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lundi 19 janvier 2026

Quand une blague conduit un fonctionnaire au tribunal

Temps de lecture : 2 minutes

russie

Peut-on rire de tout ? C’est une question qui n’en finira jamais d’être débattue. En tout cas pour le tribunal administratif de Paris la réponse est : « non ».

Lors d’une formation sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, mise en place dans le cadre « d’une action de prévention des discriminations menée par la ville de Paris à la suite de témoignages d’agents faisant notamment état d’agissements sexistes », un employé souligne, lorsqu’une de ses collègues se présente comme « jardinière », que « l’appellation désigne également un pot de fleurs ».

Avouons que mon comparse Jean-Philippe Feldman et moi-même aurions pu être les auteurs d’une telle saillie qui montre que la féminisation à tout prix des noms peut conduire à l’inverse du but recherché. En effet, quoi de plus drôle que de vouloir prouver que l’on n’est pas une potiche en se désignant comme bac à fleurs ? Le fait méritait d’être relevé.

La « jardinière », qui manifestement ne cultive pas l’humour, obtint que la maire de Paris sanctionne l’indélicat par un blâme pour avoir tenu des « propos discriminatoires ». L’intéressé saisit alors la juridiction administrative pour annulation de la sanction, arguant que « la matérialité des faits n’était pas suffisamment établie et que les agissements qui lui étaient reprochés ne constituaient pas des fautes disciplinaires ». Pour le requérant, la sanction était disproportionnée.

Les juges rejetèrent tous ses arguments. Pour eux, tenir de tels propos au cours d’une formation sur l’égalité professionnelle constitue « une faute de nature à justifier le prononcé d’une sanction et le blâme n’apparaît pas disproportionné ».

L’agent incriminé peut estimer qu’il s’en sort bien. Une employée du NHS britannique, qui a été comparée à Dark Vador par des collègues, a obtenu du tribunal (qui a estimé la comparaison insultante) une indemnité de près de 29 000 livres sterling (34 000 €) aux dépens du NHS.

Aujourd’hui, la moindre blague peut vous conduire devant un tribunal, tout comme l’expression d’une opinion contraire à la doxa (cf. le délit d’entrave à l’aide à mourir que contient le projet de loi sur l’euthanasie). Par peur des gardes chiourmes du wokisme, de plus en plus de personnes n’expriment plus ouvertement ce qu’elles pensent. Un jour, elles ne penseront plus du tout. Est-ce elles qu’Emmanuel Macron souhaite consulter par référendum ?

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20 réponses

  1. « …un employé souligne, lorsqu’une de ses collègues se présente comme « jardinière », que « l’appellation désigne également un pot de fleurs ». »
    L’intelligence de cet employé dépasse manifestement et largement la moyenne des instigateurs de cette « action de prévention des discriminations menée par la ville de Paris à la suite de témoignages d’agents faisant notamment état d’agissements sexistes »
    Parisiens, vous vous demandez comment on gaspille les deniers publics ?

  2. Malheureusement cela n’est pas que dans l’administration, tant il y a maintenant dans nombre d’écoles et/ou de fac des comités de féministes échevelées et volontiers violentes qui poursuivent de leur haine et de leurs injures même hors du cadre de leurs écoles, tout garçon ayant tenu réellement ou supposé des propos anti wokisme.
    Ces associations vengeresses et dictatoriales dont l’objet est de poursuivre les discriminations DANS le cadre des écoles/fac, se déplacent hors de leurs terrains de chasse, jusque dans des stades (rugby en particulier) ou des bars, à la recherche de garçons de leurs écoles/fac qu’elles ont ciblé afin de les victimiser et surtout de les faire passer en conseil de discipline pour injures anti féministes.
    Généralement leurs plaintes sont portées sous X, c’est à dire que les victimes des harpies ne savent pas qui les accusent (c’est plus facile).

    Je ne vous donnerai pas de noms bien sûr, mais cherchez autour de vous, demandez à vos enfants ou petits enfants, s’ils sont ou connaissent des camarades victimes de cette dictature.

  3. On appelle aussi ‘jardinière’, un mélange de légumes cuisinés. Si ce blagueur dont l’humour est plus élevé que celui entendu sur France Inter était passé devant un juge écologiste, il aurait peut-être été amnistié !

  4. In cauda venenum
    En même temps, le sujet pourrait avoir une personnalité « plurielle » …

  5. D’accord avec vos propos , mais pas sur la fin . « Un jour, elles ne penseront plus du tout.  » : vous suggérez être pendu en l’air au dessus du marigot . J’imagine que vous ne le pensez pas réellement , sinon vous n’êtes pas démocrate. Vous pensez donc être capable de continuer à penser , eh bien , les autres feront comme vous . Je pense même que ce genre de chose est de nature à nous ouvrir à tous les yeux sur la réalité de notre démocratie .

  6. 1984, ça arrive. Et une majorité de Français, repus et gavés de télévison, jeux vidéos et réseaux sociaux, se laisse marcher sur les pieds sans réagir.

  7. La bêtise est la chose la mieux partagée au monde. Si on incite tout un chacun à porter plainte pour la moindre futilité, alors qu’en serait-il le jour où on aura oublié d’avertir un individu que pour avancer, il faut mettre un pied devant l’autre!? Ces « adultes » qui vont en justice pour de si petites choses sont pourtant les mêmes qui n’hésitent pas à clamer haut et fort dans les rues, y compris de façon très agressive, des revendications en tout genre! Quel monde d’abrutis immatures. Vive les robits !?

  8. De nos jours, il est de plus en plus dangereux de s’exprimer oralement.
    Au moindre mot un peu « douteux », à la moindre plaisanterie , toute une armée de anti-spécistes, de « cause animalière», d’écologistes, de …anti tout ,….se précipite pour « pendre haut et court » l’infâme humoriste, l’horrible plaisantin.
    Bientôt, en Absurdie, pour ne pas risquer de s’exposer à des poursuites judiciaires et fortes sanctions pécuniaires, il nous faudra nous exprimer par hochements de tête, négatifs ou positifs.
    Même le langage de signes sera susceptible de poursuites de la part de cette nouvelle caste anti-tout.
    Et même les juges qui semblent avoir perdu le « bon sens » suivent ce mouvement.
    A moins qu’ils ne voient là qu’un bon filon pour étendre la liste de leur clientèle ?

  9. Le problème est que la caste à qui on ne peut plus rien dire ne se gêne pas pour discriminer les autres

  10. Souvent mon père me faisait part de ses réflexions, et je me souviens encore du jour ou il m’a regardé en me disant: tu verras mon Dédé, en grandissant tu vas t’apercevoir que la connerie humaine n’as pas de limite, sans savoir que 80 ans plus tard, cela se conjuguerait autant au féminin qu’au masculin , ça doit être çà que certains appel la parité, d’ou ces dames ne sortent pas glorifiées.

  11. Je conseillerais à ce pauvre jardinier de faire appel ou de se pourvoir en cassation devant le Conseil d’État, où il devrait pouvoir être jugé par une ou plusieurs maîtresses des requêtes qui seront plus à même de connaître la langue sinon de Voltaire tout au moins celle de l’Académie au sein de laquelle feu Jacqueline de Romilly s’insurgeait déjà contre cette féminisation de noms, alors que le masculin est le genre neutre en français et évite les quiproquos

  12. ..et «  pisse-vinaigre » , ça s’applique à tous les tristes petits ( ou petites) juges de tribunal administratif ?

  13. Mesure-t-on à quel point cette police des mots engendre une police de la pensée ? Et que la police de la pensée conduit à la censure et au tarissement de la créativité du corps social ? … Nos pays vont finir comme tant de pays du tiers-monde ou du communisme, embourbés dans la censure et la stagnation.

  14. Bonjour Mr Carbon,

    Désolée d’être longue mais la pauvreté de l’argumentaire me laisse pantoise… je vais donc remettre les pendules à l’heure…

    La blagounette de petit calibre ne mérite certes pas « ni cet excès d’honneur ni cette indignité ». Mais votre irritation décalée sur « la féminisation à tout prix » n’est pas de la meilleure eau pour autant. Si le blagueur manque d’humour, vos manquez de culture linguistique dans votre argumentaire. Car comme tout nombre a un double, tout masculin peut/doit avoir un féminin, avec l’évolution des titres, métiers et fonctions. Féminin parfois identique (une adepte, une architecte, une polémiste, une journaliste), parfois différents (comte/comtesse, plombier/plombière, banquier/banquière, conteur/conteuse). Aucun linguiste ne vous dira que c’est impossible (sauf l’Académie française… dont aucun membre n’est linguiste !! alors s’y référer comme le fait un correspondant, c’est un comble) ni que cela relève d’une idéologie forcenée. Au moyen âge, et bien après encore, tous les métiers avaient un féminin, soit parce qu’exercés aussi par des femmes (avant que l’église ne s’en mêle) soit comme « femme de … » : bourreau/bourrelle, parcheminier/parcheminière, doreur/doreuse, médailler/médaillère, etc. Plongez-vous aussi dans les dictionnaires contemporains des autres langues romanes : tous les métiers y ont un féminin, sauf en français. Cherchez l’erreur… Par exemple pour l’espagnol mais c’est exactement pareil en italien (qui y ajoute « personne qui s’occupe d’un jardin d’enfants ») :
    « Jardinier, ère m. et f. Jardiner, ra (fleuriste). Hortelano, na (maraîcher).
    Jardinière f. Jardinera (meuble). Menestra, macedonia de legumbres (mets). Carro de los hortelanos (véhicule). »
    Oui, un même mot peut avoir plusieurs sens : quelle découverte de l’eau tiède ! Cela s’appelle la polysémie et cela ne fait pas ricaner nos voisins italiens, catalans, espagnols, portugais. Et oui, rectrice peut être « la femme qui dirige » et « la plume qui dirige », et autrefois « la femme du recteur » comme la générale était la femme du général. À se taper sur le ventre, vraiment ? Ou en être révulsé ?
    Prenons encore le dictionnaire Larousse de français-espagnol de 1991 : « écrivain m. Escritor. Femme écrivain, escritora ». Prenons le Diccionari de la llengua catalana de 1989 : escriptor, -a m i f. Persona que escriu llibres… ». Prenons le Robert et Signorelli d’italien-français de 1988 : « scrittóre, trice, écrivain (m.) : una scrittrice a la moda, un écrivain à la mode [!]». Comique non que cette langue française qui ne voit que du mâle absolument partout, même dans « una scrittrice » ! Et qui a au moins quarante ans de retard sur ses voisins…
    Un chroniqueur du Figaro, Eric Neuhoff, va encore plus loin dans le rejet obsessionnel puisqu’il compare la féminisation « à des papiers gras dans un jardin de Le Nôtre » et que « écrivaine, c’est disgracieux car on y entend vaine » (tandis qu’on n’entend point vain dans écrivain ?). Humour aussi, ou dans ce cas ignominie ? Féminin pourtant formé le plus banalement du monde comme souveraine, contemporaine, châtelaine. Mairesse aussi l’insupporte : il n’a donc pas connaissance que diaconesse, drôlesse, devineresse, pastresse, etc., existent depuis le 11e siècle pour certains ? Se cultiver un peu plus l’empêcherait de déparler et de se couvrir de ridicule… avec fatuité de surcroît.

    Or ce sont ces attaques perpétuelles contre la féminisation des vocables, plus ou moins virulentes, piètre combat d‘arrière-garde et anti-historique par rapport au fonctionnement du français (et donc des autres langues romanes) qui nourrissent le féminisme ultra. Autant exécrables l’un que l’autre.

    Josiane Ubaud (lexicographe en occitan, c’est pareil au masculin et au féminin, soyez donc soulagé)

    1. Chère (trop?) madame…
      Sachez, ne vous en déplaise, que votre appel à l’argument d’autorité tombe à plat. En France, l’unique autorité en matière de bon usage de la langue n’est pas un ou un linguiste ou lexicographe qui serait adoubé par ses pairs et parfois bien déconnectés du génie propre de cette langue, mais… l’Académie Française. C’est la son rôle, sa responsabilité, sa raison d’être.
      Par ailleurs, l’Eglise est un bouc émissaire bien commode… pour qui ne connait pas bien l’Histoire, car elle est et surtout fut, l’artisan principal de l’émancipation des femmes, de leur considération à l’égal des hommes. Ailleurs, là où elle n’est pas influente, ce n’est toujours pas le cas.

      La réalité est qu’avant le féminisme il était bien compris qu’une vigie pouvait être un homme ou une femme, de même qu’un professeur, un médecin… un jardinier. Et que l’usage ainsi que la cohérence décidait du genre des mots qui n’est pas nécessairement le sexe de ceux désignés par ces mots. Mais il faut croire que ne penser qu’avec la moitié de l’humanité réduit l’intelligence chez les gens pratiquant cette approche… de même que l’humour, l’ouverture, et in fine le bonheur !

      1. Réponse hors sol cher (trop) anonyme, sans rapport avec mon texte. Vous êtes dans le déni de réalité et n’apportez strictement aucun argumentaire sur la soi-disant impossibilité de former les féminins des vocables (vous seriez bien en peine étant donné la pauvreté de votre raisonnement). Vous refusez de voir l’existence de ces féminins qui ont toujours fait partie de la langue française, et de toutes les langues latines (qui sont donc à vos yeux toutes ineptes puisqu’elles ont ces féminins généralisés ?), parce que cela dérange (trop) vos idées (trop trop) reçues. Spécialité bien française que ces crispations qui ne servent qu’à alimenter le féminisme ultra et certes pas les sciences du langage que vous semblez (trop) mépriser aussi… Non, ce n’est pas le dictionnaire de l’académie qui fait référence mais avant tout les Littré, Quillet, Larousse, Robert, au fil des temps et de leur enrichissement perpétuel, dans toutes les écoles et les universités… Sauf pour les féminins auxquels on barre parfois la porte ou qu’on enregistre avec 40 ans de retard.
        Allez une petite dernière, cher (trop) aveuglé, issue du dictionnaire Littré (1863-1873) donc 150 ans « avant le féminisme » : « jardinier, ière s. m. et f. Celui, celle dont le métier est de cultiver les jardins. … Meuble d’ornement… Terme de cuisine… Petite broderie… Nom d’une coiffure… Espèce d’hélice… Nom d’insectes… »
        Un vrai « réduit de l’intelligence » ce Littré, « sans bonheur, sans ouverture », sans doute ? Vous n’avez pas l’impression d’être (trop) antédiluvien et passablement (trop) méprisant avec la moitié de l’humanité (plus les linguistes et les lexicographes) ?

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