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vendredi 16 janvier 2026

Transmissions d’entreprises : de la grande passation à la grande spoliation

Temps de lecture : 2 minutes

La grande passation (ou grande bascule) désigne les 370.000 entreprises qui pourraient être cédées dans les prochaines années en raison du départ à la retraite de leurs dirigeants. Dans une étude, Bpifrance attire l’attention sur les enjeux qui y sont liés en termes de savoir-faire, d’emplois (3 millions seraient concernés d’ici 2030) et de dynamisme territorial.

Mais céder son entreprise ne va pas de soi. D’un côté, en effet, nous trouvons des dirigeants qui ne sont pas psychologiquement prêts à passer la main – et qui doivent parfois faire le « deuil » de ce qu’ils ont créé –, qui ne sont pas préparés alors qu’il faut parfois plusieurs années pour envisager la suite, et qui trouvent souvent les offres de reprise trop faibles. De l’autre, nous avons des repreneurs qui ont du mal à trouver les financements nécessaires, qui ont du mal à s’accorder sur un prix juste avec les cédants, qui sont rebutés par les démarches administratives et juridiques. Ajoutons que les uns et les autres ont des difficultés à se rencontrer.

On l’aura compris, le vieillissement des dirigeants d’entreprise est loin d’être anecdotique pour l’économie française. Le risque est, bien sûr, que de nombreuses entreprises disparaissent faute d’être reprises.

Au lieu de se pencher sur ce sujet pour mettre en place un cadre favorable à la transmission, intrafamiliale ou non, de ces sociétés, le plus souvent des très petites (TPE) de 1 à 9 salariés (310.000) qui irriguent le tissu économique local, que font nos élus ? Ils inventent des taxes dans un pays déjà très largement pourvu en la matière.

Ces dernières semaines, nous avons entendu parler de taxation des holdings patrimoniales, de prolongation de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), d’instauration d’un impôt sur la fortune improductive, de restauration de l’exit tax dans sa version dure d’avant 2019, de rabotage de l’avantage fiscal dit « pacte Dutreil » appliqué aux transmissions d’entreprises familiales, etc.

Toutes dispositions qui auraient pour effet de priver les cédants d’entreprises d’une partie des fruits de leur travail. Et de décourager sérieusement les éventuels repreneurs, prochains dindons de la farce, ainsi que tous les potentiels entrepreneurs qui ne demandent qu’à innover et créer de la valeur grâce à un cadre fiscal, social et réglementaire léger.

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3 réponses

  1. Depuis les fameuses années 1980 du  » Socialisme à visage humain », le nombre de transmissions intra-familiales d’entreprises a chuté de façon sensible, principalement du fait du montant élevé des droits de succession , ce qui s’accompagne souvent du licenciement économique ou pas des salariés.
    Il suffit de comparer avec les chiffres de ce type de transmission’ en Allemagne et en Italie pour mesurer le fossé qui s’est creusé dans ce domaine , comme dans de nombreux autres, entre la république Socialiste française et les autres pays européens.
    L’indéniable gâchis humain en partie due à la fameuse exception culturelle nationale dans un pays dont les élites pourchassent toute résurgence de nationalisme !
    Peu importe puisque la grande majorité des Français sont au service de leur État et de ses services . Qu’ils le comprennent et/ou l’admettent ou pas ne change rien .
    Taillables et corvéables à merci selon l’expression populaire.

  2. Mais c’est une excellente décision des pouvoirs publics A condition de croire qu’ils n’ont qu’une idée en tête , faire fuir les entreprises, les idées et les talents.
    La bêtise crasse qui les habite ne les honore pas .

  3. Pour avoir repris une entreprise il y a 15 ans et créé une autre il y a 7 ans, je me souviens que déjà il y a 15 ans, beaucoup de repreneurs souhaitaient reprendre une entreprise SANS salariés…C’était déjà significatif de l’atmosphère de jalousie/envie qui règne dans ce pays.
    Je dois travailler jusqu’à 71 pour que le pacte Dutreil fonctionne, mais s’il saute, j’arrêterai avant. Je travaille exclusivement pour mes enfants, pas pour que des élus diplômés en Sciences molles ou des Sce Po ENA gaspillent la valeur créée.

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