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dimanche 8 novembre 2026

Mme Guetté, la France a bien un problème de dépenses, pas de recettes !

Temps de lecture : 2 minutes

Si la réalité ne correspond pas à vos présupposés idéologiques, il suffit de la tordre dans tous les sens jusqu’à faire entrer des ronds dans des carrés. C’est ce que fait Clémence Guetté, députée La France insoumise. « Ce n’est pas l’augmentation des dépenses qui a créé le déficit : elles sont au même niveau qu’il y a 10 ans. C’est l’effondrement des recettes sous la Macronie, c’est-à-dire les cadeaux aux super-riches et aux multinationales, qui ont ruiné ce pays » a-t-elle écrit sur X. On peut lire que si les recettes étaient restées au niveau de 2017, le déficit serait de 2,9 % du PIB au lieu de 5,1 %.

Une interprétation séduisante, à plusieurs détails près .

  • Le déficit ne date pas d’Emmanuel Macron : le dernier budget à l’équilibre a été voté en 1974.
  • Les chiffres de l’Insee contredisent l’idée d’un État privé de ressources. Les recettes publiques sont passées de 41,4 % du PIB en 1974 à 52,2 % en 2025, soit une hausse de 26 % en 51 ans. L’augmentation des dépenses a été encore plus rapide : de 41,3 % du PIB en 1974 à 57,3 % en 2025, soit une hausse de 38 %.
  • La dette a augmenté de 402 millions d’euros par jour depuis l’investiture d’Emmanuel Macron – c’est autant d’argent qu’il faudra tôt ou tard rembourser : contribuables, salariés, retraités.
  • La France est loin d’être un paradis fiscal pour les plus aisés. C’est l’un des rares pays en Europe à ne pas avoir abrogé totalement l’impôt sur la fortune, celui-ci ayant été transformé en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Notre système fiscal est d’un tel niveau d’absurdité que les personnes redevables de l’IFI n’ont pas forcément les moyens de payer l’impôt sur le revenu (IR).
  • Les entreprises françaises restent les plus taxées de l’UE en prenant en compte des cotisations patronales, de l’impôt sur les sociétés et des impôts de production.
  • Sous les deux mandats d’Emmanuel Macron, les dépenses publiques sont restées à des niveaux de l’ordre de 56 à 58% du PIB. Il a d’ailleurs été recruté plus de 170 000 fonctionnaires.

Il reste vrai que M. Macron a financé des réductions d’impôts (notamment d’IS et de taxe d’habitation), par l’emprunt : la dernière des bêtises à ne pas faire. Mais les baisses d’impôt sur les sociétés ont profité aux salariés autant qu’aux actionnaires et la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales a profité à tous. Bref, Clémence Guetté fait croire indument que le déficit s’explique par des cadeaux aux riches. Le problème de la France reste bien celui de son excès de dépenses publiques : elle en est championne du monde.

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10 réponses

  1. C’est le discours de gauche, il est partagè aussi par Glucksman. Le programme LFI prévoit un prélèvement additionnel de 180Md/an pour financer l’augmentation des fonctionnaires et l’embauche de 1 million de nouveaux fonctionnaires. Plus la retraite à 60 ans. Ils espèrent que l’augmentation en parallèle du smic dopera la consommation et les recettes. On y rajoute la planification de l’économie sous le couvert de l’écologie et on a créé un système communiste ou la richesse pour tous se fait grâce à la consommation. Et c’est supporté par des dizaines d’économistes dont un grand nombre enseigne! Ce programme n’est pas ridiculisé par la presse. ..

  2. Étonnant que vous n’argumentiez pas sur la différence des taux d’emplois et de croissances de la France en comparaison avec nos voisins : si nous sommes en déficit c’est parce que nous surchargeons nos entreprises et que les inactifs bénéficiaires des « redistributions » (suremploi fonctionnaires compris) sont trop nombreux face aux trop peu nombreux des actifs :
    https://irdeme.org/une-france-au-36e-dessous/

  3. Un certain député socialiste (J. Guedj) avait dit a peu près la même chose il y a quelques mois ! En fait ces gens-là ne connaissent rien à l’économie !!

    1. Et s’adressent, surtout, à des gens qui ne connaissent rien en économie. Rappelons que le boulot des hommes politiques, en démocratie, c’est de se faire élire. Un métier dans lequel excelle le personnel politique de gauche. Personnellement, lorsque le borgne est roi, c’est aux aveugles que j’en veux.

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