Si l’on en croit les syndicats, il y aurait au moins 2,5 millions de travailleurs syndiqués. La CFDT en revendique 640 000 ; la CGT, plus de 600 000 ; FO, 350 000 ; la CFE-CGC, 170 000 ; et la CFTC, 156 000. Les cinq organisations dites « représentatives » compteraient donc 1,9 million d’adhérents. Il convient d’y ajouter les membres des autres syndicats, dont les principaux sont l’Unsa (200 000 cotisants), la FSU (160 000) et l’Union syndicale Solidaires (110 000). Il existe encore une foultitude de syndicats en tout genre qui font monter les chiffres possiblement au-delà des 2,5 millions annoncés en ouverture.
Dans sa dernière publication sur la syndicalisation qui date de 2021 mais porte sur les données 2019, la direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (Dares) du ministère, annonce 10,3% de salariés syndiqués. Sachant qu’il y avait cette année-là 25,5 millions de salariés (privé et public), cela donnerait un nombre de syndiqués autour de 2,6 millions.
Syndicats et ministère du Travail semblent donc, pour une fois, parfaitement accordés. Le problème avec ces chiffres est qu’ils sont déclaratifs. Les premiers sont produits par les syndicats eux-mêmes, le second est calculé par la Dares à partir des déclarations des salariés.
Il existe une autre source à laquelle il est rarement fait référence, c’est la direction générale des Finances publiques (DGFiP). Dans sa note du 18 novembre 2025, que Contrepoints a déjà évoquée, elle comptabilise les foyers fiscaux qui déclarent avoir versé des cotisations syndicales. Ils sont 1,32 million.
C’est une donnée qui nous semble autrement plus fiable que les précédentes. Les salariés du privé comme du public (fonctionnaires ou non, y compris les militaires), les retraités et les chômeurs peuvent en bénéficier, et l’on ne voit vraiment pas pourquoi ils se priveraient de l’opportunité de réduire leur impôt. Certes, certains contribuables non imposables peuvent avoir omis de faire une déclaration de revenu sans laquelle ils ne peuvent pas avoir droit à leur crédit d’impôt de 66% sur la cotisation versée. Mais ce serait étonnant qu’1,2 million de contribuables omettent de demander leur crédit d’impôt à l’Etat.
Certes, la donnée n’est pas parfaite car elle s’appuie sur les foyers fiscaux. Or, il peut avoir plusieurs membres du foyer qui adhérent à un syndicat. Mais comme les retraités sont comptabilisés, nous pouvons considérer que, l’un dans l’autre, le chiffre de la DGFiP est le plus pertinent.
Un calcul rapide nous permet de donner un taux de syndicalisation inférieur à 5% (1,32 million de syndiqués sur 27 millions de salariés). Sachant que les fonctionnaires sont bien plus syndiqués que les autres salariés, il est probable que le taux de syndicalisation dans le secteur privé ne dépasse pas les 3%.
Il est clair que les syndicats ne représentent plus les salariés. Il serait temps d’arrêter de les consulter, de les contenter et de les subventionner.
11 réponses
Très bien, et vous proposez quoi pour remplacer les syndicats : les instituts de sondage ?
Le faible taux de syndicalisation n’est certainement pas une bonne nouvelle, y compris pour les employeurs, et reflète bien le manque d’engagement des plus jeunes qui sont bien contents de profiter des accords d’entreprise négociés par leurs syndicats mais qui ne veulent surtout pas se mouiller.
J’ai fait toute ma carrière dans une entreprise privée, les syndicats n’avaient rien à voir avec la caricature qui est en faite par les cheminots ou Sophie Binet. Même la CGT signait des accords !
S’ils étaient moins politisés ils seraient mieux vus! Ils n’ont pas à s’engager.
En fait, Il faudrait idéalement faire deux choses:
– établir le chèque syndical ou chaque salarié désignerait obligatoirement le syndicat bénéficiaire. (en lieu et place des subventions).
– Laisser de nouveaux syndicats à l’allemande se mettre en place,
L’ensemble assurerait:
1 une vraie représentation des salariés
2 la mort a terme des syndicats marxisants qui ne servent que les intérêts de la FP.
Surtout de les subventionner !
Désolé, j’ai été syndiqué et vraiment écœuré il ne défend plus les travailleurs, on a vu lors des masques du COVID et des injections ils ont pas défendus les soignants et eux cela ne les empêchaitent pas de faire des congrès ou de faire un repas alors que les soignants qui perdait leur travail avait de l’argent par d’autres associations ce sont les avocats qui se sont battus pour les soignants. Et pour les salariés se sont pas les syndicats. Je l’ai vu quand on avait l’obligation de porter le masque, j’étais une rebelle et je comprenais pas que les syndicats Noovre pas leur gueule.
Syndicatho (https://syndicatho.org) a bien défendu les soignants et protesté contre les mesures contraignantes prises à leur encontre.
De façon générale, Syndicatho, qui ne bénéficie d’aucune subvention, ne finance aucun congrès ni aucun repas, dénonce tout recours à la contrainte exercé par quiconque contre quiconque, en s’appuyant sur la doctrine sociale de l’Église (DSÉ) :
– « Tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit. » (Compendium de la DSÉ, article 155).
– « La société et l’État ne doivent pas contraindre une personne à agir contre sa conscience, ni l’empêcher d’agir en conformité à celle-ci » (Compendium 421).
Syndicatho recherche des personnes disposées à le représenter chez leur employeur (privé ou public). Merci d’avance aux candidats qui se déclareront !
Je vous rejoins en ce qui concerne l’attitude des syndicats pendant le Covid. Ils ont fait comme tout le monde et ne se sont pas grandis !
que les syndicats soient subventionnés par nos impôts est tt a fait inadmissible surtout avec un taux de 3%, ce devrait être les syndiqués qui devraient les payer
L’un des plus faibles taux de syndicalisation dans le secteur privé en Europe 0!
Exceptionnel !
c’est normal il ne se rappellent plus a quoi ils étaient destinés. Défendre les salariés et les protégés, vous en voyez beaucoup qui le font encore, non. Tout ce qu’ils veulent c’est du fric, quiconque a un peu de responsabilités , cherchent le fric encore le fric et toujours le fric, pour eux bien sur.
C’est vrai que la liberté de se syndiquer existe en France, quelle chance!!!
Mais que penser comme en Allemagne ou il faut être syndiqué pour avoir un emploi, le syndicalisme étant lié aux conventions collectives heureusement pas toutes
Quant aux pays nordiques, c’est encore mieux, pas de choix, emploi = syndiqué.
S’il ne trouve pas de job, ils peuvent s’inscrire au chômage, taux de remplacement + de 70%, en France 58.4%, inferieur à la moyenne européenne (sic)