Journal d'actualité libéral
|
jeudi 5 novembre 2026

Ministère de la Culture : une institution dont l’utilité reste à démontrer

Temps de lecture : 2 minutes

La culture existait avant 1959 et la création du ministère pour André Malraux. Les États-Unis, l’Allemagne ou la Suisse n’ont pas de ministère de la Culture au niveau fédéral, sans que leur vie culturelle en pâtisse. Le dernier rapport de la Cour des comptes amène à se poser la question suivante : à quoi sert cette tutelle en France, et combien coûte-t-elle ?

En 2025, l’État a consacré 11,2 milliards d’euros à la culture : 8,5 milliards de crédits du ministère (qui incluent notamment des avances à l’audiovisuel public), 1,8 milliard de dépenses fiscales et 0,9 milliard de taxes affectées. Les collectivités y ajoutent 11,8 milliards, les autres ministères 5,3 milliards (2024). Le ministère n’est qu’un financeur parmi d’autres, et pas le premier.

Son appareil administratif n’en demeure pas moins considérable : 29 138 personnes étaient employées en 2025, dont plus des deux tiers dans 84 opérateurs qui reçoivent 1,7 milliard de subventions. La masse salariale des dix plus gros opérateurs a augmenté de 20 % entre 2020 et 2024, pour atteindre 974 millions en 2025. Celle de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) a crû d’un tiers, ce que la Cour qualifie de « dérive préoccupante ».

La Cour pointe également les faiblesses du pilotage. Sur 16 opérateurs contrôlés depuis 2021, près de 80 % manquaient de feuille de route stratégique, de contrats d’objectifs et de performance (COP) ou de contrat d’objectifs et de moyens (COM). Les dépenses fiscales des missions Culture et Médias Livre Industries Culturelles ont triplé en dix ans, de 626 millions en 2015 à 1,9 milliard en 2025.

Les résultats ne suivent pas : le spectacle vivant, par exemple, souffre d’un excès de productions trop peu diffusées ; la part individuelle du Pass Culture échoue à atteindre les jeunes éloignés de la culture, qui sont pourtant la cible de ce dispositif.

La Cour en tire une conclusion sans détour : « Mieux et moins dépenser est possible. » Mais pour les libéraux, c’est l’existence même d’un ministère de la Culture qui n’a aucun sens. La création artistique ne dépend pas de l’administration ; elle repose sur les artistes, les entrepreneurs, les associations, les mécènes et le public. Si, demain, le gouvernement décidait d’abolir le ministère de la Culture, la culture française ne s’effondrerait pas. En revanche, nombreux seraient les acteurs à ne plus pouvoir vivre sur le dos de la collectivité.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


10 réponses

  1. Les meilleurs film Français (avec la tribu des Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin, Louis de Funès, Lino Ventura, Paul Meurisse, Brigitte Bardot, Isabelle Huppert, Christian Clavier….et bien d’autres) n’ont jamais été subventionnés : il fallait faire un bon film ou disparaitre.
    Aujourd’hui : la Gabegie payée par Nicola.

  2. Faites chauffer la tronçonneuse pour les ministères de la culture des sports, de la mer, de la transition écologique, de la ville, des transports, de l égalité…..
    Au boulot!!

    1. Qu’il est doux de lire que nous sommes capables de nous cultiver et de nous distraire sans l’aide de l’Etat.

  3. Entrée au Louvre avec audioguide = 69 € pour un musée qu’on peut cambrioler sans problème en plein jour, pour un entretien déplorable des bâtiments, etc.
    Le ministère de la culture subventionne des spectacles que personne ne regarde, car le petit milieu « culturel » vote bien, tout cela s’ajoute à l’audiovisuel public, à la presse et aux syndicats subventionnés…
    Nos technocrates achètent des votes avec vos impôts pour se faire élire et se la jouer dans les palais de la République, en oubliant de la gouverner.
    Stop ou encore en 2027 ?

  4. « …la part individuelle du Pass Culture échoue à atteindre les jeunes éloignés de la culture, qui sont pourtant la cible de ce dispositif. »

    Lesquels jeunes préfèrent de beaucoup cibler tout type de magasins et boutiques à la moindre occasion…..

  5. « En revanche, nombreux seraient les acteurs à ne plus pouvoir vivre sur le dos de la collectivité. »

    La lutte contre cette perspective désolante fournit de gros bataillons à l’extrême gauche…. Finalement ce ministère est son annexe.

  6. Il y a une culture en France mais de culture française selon les aveux du Président de la république. Alors pourquoi un ministère de quelque chose qui n’a pas de réalité ?

  7. Comment s’étonner que la plupart des « artistes » et mileu associé soient très marqués à gauche et rétifs à toute réforme libérale et toute économie ? Il n’y a pas plus conservateur bien masqué que celui qui vit aux frais du peuple, sous n’importe quelle étiquette, culture, écologie ou autre.

  8. Peut-être que si elle n’était pas financée par l’argent public, la culture serait plus qualitative. Combien de films français où il ne se passe rien ?? Toujours le problème du curseur à poser.

  9. Où l’on voit que Madame de Monchalin a appris à compter, après son déplorable passage aux comptes publics.
    Quant au suivi des rapports de la cour des comptes (sans majuscules, c’est exprès), ils vont s’accumuler comme papier toilette dans les ministères (sans majuscules également).
    A quand la tronçonneuse ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.