Le président de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin invente un chèque au profit prétendu des consommateurs, en réalité dans l’intérêt des entreprises françaises, victimes d’une concurrence bien entendu « déloyale » de la part des méchants Asiatiques.
L’Iref a consacré plusieurs pendules (en dernier lieu le 17 juin 2025) à mettre en garde contre l’adoption de la proposition de loi relative à l’impact environnemental de l’industrie textile, autrement dit de la fast fashion, en raison de son moralisme et de son protectionnisme sous couvert d’écologisme sirupeux.
En revanche, le président de la fédération du prêt à porter féminin était et reste favorable au texte. Récemment, Yann Rivoallan alléguait sans fard que les entreprises françaises étaient victimes d’une « concurrence totalement déloyale », si bien qu’il fallait mettre « en place des barrières douanières qui n’existent pas encore ». Selon lui, le fond de l’affaire se posait de la manière suivante : « Comment nous protéger, pour mieux créer et mieux commercer » (Union française des industries, entretien, 25 juin 2025). Quelques mois plus tôt, il anathématisait la société Shein. Il considérait que les règles très strictes que respectaient les acteurs de la mode devaient aussi s’appliquer à cette entreprise. Entre autres propositions, il demandait la définition d’un seuil maximal de références, l’instauration d’un « système de bonus-malus fondé sur l’éco-score des produits textiles et accessoires », enfin l’interdiction de toute publicité de l’entreprise asiatique. Il annonçait qu’il travaillait « sur un projet d’instauration d’un chèque seconde main pour encourager la population à consommer plus durablement ». En effet, ajoutait-il avec profondeur, « si chacun disposait d’un budget spécifique pour ces achats, tout le monde pourrait participer à cette économie vertueuse » (ECommercemag.fr, entretien, 4 février 2025).
Yann Rivoallan vient de récidiver sur Franceinfo le 25 juin. Le chèque seconde main « permettra aux entreprises françaises de proposer des achats de seconde main plus facilement et ainsi permettre à toutes les personnes de classes défavorisées, des ouvriers, des employés, mais aussi les cadres, de pouvoir acheter plus facilement de la seconde main ».
Voilà une idée qui, si elle se trouvait entérinée par la loi, s’ajouterait à la batterie de chèques créés ces dernières années au plan national ou local : chèque énergie, bonus réparation, chèque efficacité énergie, écochèques… sans compter les multiples propositions plus ou moins farfelues tel le « chèque vert » ou le « chèque alimentaire universel ».
Plutôt que de verser dans le capitalisme de connivence, de quémander auprès des pouvoirs publics des avantages, des passe-droits et du protectionnisme sous couvert de propos sirupeux, le président de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin ferait mieux de faire pression sur le gouvernement pour libéraliser enfin le marché français et diminuer les impôts, particulièrement lourds, qui pèsent sur les entreprises. Plutôt que de vouloir étendre aux concurrents étrangers les règles contraignantes qui pèsent sur les sociétés françaises, il ferait mieux de demander la libéralisation de notre pays.
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