Les bras nous sont tombés à la lecture de la lettre ouverte au Premier ministre signée sous forme de tribune collective par 68 entrepreneurs, et parmi eux par la directrice du développement du groupe La Poste (Le Journal du Dimanche, 13 septembre 2025)… Le titre donné, très macronien, est « Bâtissons la Repreneur Nation » et il y est ajouté une explication : « des entrepreneurs appellent l’État à sauver les PME en danger ».
La lettre rappelle en liminaire qu’environ 60.000 PME ferment chaque année faute de repreneurs et que le phénomène risque de s’aggraver car 500.000 chefs d’entreprise partiront à la retraite d’ici 2030. Or, en 2013, une Mission French Tech (vive la loi Toubon !) avait été créée « pour faire émerger un écosystème de start-up en France », dixit le site officiel. Eh bien, ce que l’Etat a fait pour les créations de sociétés, il faut qu’il le fasse pour leur reprise ! Que demandent dès lors nos entrepreneurs ? Voici :
- Une plateforme nationale pour les offres de cession (autrement dit : centraliser !) ;
- Plus de « prêts dédiés » (par qui ?), d’« incitations fiscales » pour les transmissions (de nouvelles niches au moment où on tente désespérément de les supprimer ?), de « financements participatifs locaux » ;
- Une « action des départements » avec un « accompagnement de base aux cédants et repreneurs » (qui, donc, ont besoin qu’on leur tienne la main !).
Ce dont ont besoin les entrepreneurs, c’est non pas d’être « accompagnés » par l’Etat nounou, mais d’être libérés de son emprise
La lettre conclut par une exhortation : « Nous appelons l’État, les collectivités, les réseaux professionnels et financiers, et l’ensemble des entreprises à se mobiliser ».
Mais, si l’on peut comprendre que la reprise des entreprises soit un sujet de préoccupation, on ne peut qu’être navré par ce nouveau témoignage du capitalisme de connivence. En effet, ce dont ont besoin les entrepreneurs, c’est non pas d’être « accompagnés » par l’Etat nounou, mais d’être libérés de son emprise. Baisse drastique des impôts de production, lutte acharnée contre le normativisme et la bureaucratie, en bref laissez-faire, voilà ce dont ont besoin les entrepreneurs.
Illustration de couverture ©
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5 réponses
Des faits indiscutables, l’état a un train de vie anormalement élevé, la France est endettée au delà du raisonnable, elle importe bien plus qu’elle n’exporte. Face à cela les français disposent d’une épargne significative. N’est-ce pas dans cet écart qu’il faut chercher une des solutions : inciter les français par des mesures fiscales à devenir copropriétaires des entreprises françaises en non taxer ou confisquer comme nos politiques ont trop l’habitude de procéder.
Jusqu’à présent, être « aidé » par l’état – dont on perçoit au quotidien les compétences – c’est essayer de nager avec des parpaings de ciment aux pieds…
depuis le temps que la paperasse empoisonne la créativité c’est a croire que les gouvernements le font pour privilégier les plus gros
Les Flamands en Belgique proposent un fond de placement garanti par le Royaume dans le but de faire investir dès 250 euros et de gagner 100% afin que cet emprunt serve à développer l’industrie locale. C’était autrefois la fonction des banques régionales.
Dans les pays latins, le capitalisme est toujours de connivence, d’où des troubles politiques conduisant tôt ou tard à la mise en place d’un Etat dispendieux, l’alternative étant les politiques génocidaire mais ce n’est pas dans la culture latine (dans la culture germanique ou japonaise, par contre…)