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jeudi 15 octobre 2026

Retraites des fonctionnaires : décidément, la Cour lit nos articles !

Temps de lecture : 2 minutes

Nous venons de signaler une note de la Cour des comptes sur la masse salariale publique qui confirme les constats de l’IREF-Contrepoints : des effectifs qui augmentent plus vite que la population et des rémunérations qui progressent malgré quatre années de gel du point d’indice. Vingt-quatre heures plus tard, la Cour publie un rapport sur les retraites des fonctionnaires de l’État. Même méthode, même conclusion : ce que nous écrivons depuis des années se vérifie.

Il y a quelques mois, nous avons révélé  le décret publié le 26 décembre 2025, jour où personne ne lit le Journal officiel, qui augmente le taux de cotisation de l’Etat employeur de 78,28% à 82,28% le 1er janvier 2026 ! L’Etat augmente la dotation aux retraites des fonctionnaires. Or, ceux qui payent sont… les contribuables. La Cour le confirme : le taux a bien été relevé de quatre points en 2026. Comme nous l’avons maintes fois martelé, cette contribution n’est pas une cotisation mais un agrégat opaque. En le décomposant, la Cour isole 22,1 milliards d’euros de déséquilibre démographique, 3,9 milliards de départs anticipés, 1,7 milliard de majorations pour enfants et 0,4 milliard d’invalidité. Soit 28,1 milliards qui ne relèvent en rien de l’État employeur. Le taux d’équilibre réel tomberait à 44,1 % pour les civils et 51,2 % pour les militaires. L’écart avec les taux affichés : 24 milliards d’euros. Au total, le contribuable a versé 47,6 milliards d’euros en 2025 pour les seules retraites des fonctionnaires de l’État, sur 65,1 milliards de pensions payées, les cotisations des agents n’en couvrant que 7,5 milliards.

Le rapport apporte un second enseignement, et il valide un autre point sur lequel nous ne cessons d’insister. Contrairement à tous les autres régimes, celui des fonctionnaires de l’État n’est géré par aucune caisse de retraite. L’État demeure seul débiteur des pensions de ses agents, et ses engagements à ce titre ne figurent pas à son passif mais hors bilan : 1 366 milliards d’euros fin 2025, dont 58 % correspondant à des agents déjà partis. La Cour écrit elle-même que cette inscription hors bilan plutôt qu’au passif « pourrait être discutée » — mais elle ne préconise pas pour autant de créer une caisse, estimant que la clarification peut s’opérer au sein du compte d’affectation spéciale. Pas de caisse, donc pas de comptes à rendre. Et pas davantage de « dialogue » : la Cour constate qu’il n’existe aucune instance traitant des retraites des fonctionnaires de l’État. Le débat annuel prévu par la loi de 2014 ne s’est pas systématiquement tenu, et les syndicats eux-mêmes n’y ont vu autre chose qu’une réunion d’information. Sur ce point, écrit-elle, rien n’a progressé depuis son rapport de 2016. Un régime qui, selon la Cour, coûte environ 15 % des dépenses du budget de l’État, fonctionne ainsi sans caisse, sans bilan et sans contrôle !

La Cour propose de mieux présenter le problème ; nous proposons de le résoudre, en sortant de la fiction d’un État qui se verse à lui-même des cotisations financées par l’impôt, en allant au bout de la convergence entre public et privé et en supprimant le statut sauf pour les missions régaliennes de l’Etat. Pour le moment, le gouvernement ne mentionne même pas le régime de retraite des fonctionnaires dans son budget 2027. Ce sont les retraites du privé qui sont visées.

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28 réponses

  1. Quand se decidera t on à aligner tous les régimes et feuilles de paye complètes, privé-public, en un seul système… comme ont fait les scandinaves ?

  2. Encore une fois faut-il s’en étonner ? au fil de ces 50 dernières années toutes les grandes villes voulaient leurs écoles administratives ou autres universités d’ou sont sortis par millier des diplômés sans autres avenirs que dans les fonctions publiques administratives et comme diplômés même si ces diplômes n’ont de valeur que le papier, ils ont tous des prétentions financières hors normes face à un rendement médiocre sauf quand il faut faire payer leurs errements par les autres. Aujourd’hui encore quand un élève a des prétentions techniques comme apprentis, compagnon ou ingénieur il passe pour un âne dans le monde enseignant, et ne déplaise cela est aussi un cadeau qu’il nous reste du gauchisme de 68.

    1. @Laurent46 : les soixante-huitards étaient des bourgeois et ils sont tout à fait en phase avec les valeurs traditionnelles de la bourgeoisie française dont la caractéristique est de singer l’aristocratie, dit autrement, elle se doit d’être rentière ou à la rigueur occuper des métiers « nobles » tels que politique, haut fonctionnaire ou chercheur au CNRS pour la beauté de la recherche. Et les autres métiers, c’est bon pour « ceux qui ne sont rien », voire pour nos anciennes colonies qu’on importe sur notre sol car ils sont moins chers et plus dociles que ces cochons de « Gaulois réfractaires »…

  3. Le pire c’est qu’ils vivent longtemps les fonctionnaires, ils ne sont pas fatigués lorsqu’ils arrivent à la retraite !

  4. Les décideurs étant eux mêmes des fonctionnaires, il ne faut espérer que les règles changent rapidement. En attendant, on continuera d’accuser les retraités actuels d’avoir coulé la France.

  5. A titre de « consolation » on n’oubliera pas que le fonctionnaires retraité est soumis à l’IR comme les autres et d’autant plus que sa retraite est plus élevée…Il se subventionne en quelque sorte…..

  6. En gros, avec les 25 meilleures années, un salarié du privé peut espérer au mieux 50% de son dernier salaire.
    Dans le public, on est promu durant les 6 derniers mois. Le retraité a alors droit à 75% de ce dernier salaire.
    Balladur était soi-disant courageux : il s’est contenté de baisser les retraites du secteur privé.
    Mais il n’a jamais osé s’attaquer aux retraites du secteur public.

    1. Passée en douce pendant le mois de juillet 1993, la réforme Balladur n’a été comprise qu’au moment de son application des années plus tard.
      Si la moyenne des 25 ans a ete comprise… la désindexation ne s’est vu qu’au moment du calcul. Beaucoup d’années cotisées au plafond n’ont pas été considérées comme telles.

    2. A l’époque on pouvait considérer que le fonctionnaire au cours de sa carrière était moins bien payé que le salarié du privé, ce qui est me semble-t-il toujours le cas. Ceci était censé compenser cela…..

        1. Les « petits fonctionnaires » sont au Smic, mais avec un emploi stable là où le précariat est la norme dans les emplois privé de qualification équivalente,, d’où une certaine jalousie de ceux ayant préféré faire la fête que travailler à l’école pour préparer les concours, Milei ayant largement joué sur cette jalousie pour se faire élire.

  7. Pour se justifier, les fonctionnaires de la Cour des comptes affirment dans la synthèse de leur rapport :
    « Au total, malgré la subsistance de différences de règles, en ne considérant que les fonctionnaires sédentaires, la pension des fonctionnaires partis récemment à la retraite ne serait guère différente en appliquant les règles du secteur privé. »

    Si c’est vrai, alors fusionnons tout de suite. Mais cette affirmation est peu crédible quand on voit l’acharnement des fonctionnaires à lutter contre tout alignement de leur régime sur le régime général des salariés.

  8. Ce pays est mis en coupe réglé par les fonctionnaires à leur profit. Retraite à 60 ans avec 75% du salaire. Et c’est Nicolas qui paye!

  9. Merci pour ce nécessaire travail de mise en lumière que vous effectuez jour après jour. Ce travail est un préalable indispensable. Une imposture dévoilée est morte.

  10. « un État qui se verse à lui-même des cotisations financées par l’impôt » : j’ai l’impression de voir Don Salluste dans la Folie des Grandeurs qui, après avoir été récupérer les impôts dû à la couronne au début du film, commence à piocher dedans et en prend une partie pour lui même : « Tout ça c’est pour le Roi ! … Mais ça c’est pour moi, puis ça c’est pour moi, et ça aussi c’est pour moi »

  11. Du coup les vrais problèmes des retraites sont ceux de la fonction publique qu’il faudra régler au plus vite ( par exemple : pas de remplacement et rattrapage progressif avec le privé)

  12. J’ai du mal avec les chiffres à la fin du deuxième paragraphe :
    S’il y a 65,1 milliards de pensions versées, pour 7,5 milliards de cotisations prélevées sur les traitements des fonctionnaires, la différence versée par l’état employeur, c’est-à-dire par le contribuable, est de 57,6 milliards et non de 47,6 milliards, non ?

  13. Je devine que bon nombre des intervenants seront de cette époque où on entrait dans une entreprise et où on faisait toute sa carrière jusqu’à la retraite. Et c’est une époque révolue et sont en particulier survenues les fusions-acquisitions massacrant l’emploi dans les sièges sociaux des grands groupes. Et des diplômés au chômage étant une menace potentielle pour l’Etat, celui-ci a deux options : le plomb ou l’argent. Et le plomb, ça va avec la racaille, pas avec des enfants de bourgeois pouvant jouer au tennis avec les élus…

  14. Dans ce ssysstème de répartition ,il serait assez juste et equitable ,d amputé de 30% les retraitees des célibataires n ayant PARTICIPÉS A LA PERDURATION DU SYSTÈME !!! Ces celà l équité sociale …

  15. Il nous faut la vérité des chiffres ! pouvez-vous nous les communiquer ? Merci.
    Quel est le coût réel pour l’état, donc des contribuables, des retraites du secteur public ?
    Même question pour le secteur privé ?

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