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mercredi 11 mars 2026

Retraites : quand allons-nous prendre en compte l’espérance de vie en bonne santé ?

Temps de lecture : 2 minutes

La DREES a publié en janvier 2026 sa dernière étude annuelle sur l’espérance de vie sans incapacité à partir des plus récentes données disponibles. Elle indique le nombre d’années qu’une personne peut espérer vivre sans limitations dans les activités de la vie quotidienne. Les résultats confirment une tendance de fond que nos décideurs politiques devraient un peu plus prendre en compte quand ils parlent des retraites.

En 2024, à 65 ans, l’espérance de vie sans incapacité atteint en moyenne 11,8 ans pour les femmes et 10,5 ans pour les hommes. Depuis 2008, elle a progressé d’un an et neuf mois pour les deux sexes, progression particulièrement marquée entre 2008 et 2019 mais qui ne s’est pas interrompue ensuite. Depuis 2019, l’augmentation a été de quatre mois pour les femmes et d’un mois pour les hommes.

Plus généralement, entre 2008 et 2024, l’espérance de vie à 65 ans a augmenté de 1,1 année pour les femmes (de 22,5 années en 2008 à 23,6 années en 2024) et de 1,7 année pour les hommes (de 18,2 années en 2008 à 19,9 années en 2024).

Dans les comparaisons internationales, la France a de très bons résultats. La DREES nous explique qu’« en 2023, la France était le 3ème pays de l’Union européenne à 27 (UE-27) pour l’espérance de vie sans incapacité des femmes à 65 ans, supérieure de 2 ans et 5 mois à la moyenne européenne. Pour les hommes, la France se situe au 7eme rang de l’UE-27, au-dessus de la moyenne européenne. »

Ces données entrent largement en contradiction avec le fonctionnement actuel du système de retraite français. Pour rappel, l’âge légal de départ est de 62 ans et 6 mois pour les personnes nées en 1962 et de 64 ans pour les personnes nées en 1968 ou après. Ces chiffres sont parmi les plus bas en Europe.

Alors que les Français vivent plus longtemps et conservent plus durablement de bonnes capacités fonctionnelles, maintenir un âge effectif de départ aussi bas revient à ignorer le vieillissement démographique, pourtant largement documenté. Intégrer l’espérance de vie en bonne santé dans le pilotage du système de retraite plaide, logiquement, pour une augmentation progressive de l’âge légal.

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9 réponses

  1. Et quand allons nous prendre en compte le fait qu’un couple sans enfant n’a pas « cotisé » à la répartition et doit donc être exclu du système et se faire sa propre retraite par capitalisation avec largent économisé. (360 000€ économisés pour 2 enfants, capitalisée sur 40 ans, cette somme produit une retraite de 5000€ par mois…)

    1. Quelle bonne idée. D’ailleurs pour ceux qui ont eu des enfants, une bonne dose de capitalisation ne serait pas un mal non plus!

  2. Si j’étais médecin, je m’inquiéterais. Plus il est difficile de se faire soigner, plus l’espérance de vie augmente. Nous aurait on menti ?

  3. Je persiste à dire que ce n’est pas l’âge de départ à la retraite qui est essentiel pour déterminer la façon de préserver le système mais le nombre d’années de cotisation.
    Une adaptation peut être imaginée pour tenir compte de la natalité afin de garantir l’efficience du système ou/et le taux de cotisation pourrait être modulé.

    1. Pour la société et les entreprises l age de depart a la retraite reste un signal important qui marque les esprits
      D ailleurs tous nos voisins ont gardé ce seuil

  4. La durée vie en bonne retraite varie sensiblement suivant qu’on soit un travailleur en première ligne ou un bureaucrate, la Chine a d’ailleurs un âge différencié, mais en France, arroser toute une cohorte de bureaucrates partis précocement en retraite est le fond de commerce des partis du bloc gouvernemental, d’où l’aberration des pensions augmentant plus vite que les salaires des cotisants…

  5. Tous ces commentaires oublient une chose, partir à la retraite plus tard d’accord, mais faut commencer par créer du travail, or nous n’avons plus d’industrie, l’agriculture s’effondre, et nous avons une fonction publique pléthorique, qui coûte « la peau des fesses ». De plus avec IA le travail bureaucratique va être réduit à la portion congrue.

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