Il faut saluer ce qui le mérite. La capitalisation n’est plus taboue : Gabriel Attal en défend le principe depuis mai, Sarah Knafo en a fait un point clé de son livre. Mais en présentant mardi soir sur LCI les grandes lignes de sa réforme des retraites, Bruno Retailleau est le premier à en donner une idée concrète : un second pilier appelé à représenter 25 à 30 % de la pension des jeunes entrant sur le marché du travail. Et il l’a justifiée par l’argument que nous défendons depuis des années : il s’agit aussi de financer nos entreprises. Rappelons que la capitalisation ne pèse que 2 % dans les pensions perçues par les ménages français, contre 18 % en moyenne dans l’OCDE.
Néanmoins, la démonstration capote très vite. Un quart de la pension des seuls nouveaux entrants, cela signifie quarante ans avant le premier effet significatif. Rien n’est dit du caractère obligatoire ou volontaire de ce pilier, de sa gouvernance, de la concurrence entre les gestionnaires, ni surtout du financement de la transition : les cotisations des jeunes partiraient vers leurs comptes individuels, bravo, mais pendant ce temps, qui paierait les pensions en cours ? Surtout, le candidat présente sa réforme comme destinée à « sauver la retraite par répartition ». Nous pensons l’inverse. La capitalisation n’est pas un renfort de la répartition, c’est ce qui doit progressivement lui succéder.
Le reste de ses propositions nous laisse aussi sur notre faim. Les paramètres, d’abord. Un âge minimal à 63 ans avec une décote de 7 % par année manquante jusqu’à 65 ans relève d’une bonne logique, celle du prix plutôt que de l’interdiction. Gabriel Attal propose, lui, de supprimer purement et simplement l’âge légal au profit de la seule durée de cotisation. L’idée séduit, mais elle remplace une contrainte par une autre : celui qui a commencé tard devra cotiser jusqu’à 66 ou 67 ans. Et elle néglige ce que Retailleau retient : l’indexation de l’âge du taux plein sur l’espérance de vie, seul mécanisme qui sorte ce paramètre de l’arbitrage politique, comme en Italie, aux Pays-Bas ou au Danemark. La pénibilité, ensuite. Le candidat annonce des consultations (encore !) avec les partenaires sociaux pour déterminer les métiers qui feraient exception. C’est exactement ainsi que se fabriquent les régimes dérogatoires. La Cour des comptes vient d’ailleurs d’y consacrer un développement accablant : les départs anticipés au titre des catégories actives coûtent 850 millions d’euros par an pour les seuls fonctionnaires civils, et sont « peu ciblés » parce qu’attribués à des corps entiers sans que soit vérifiée leur légitimité.
Et les fonctionnaires ? Encore eux, oui, qui phagocytent une bonne part du budget des retraites. C’est l’angle mort de l’exposé de Bruno Retailleau. Pas un mot sur l’alignement de leur régime, ni sur les catégories actives existantes, ni sur les militaires qui liquident leur pension à 46 ans en moyenne, ni sur la contribution fictive de 82,28 % du traitement que l’État se verse à lui-même depuis janvier. Un candidat qui veut supprimer 600 000 postes de fonctionnaires sur deux quinquennats sans dire un mot du régime de retraite des agents restants laisse le chantier intact.
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10 réponses
Si parler de la capitalisation n est plus tabou pour qq candidats à la présidentielle de 2027, les projets sont très flous voir ingerables
Sans mesures fortes et claires la capitalisation restera dans les tiroirs après qq tables rondes
Ça ressemble comme 2 gouttes d eau à la réforme intéressante de la retraite à points avortée de notre PR en 2019
Ce dossier n avait pas été travaillée en amont et a démarré dans l improvisation la plus totale vers un fiasco
Comment voulez vous que Retailleau fasse autrement ? son coeur de cible electoral c est les retraités. Il ne peut que dire qu on va maintenir (voire augmenter) les pensions actuelles. Evidement ca veut dire que les jeunes devront payer 2 fois (mais ca il ne le dit pas trop fort et au pire c est pas tres grave car electoralement les jeunes generations ne valent pas grand chose)
PS: Lisnard a exactement le meme probleme. J ai vu une interview de lui (sur thinkerview). j ai ete tres decu. On aurait cru entendre Sarkozy en 2007. Pas un mot sur 50% de la depense (secu+pension) et sa seule proposition d economie c est la fonction publique (comme Sarko et ca fera comme avec Sarkozy : rien!)
La capitalisation comme l augmentation de la durée de travail vers 67 ans ne va concerner que les actifs pas les retraités qui ne seront intéressés que par la desindexation des pensions
Vous oubliez que les retraités ont des enfants voir petits enfants qui sont des actifs donc ils sont concernés indirectement par les nécessaires réformes structurelles
Quand au passage du tout répartition a un système mixte obligatoire répartition/capitalisation, il suffirait que l état vende ses très nombreuses participations soit 150 milliards sur un total de 210 qui pourraient servir d amorçage
Et c’est pour ça que les petits-enfants votent souvent Mélenchon, pour faire un bras d’honneur aux grand parents chantant les louanges d’un Milei et du régalien alors que les mêmes pouvaient jeter des pavés en mai 68 en scandant « CRS = SS »…
Autre source d’amorçage: En plus de la cotisation à la retraite des parents, que tout le monde paye, faire cotiser au fond de capitalisation les couples qui n’élèvent pas d’enfants avec les 300 000€ qu’ils économisent en n’élevant pas 2 enfants. (environ 350€ par mois par salaire sur 40 ans)
Pour info, 20% des retraités actuels n’ont pas élevé d’enfant ce qui majore toutes les cotisation de… 25%.. Ca personne ne vous le dit !
Financer les fonds de capitalisation destinés aux jeunes salariés tout en continuant de financer les retraites en cours ne sera posible qu’avec l’assainissement des comptes publics, ce qui laisse du temps à la réflexion pour concevoir un tel système, mais qui ne dispense pas d’y réfléchir dès à présent.
Quant aux socialo-gauchistes qui s’opposent à un tel système, il va falloir qu’ils avancent de très bons arguments, car un tel système existe aujourd’hui pour les fonctionnaires. Du reste, il serait intéressant de réexaminer la manière dont Préfon Retraite a été financé à son lancement mais je ne serais pas étonné que cela a été fait avec des fonds publics donc nos impôts et pas seulement les versements volontaires des agents publics.
Il n’y a pas de solution finançable sans la désindexation-baisse des retraites affectée à l’investissement créateur d’emplois nets et la remontée du taux d’emploi (notamment, mais pas que par recul âge retraite).
En théorie, le rendement supérieur de la capitalisation permettrait d’emprunter les sommes à verser en retraites déjà dues (vous placez à 7% et vous empruntez sous les 3,5%… Mais les montants sont tellement énormes que personne n’osera.
Retailleau n’est pas fou, une réforme systémique demanderait inévitablement des efforts à son électorat à 90% retraité. C’était exactement pour la même raison qu’Edouard Philippe avait saboté la retraite à point de Macron car ses services l’avaient informé que la situation financière était si dégradée qu’il aurait fallu actionner le mécanisme de baisse des pensions à environ six mois du premier tour de la présidentielle de 2022, en sachant que c’est une situation similaire qui a conduit à la chute vertigineuse de Nicolas Sarkozy.
IL faut juste pousser Retailleau dans ses retranchements , calculette en mains . Quant à favoriser le travail au delà de 64 ans pourquoi soumettre cette liberté à une contrainte ? C’est biaiser encore une fois la solution.
Le recul de l’âge légal vise en fait à empêcher de partir des travailleurs manuels ayant déjà leurs trimestres à 59 ans pour abonder les grasses pensions des électeurs LR qui sont le plus souvent des bureaucrates partis en retraite à 55 ans du temps de Chirac et de Sarkozy. Dit autrement, c’est du socialisme à l’envers.
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Si parler de la capitalisation n est plus tabou pour qq candidats à la présidentielle de 2027, les projets sont très flous voir ingerables
Sans mesures fortes et claires la capitalisation restera dans les tiroirs après qq tables rondes
Ça ressemble comme 2 gouttes d eau à la réforme intéressante de la retraite à points avortée de notre PR en 2019
Ce dossier n avait pas été travaillée en amont et a démarré dans l improvisation la plus totale vers un fiasco
Comment voulez vous que Retailleau fasse autrement ? son coeur de cible electoral c est les retraités. Il ne peut que dire qu on va maintenir (voire augmenter) les pensions actuelles. Evidement ca veut dire que les jeunes devront payer 2 fois (mais ca il ne le dit pas trop fort et au pire c est pas tres grave car electoralement les jeunes generations ne valent pas grand chose)
PS: Lisnard a exactement le meme probleme. J ai vu une interview de lui (sur thinkerview). j ai ete tres decu. On aurait cru entendre Sarkozy en 2007. Pas un mot sur 50% de la depense (secu+pension) et sa seule proposition d economie c est la fonction publique (comme Sarko et ca fera comme avec Sarkozy : rien!)
La capitalisation comme l augmentation de la durée de travail vers 67 ans ne va concerner que les actifs pas les retraités qui ne seront intéressés que par la desindexation des pensions
Vous oubliez que les retraités ont des enfants voir petits enfants qui sont des actifs donc ils sont concernés indirectement par les nécessaires réformes structurelles
Quand au passage du tout répartition a un système mixte obligatoire répartition/capitalisation, il suffirait que l état vende ses très nombreuses participations soit 150 milliards sur un total de 210 qui pourraient servir d amorçage
Et c’est pour ça que les petits-enfants votent souvent Mélenchon, pour faire un bras d’honneur aux grand parents chantant les louanges d’un Milei et du régalien alors que les mêmes pouvaient jeter des pavés en mai 68 en scandant « CRS = SS »…
Autre source d’amorçage: En plus de la cotisation à la retraite des parents, que tout le monde paye, faire cotiser au fond de capitalisation les couples qui n’élèvent pas d’enfants avec les 300 000€ qu’ils économisent en n’élevant pas 2 enfants. (environ 350€ par mois par salaire sur 40 ans)
Pour info, 20% des retraités actuels n’ont pas élevé d’enfant ce qui majore toutes les cotisation de… 25%.. Ca personne ne vous le dit !
Financer les fonds de capitalisation destinés aux jeunes salariés tout en continuant de financer les retraites en cours ne sera posible qu’avec l’assainissement des comptes publics, ce qui laisse du temps à la réflexion pour concevoir un tel système, mais qui ne dispense pas d’y réfléchir dès à présent.
Quant aux socialo-gauchistes qui s’opposent à un tel système, il va falloir qu’ils avancent de très bons arguments, car un tel système existe aujourd’hui pour les fonctionnaires. Du reste, il serait intéressant de réexaminer la manière dont Préfon Retraite a été financé à son lancement mais je ne serais pas étonné que cela a été fait avec des fonds publics donc nos impôts et pas seulement les versements volontaires des agents publics.
Il n’y a pas de solution finançable sans la désindexation-baisse des retraites affectée à l’investissement créateur d’emplois nets et la remontée du taux d’emploi (notamment, mais pas que par recul âge retraite).
En théorie, le rendement supérieur de la capitalisation permettrait d’emprunter les sommes à verser en retraites déjà dues (vous placez à 7% et vous empruntez sous les 3,5%… Mais les montants sont tellement énormes que personne n’osera.
Retailleau n’est pas fou, une réforme systémique demanderait inévitablement des efforts à son électorat à 90% retraité. C’était exactement pour la même raison qu’Edouard Philippe avait saboté la retraite à point de Macron car ses services l’avaient informé que la situation financière était si dégradée qu’il aurait fallu actionner le mécanisme de baisse des pensions à environ six mois du premier tour de la présidentielle de 2022, en sachant que c’est une situation similaire qui a conduit à la chute vertigineuse de Nicolas Sarkozy.
IL faut juste pousser Retailleau dans ses retranchements , calculette en mains . Quant à favoriser le travail au delà de 64 ans pourquoi soumettre cette liberté à une contrainte ? C’est biaiser encore une fois la solution.
Le recul de l’âge légal vise en fait à empêcher de partir des travailleurs manuels ayant déjà leurs trimestres à 59 ans pour abonder les grasses pensions des électeurs LR qui sont le plus souvent des bureaucrates partis en retraite à 55 ans du temps de Chirac et de Sarkozy. Dit autrement, c’est du socialisme à l’envers.