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samedi 18 avril 2026

Les syndicalistes qui négocient avec le MEDEF sur les contrats courts sont très loin du monde de l’entreprise

Temps de lecture : 2 minutes

Les « partenaires sociaux » vont, ces jours-ci, essayer de s’entendre sur une réforme du recours aux contrats à durée déterminée et aux missions d’intérim. Les négociations ont commencé en mai 2025, elles ont déjà abouti à un système de « bonus-malus » sur les contrats courts incitant fortement les entreprises à embaucher plus de CDI dans quelques secteurs qui y ont beaucoup recours (transports, hébergement, restauration…). Cela ne concerne pour le moment que 15 % des entreprises de 11 salariés ou plus. Les syndicats veulent aller plus loin car ils considèrent qu’il y a trop de contrats courts (CDD et intérim) en France : près de 10 % de l’emploi total en 2024.

Plusieurs commentaires s’imposent. Le premier est une sorte de leitmotiv : de quoi l’Etat se mêle-t-il ? C’est d’abord aux entreprises de décider des contrats elles proposent, en fonction de leurs besoins et de leurs activités.  Et si l’on veut plus de CDI en France, il faut faciliter les licenciements. Si le marché de l’emploi était plus flexible,  les employeurs craindraient moins de s’engager à long terme avec des employés.

Ensuite, nous avons donné plusieurs fois notre position sur ce qu’on appelle le « dialogue social » – en réalité, un monologue social, les syndicats s’opposant de manière systématique à toute réforme. On pourrait même parler d’un monologue antisocial puisque, on le sait, ils ne représentent plus personne : le taux de syndicalisation en France se situe entre 3 et 5 % !

Nous nous sommes aussi intéressés à ceux  qui négocient avec le MEDEF et avons été un peu surpris de constater qu’il s’agit de syndicalistes professionnels, très éloignés du monde de l’entreprise. Parmi eux, Denis Gravouil, qui a été secrétaire général de la fédération CGT du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle entre 2013 et 2023. Il est surtout connu pour avoir rédigé le texte apostrophant la ministre de la culture, Rima Abdul-Malak, lors de la cérémonie des Molières en 2023 ; lu sur scène par deux comédiennes, il dénonçait  « la précarité dans le monde du spectacle ». Il y a aussi le représentant de la CFDT, Yves Ricordeau, ancien « technicien de Sécurité sociale » (1998-2003) et depuis syndicaliste professionnel ; Frédéric Belouze (CFTC), sportif, athlète, entraîneur d’athlètes et fondateur d’Hathor Sports qui propose des « expériences sportives » ; et Michel Beaugas, le négociateur de FO, ancien juge prud’homal à Caen et lui aussi, depuis de nombreuses années, syndicaliste professionnel auprès de Jean-Claude Mailly et d’autres.

On ne peut pas vraiment dire que leur expérience, aux uns et aux autres, leur confère une autorité probante pour se prononcer sur les contrats courts ou longs dans l’univers complexe des entreprises privées. Leurs secrétaires générales, Sophie Binet (CGT) et Marylise Léon (CFDT), n’en ont d’ailleurs pas plus. Ce qui n’empêche pas tout ce petit monde de se poser en juges et arbitres d’un sport qu’ils n’ont jamais pratiqué…

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8 réponses

  1. OUI mais très proche du monde public, parapublic et associatif. Dans les faits très proche de l’assistanat Républicain. C’est la nouvelle culture Française il suffit d’analyser les votes en fonction des programmes. La France des fainéants, mendiants, assistés et voleurs pour payer tout ce monde des loisirs devenu majoritaire qui ne glande que sur les fonds publics.

  2. Je suis aide soignant et dans mon secteur d’activité, de plus en plus de professionnels REFUSENT des CDI et choisissent délibérément de ne travailler qu’en CDD et/ou intérim.

  3. Assez surpris de cet article au demeurant plutôt mal renseigné, en tout cas me concernant. En effet, si je suis passionné et pratiquant d’athlétisme, il s’agit d’une activité exercée en loisir à côté de mon activité professionnelle et suis je suis entraîneur c’est à titre bénévole sur mon temps libre comme cela est largement majoritaire dans le monde associatif. N’en déplaise à l’auteur de l’article je suis bel et bien salarié dans une entreprise privée et délégué syndical au sein de cette entreprise qui du fait d’un accord « droit syndical » me dégage le temps nécessaire pour des missions confédérales interprofessionnelles. Après cela fait-il de moi un interlocuteur légitime sur ces questions, certainement penserez-vous que non.

    1. Merci de votre commentaire. Nous n’avons nullement trouvé l’entreprise dans laquelle vous êtes salarié, pardon, délégué syndical. Cordialement,

    2. Bonjour.
      Ayant « managé » des équipes en entreprises industrielles, mon expérience fut que la présence d’un délégué syndical dans l’équipe signifiait en général son absence au poste de travail, tellement il cumulait de délégations. En réalité, l’entreprise payait un syndicaliste à temps plein qui ne produisait rien et qui, pire que ça, grevait la productivité et par conséquent les revenus de ses infortunés collègues qui avaient la « chance » de le compter dans leur équipe.
      Serait-ce en partie votre cas ?

      1. Albatros oh combien avez vous raison . Je connais même une entreprise qui compte dans ses effectifs un chauffeur livreur syndiqué qui ne sait même pas à quoi ressemble un camion et qui lors de ses déplacements fréquents à Paris se fait rembourser systématiquement un carnet de tickets de métro ( par jour ).
        Ces revendicateurs professionnels devraient prendre des leçons sur le syndicalisme allemand , car eux ont compris que leur intérêt c’est que l’entreprise fonctionne le mieux du monde .
        En France on est très loin de ce comportement constructif.

  4. Les productifs n’ont pas encore intégré le changement induit par la concurrence mondiale : aucune entreprise ne peut garder indéfiniment tous ses secteurs de production et les mêmes compétences de ses contributeurs. L’entreprise doit s’adapter ou mourir (ce que la France sait faire : 1/3 de la population travaille contre 1/2 chez nos voisins).
    Le problème est que les syndicats ne savent fonctionner que dans les entreprises.

    Pour protéger et aider l’évolution de carrière des personnes, il faut inverser la logique et donner la priorité aux sociétés de prestations de services où les salariés sont aidés, formés et suivis pour trouver et tenir les meilleurs postes, au fur et à mesure de l’évolution des demandes. Sociétés de services éventuellement organisées en cabinet de conseil ou en coopérative. Ce serait l’intérêt de tout le monde dans ce monde changeant. Le CDI ne serait plus que l’un des outils de l’entreprise pour s’attacher certaines compétences clés. Plus une obligation contraignante et inflexible.

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