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mardi 29 septembre 2026

Non, l’IA ne détruit pas des emplois, elle en crée !

Temps de lecture : 2 minutes

En France, on entend régulièrement des politiques et des « spécialistes » accuser l’IA de tous les maux, en particulier de détruire des emplois. Aux Etats-Unis, Donald Trump s’est fait critiquer pour avoir dit que les comtés qui bloquent l’installation des centres de données deviendront « arriérées et pauvres ». Les dernières données lui donnent en très grande partie raison. Le Wall Street Journal vient de comparer, chiffres  du Bureau of Labor Statistics à l’appui, le comté de Loudoun (Virginie) – surnommé la « Data Center Alley » – aux autres banlieues de Washington depuis 2020. L’écart est saisissant.

Loudoun a joué la carte de l’ouverture : zonage souple, énergie bon marché, encouragement de la croissance. Les surfaces autorisées pour les centres de données y ont bondi de 150 % entre 2020 et 2025. Résultat : l’emploi total y a progressé de 17,4 %, quand les comtés voisins stagnaient (Fairfax, Prince George’s) ou perdaient des emplois (Arlington −7,3 %, Montgomery −5,6 %). L’emploi dans la construction a grimpé de 63 %. Dans l’hôtellerie-restauration, les salaires hebdomadaires ont augmenté de 69 %,  deux fois plus vite que chez les voisins (26 à 31 %). La mécanique est limpide : les ouvriers du bâtiment, mieux payés, dépensent et laissent des pourboires ; le barman, lui, gagne davantage. La prospérité ruisselle – réellement cette fois, et sans qu’aucun ministère l’ait décrétée.

Le cas le plus frappant est celui de Richland, en Louisiane, une zone rurale et pauvre où Meta a implanté un immense centre de données. En un an, l’emploi privé y a bondi de 41 %, les salaires de 61 % et les effectifs du bâtiment ont été multipliés par dix, avec des rémunérations en hausse de 182 % – près de 86 000 dollars de plus par an pour un ouvrier.

On nous répète à satiété que l’intelligence artificielle va provoquer une concentration des richesses et l’abandon des territoires. Les habitants de Richland constatent l’inverse : un investissement privé a suffi à faire renaître un coin de campagne oublié, sans subventions et sans redistribution. Une prospérité qui se passe de l’État. C’est peut-être la raison pour laquelle les politiques se méfient de l’IA.

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24 réponses

  1. La peur fait vendre alors nos médias agitent le chiffon rouge de l IA pour faire du buzz et alimenter le tiroir caisse

  2. Bonjour, vous mettez en avant des données favorables à votre analyse, sachant qu’elles concernent la construction des infrastructures des centres de données et toute la cohorte d’investissement qui va avec.
    Et après ?
    Vous occultez les conséquences sur l’emploi de la mise à disposition de la puissance de calcul à destination de l’industrie et des services.
    Pour se justifier économiquement, l’achat par des tiers ( clients) de cette puissance de calcul ne s’envisage que parce qu’elle génèrera des gains de productivité colossaux, qui eux se feront au détriment de l’emploi.
    A titre d’exemple, le jour où le robot humanoïde « optimus  » ( fabriqué par des usines entièrement automatisée) de Musk sera déployé massivement, qu’adviendra t il des emplois de femmes de ménages, d’ aide à la personne, de jardinier….Je suis beaucoup moins optimiste que vous sur le sujet

    1. Que sont devenus les porteurs d eau, les poinçonneurs de tickets du métro, les diligences, les maréchaux-ferrants, les cordonniers……???

  3. Très bonne remarque économique ! Tous les gains de productivité, s’il se réalisent effectivement dans les entreprises augmentent emploi au lieu de le diminuer. Certes cet emploi n’est pas forcément dans la même entreprise, ni dans le même pays, mais ça vient de la compétitivité de chaque acteur.
    En histoire longue, qui permet de bien voir des phénomènes, la cascade de productivité dans l’agriculture depuis deux siècles et demi après a fait presque disparaître l’emploi agricole (qui était de 80 à 90 % de la population selon les pays). Les descendants de ces agriculteurs sont enseignants, ingénieurs, employés, soignants, informaticiens, brefs des métiers qui n’existaient pas toujours au début du processus.
    Une ligne pour le webmestre, à effacer : j’ai beau demander que le logiciel note mes coordonnées pour un prochain commentaire, elles disparaissent à chaque fois

    1. C’est la raison profonde de notre Etat hypertrophié car l’agriculture a longtemps vécu à l’abri de la concurrence et sa descendance des agriculteurs était donc bien davantage à sa place dans les secteurs protégés que dans les secteurs exposés à la concurrence internationale… De même, le succès de la libéralisation en Chine doit principalement à l’euthanasie par dénatalité de la (gigantesque) population rurale chinoise par le biais de la politique de l’Enfant Unique. Même chose au Japon confronté au retour de millions de rapatriés dont il ne savait que faire après la défaite de 1945, d’où une politique malthusienne volontariste, l’IVG étant légale depuis 1948 et l’Etat mettant la pression sur les familles à problèmes pour y recourir…

    2. L’histoire longue permet de bien voir les phénomènes, mais attention à l’interprétation.
      Il se trouve qu’on a affaire à un phénomène inconnu : celui de la réalisation d’une machine généraliste. On ne peut donc pas appliquer bêtement les leçons de l’histoire sans prendre en compte ce changement de paradigme.
      De ce fait, en ayant une lecture de l’histoire profonde qui tient compte de l’évolution et des dynamiques, on peut conclure aisément que l’IA est la première technologie qui détruira à long terme massivement les emplois sans en créer…

  4. Il y a d’abord la peur ancestrale de ce qui est nouveau et celle suscitée par les romans de SF. Ajoutées à la bêtise et l’ignorance cela fait beaucoup de dégats!

  5. Nicolas ,
    Vous avez parfaitement raison . Et il faut avoir une mémoire de linotte pour oublier que l’informatique a créer des emplois en nombre.

  6. A terme l’IA ne peut dans l’absolu que créer du chômage. A l’extrême limite la disponibilité de main d’œuvre pourrait être rééquilibrée par la chute drastique de la démographie, mais on ne peut que constater à l’aune des événements de Ceuta, que l’on n’en prend pas le chemin.

      1. Si, c’est une évidence logique. L’IA a pour finalité de dépasser l’homme dans tous les domaines… Donc à terme, l’IA créera uniquement du chomage, pas d’emplois.

  7. Tout cela est fort vrai LOCALEMENT, mais il ne faut certainement pas en déduire une loi GÉNÉRALE selon laquelle « l’IA ne détruit pas des emplois, elle en crée ».
    La création d’emploi dans les data centers, ainsi que plus largement dans tous les concepteurs et opérateurs d’IA, sera probablement négligeable par rapport au raz-de-marée de pertes d’emplois dans le tertiaire tous secteurs confondus. L’inertie dans l’évolution des processus dans les entreprises, fait que le tsunami, si tsunami il y a, sera sans commune mesure avec les emplois spécialisés dans l’IA.
    L’usage de l’IA affecte un spectre d’emplois tellement large, qu’il risque fort de faire voler en éclats le principe schumpeterien.

  8. Elle en crée, et elle en détruit… qu’est-ce que ça donnera au final, bien malin qui peut le dire, et l’article fait d’ailleurs l’impasse sur cette question de fond. Ce qui est sûr, c’est qu’une révolution est en marche.

    1. Pour être plus précis, elle en crée temporairement (le temps que l’IA et la robotique remplace les emplois qu’elle est en train de créer), et en détruit à long terme.

  9.  » Non, l’IA ne détruit pas des emplois, elle en crée ! « .

    Au présent, vous avez totalement raison.

    Au futur, moins de 50 ans, personne ne le sait. L’IA et la robotique portent en elles des promesses de progrès tellement radicaux qu’ils bouleverseront probablement le sens même du mot  » emploi « . Nous pourrions entrer dans une ère d’hyper abondance, voire de post- rareté. Passionnant.

  10. Je suis totalement d’accord avec votre article. Je pense qu’une part de la peur française vient du fait que les emplois ne se créeront pas ou peu chez nous. Tout simplement par ce que nous ne sommes pas leaders dans ces technologies. Et cela fait longtemps. Nous avons raté le train numérique en grande partie. Et je ne vois rien se produire côté politique pour nous permettre de le prendre. Alors nous risquons d’être ce qu’étaient les pays sous développés lors de la révolution industrielle : des utilisateurs lambda du nouvel outil, et pour l’utilisateur lambda, point de hausse de salaire mirobolante ni de ruissellement de lait et de miel. Bien sûr il est possible d’aller chercher la fortune ailleurs, cela s’est produit et se produit partout, tout le temps. Mais c’est oublier que ce destin n’est pas celui de tous, et sérieux, vous avez envie de faire votre vie aux Etats Unis aujourd’hui ?

  11. On n’aurait pas dû laisser se développer la mécanisation au 19eme. La cause de tous nos problèmes de chômage, et de surpoids.

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