à la recréation d’activité ». Cette obligation, est-il indiqué, « doit permettre de responsabiliser les dirigeants d’entreprises ». Dans ce cas précis, si des personnes ont besoin d’être responsabilisées, ce ne sont pas les dirigeants d’ExxonMobil, mais bien celles qui ont décidé de faire la chasse au pétrole et à ses dérivés !
Une restructuration coûte dix fois plus cher en France qu’aux Etats-Unis.
ExxonMobil devra donc verser 1,8 million d’euros selon la convention qu’elle a été contrainte de signer avec l’État le 21 octobre 2025. Cet argent devrait permettre la création de « 250 emplois durables sur le territoire, au travers, notamment, d’actions de soutien direct aux entreprises et à l’entrepreneuriat, de soutien à l’insertion et à l’économie solidaire, du développement de filières locales et innovantes ».
Ainsi les entreprises sont-elles enjointes de créer beaucoup d’emplois et de payer les taxes et les impôts qui y sont liés, et sont à nouveau taxées lorsqu’elles en détruisent.
Cette obligation de revitalisation contribue à ce qu’une restructuration d’entreprise dure 16 fois plus longtemps et coûte 10 fois plus cher en France qu’aux Etats-Unis. Elle doit être supprimée.
2 réponses
Et certains osent parler de reindustrialisation!!!!!
Malheureusement beaucoup de com et de marketing politique……..
Le nombre d emplois industriels n a jamais cesser de baisser et les entreprises du secteur de nouveau s affaiblissent
Alors que nous avons des atouts indéniables positionnement géographique optimal au sein de l UE, des infrastructures performantes, une excellente formation de nos ingénieurs, tres belle qualite de vie…….gâchés par une
irresponsabilité crasse et un je-m »en-foutisme déjanté
Je doute qu’il s’agisse de je m’enfoutisme, pour moi c’est plutôt une gaïalâtrie hors de contrôle. On peut tout bloquer, tout empêcher, quand c’est fait pour « sauver » la planète — note au passage qu’il est plus vendeur de parler de sauver la planète que de dire qu’on refuse telle usine parce-que c’est trop près de chez moi.
Il y a quelques jours, mon fils de 10 ans m’a parlé du nucléaire de 4e génération, me disant que ça serait bien qu’on arrive à l’implémenter, que ça fournirait une énergie abondante, etc. Je ne sais pas où il avait entendu parler de ça (parfois, il est un peu compliqué à suivre), mais j’ai pu lui expliquer que la France avait mis en place la poule aux Å“ufs d’or, avant le la tuer parce-que selon les personnes au pouvoir à l’époque, avoir une telle quantité d’énergie à bas coût entraînerait forcément des gaspillages…