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dimanche 18 octobre 2026

Mme Guetté, la France a bien un problème de dépenses, pas de recettes !

Temps de lecture : 2 minutes

Si la réalité ne correspond pas à vos présupposés idéologiques, il suffit de la tordre dans tous les sens jusqu’à faire entrer des ronds dans des carrés. C’est ce que fait Clémence Guetté, députée La France insoumise. « Ce n’est pas l’augmentation des dépenses qui a créé le déficit : elles sont au même niveau qu’il y a 10 ans. C’est l’effondrement des recettes sous la Macronie, c’est-à-dire les cadeaux aux super-riches et aux multinationales, qui ont ruiné ce pays » a-t-elle écrit sur X. On peut lire que si les recettes étaient restées au niveau de 2017, le déficit serait de 2,9 % du PIB au lieu de 5,1 %.

Une interprétation séduisante, à plusieurs détails près :

  • Le déficit ne date pas d’Emmanuel Macron : le dernier budget à l’équilibre a été voté en 1974.
  • Les chiffres de l’Insee contredisent l’idée d’un État privé de ressources. Les recettes publiques sont passées de 41,4 % du PIB en 1974 à 52,2 % en 2025, soit une hausse de 26 % en 51 ans. L’augmentation des dépenses a été encore plus rapide : de 41,3 % du PIB en 1974 à 57,3 % en 2025, soit une hausse de 38 %.
  • La dette a augmenté de 402 millions d’euros par jour depuis l’investiture d’Emmanuel Macron – c’est autant d’argent qu’il faudra tôt ou tard rembourser : contribuables, salariés, retraités.
  • La France est loin d’être un paradis fiscal pour les plus aisés. C’est l’un des rares pays en Europe à ne pas avoir abrogé totalement l’impôt sur la fortune, celui-ci ayant été transformé en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Notre système fiscal est d’un tel niveau d’absurdité que les personnes redevables de l’IFI n’ont pas forcément les moyens de payer l’impôt sur le revenu (IR).
  • Les entreprises françaises restent les plus taxées de l’UE en prenant en compte des cotisations patronales, de l’impôt sur les sociétés et des impôts de production.
  • Sous les deux mandats de Monsieur Macron, les dépenses publiques sont restées à des niveaux de l’ordre de 56 à 58% du PIB. Il a d’ailleurs été recruté plus de 170 000

Il reste vrai que M Macron a financé des réductions d’impôts, notamment d’IS et de taxe d’habitation, en les finançant par l’emprunt : la dernière des bêtises à ne pas faire. Mais les baisses d’impôt sur les sociétés ont profité aux salariés autant qu’aux actionnaires et al suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales a profité à tous. Bref, Clémence Guetté fait croire indument que le déficit s’explique par des cadeaux aux riches. Le problème de la France reste bien celui de son excès de dépenses publiques : elle en est championne du monde.

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