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lundi 8 décembre 2025

Selon Geoffroy Roux de Bézieux, « le libéralisme, c’est des règles »

Temps de lecture : 2 minutes

L’ancien Président du Medef a multiplié les propos incongrus sur Franceinfo. Geoffroy Roux de Bézieux est un homme intelligent et sûrement un excellent chef d’entreprise. Mais pourquoi ses propos sont-ils si confus, mêlant positions justifiées et aberrations ? Cette question, nous nous la posions déjà lorsqu’il était à la tête du Medef entre 2018 et 2023 et ce n’est pas son entretien du 5 novembre sur Franceinfo qui aura dissipé nos doutes.

Pourtant, l’entretien avait bien commencé. Alors que Gilles Bornstein l’interrogeait de manière tendancieuse sur les votes des députés RN relatifs à la taxation des plus riches, Geoffroy Roux de Bézieux a dénoncé le « en même temps » de la représentation d’extrême droite dont la lisibilité n’était pas la qualité première.

C’est ensuite que les choses se sont sérieusement gâtées :

  • Shein ? Il faut l’interdire, même si l’ancien Président du Medef a reconnu que cette interdiction n’était sans doute pas légale…
  • L’Europe ? « Il faut, sur un certain nombre de secteurs choisis, stratégiques, faire du protectionnisme européen ». « On n’a plus le choix », a-t-il cru bon d’ajouter, devant deux capitalismes à combattre : le capitalisme américain, « en train de devenir oligarchique » (c’est la rhétorique de Gabriel Zucman !), et le « capitalisme d’État » chinois. Mais justement, l’Union européenne « ne fonctionne plus ». En cause la manque « d’harmonie fiscale » et en conséquence le « dumping fiscal ». Selon lui, la solution tiendrait à changer la méthode de vote et à mettre fin à « l’unanimisme européen ». Bien qu’il n’en ait pas tiré les conséquences expressément, ce serait la consécration de l’idée, notamment socialiste, de votes à la majorité qualifiée et du transfert à Bruxelles de la « souveraineté des Etats », donc à terme la création d’un État européen, au surplus centralisé, au mépris du principe de subsidiarité.
  • Mais tout de même, a demandé la journaliste économique sur le plateau, ne serait-ce pas un précédent à l’égard de la liberté d’entreprendre que cette interdiction de Shein ? Voici la réponse stupéfiante de notre dirigeant d’entreprise à cette question pertinente : « Le libéralisme, contrairement à ce que croient un certain nombre de gens, ce n’est pas la jungle, c’est des règles ». Certes, mais les règles de l’état de droit ne sont pas celles du droit de l’Etat.
  • La taxation des plus riches ? « Pourquoi ne pas faire un effort ? », a-t-il répondu devant un Gilles Bornstein médusé, mais sûrement ravi. Il a toutefois immédiatement ajouté : « A condition que l’argent soit bien dépensé ». Or, l’État étant une « baignoire sans fond », on peut certes se dire que la condition ne serait pas remplie de sitôt (contrairement donc à la baignoire…). La taxe sur les holdings ne serait « pas forcément absurde », a-t-il poursuivi…
  • Le conclave avorté sur les retraites ? « Il faut toujours mieux signer un accord que laisser le gouvernement prendre la main ». Autrement dit, mieux vaut un mauvais accord entre « partenaires sociaux » qu’un mauvais État…

Cette dernière citation donne peut-être la clef des positions confuses de Geoffroy Roux de Bézieux. A force de tomber dans un capitalisme de connivence et en définitive de vouloir préserver le modèle social français, on se perd.

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6 réponses

  1. G Roux de Bezieux ne fait qu adapter ses propos a l air du temps comme tous les intervenants des plateaux TV!!!!
    C est la condition pour être réinvite……

  2. Je trouve que le mot « intelligence », galvaudé, demande a être défini avec plus de précision. Ce monsieur est très certainement doté d’une immense mémoire lui permettant d’alimenter une certaine éloquence, mais de là à parler d’intelligence !
    Lintelligence consisterait à dire:
    « L’entreprise crée la richesse du pays et, à ce titre doit etre, tel un pur sang, allégée au maximum de toute entrave à cette mission ». Veiller à cela devrait être la fonction première du politique et des gouvernements.
    Faisons le et les entreprises françaises n’auront plus besoin d’être « protégées ».

  3. Ne pas oublier que Geoffroy Roux de Bézieux est sur Franceinfo. Prendre également en compte que ce monsieur a un business à faire vivre. Il est là pour défendre son business et refiler un coup de doré sur le blason attaqué des chefs d’entreprises , par pour dire ce qu’il pense. Quand on est patron en France, aller défendre les thèses libérales sur Franceinfo , c’est un peu se mettre dans les sandales de Jésus quand il disait ses quatre vérités aux pharisiens. G R de Bézieux n’est pas Jésus , on s’en serait douté .

    1. Certes, Monsieur, mais le discours de Geoffroy Roux de Bézieux était similaire ou semblable sur d’autres chaînes quelques jours avant…

  4. Le socialisme étant une religion d’état en France, toute pensée non orthodoxe est rapidement jugée suspecte voire dangereuse. Les libéraux sont des hérétiques qu’il faut débusquer. Tous propos qui pourraient contester le modèle social (que le monde nous envie mais jamais ne copie), le consentement à l’impôt (oxymore) et l’étatisme débridé qui prévalent actuellement doit être vilipendé.
    D’où les propos de ce monsieur, qui est peut-être un « bon » chef d’entreprise (sur quels critères ?) mais surtout un parfait exemple de ce que peut produire le « crony capitalism » !
    On n’est pas sorti des ronces avec ce genre de propos, c’est navrant !

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