Quand la Cour suprême a interdit en 2023 la discrimination positive basée sur la couleur de peau dans les universités, beaucoup avaient prédit que cette décision aurait de lourdes conséquences et que les étudiants appartenant à des minorités seraient les premières victimes. Deux ans plus tard, les faits montrent une tout autre réalité : la discrimination positive recule réellement, sans provoquer le moindre effondrement. C’est le constat de Richard Sander et Henry Kim dans un article publié dans le Wall Street Journal.
Faute de données officielles – les universités se gardant bien de rendre leurs pratiques transparentes – les auteurs ont exploité les informations fournies par des candidats sur des plateformes en ligne spécialisées dans les admissions en faculté de droit. En comparant ces données avec les rares chiffres publiés par les universités, Sander et Kim montrent qu’elles sont étonnamment fiables. Leur analyse porte sur environ 150 000 candidatures réparties sur cinq cycles.
Premier constat : la discrimination positive n’a pas disparu, mais elle a nettement diminué. Dans les quarante meilleures facultés de droit aux États-Unis, le poids accordé à la couleur de peau pour les candidats noirs a baissé d’environ un tiers en 2023-2024, puis de moitié l’année suivante par rapport à la période antérieure à la décision de la Cour suprême. On constate la même chose pour les candidats d’origine hispanique.
Deuxième constat : contrairement à ce que craignaient certains universitaires, cette baisse n’a pas fait chuter le nombre d’étudiants appartenant à des minorités. C’est même l’inverse. Le nombre d’étudiants noirs et hispaniques en faculté de droit a augmenté de plus de 5 % en deux ans. Leurs candidatures ont bondi de plus de 30 % après la décision de la Cour et elles continuent de croître plus vite que celles des autres groupes. Les auteurs rappellent qu’un phénomène similaire avait été observé en Californie après l’interdiction de la discrimination positive en 1996.
Troisième constat : l’effet de cascade. Des étudiants noirs ou hispaniques qui ne sont plus admis dans les universités les plus élitistes se retrouvent dans des établissements un peu moins sélectifs, et ainsi de suite. Entre 2023 et 2025, le nombre d’étudiants noirs a baissé de 16 % dans le top 40, mais il a augmenté de 19 % dans les écoles moins élitistes, ce qui donne tout de même un solde positif. Ce n’est pas tout : l’écart de niveau entre ces étudiants et leurs camarades s’est réduit de près de moitié, ce qui devrait améliorer leurs résultats, leurs diplômes et leurs taux de réussite au barreau.
Peut-être faudra-t-il un jour expliquer pourquoi, pendant si longtemps, tant d’universités ont cru qu’une telle politique était indispensable à leur mission éducative.
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3 réponses
Comme d’habitude pour des raisons prrement idéologiques! Lorsqu’on affirme qu’il n’y a pas de différence entre homme et femme ont est près à toutes les stupidités!
Peut être que la discrimination positive dans différents secteurs d’activité, promue par un ancien président de la république ( et de nombreux politiciens), diminuera aussi en France dans les prochaines années.
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Comme d’habitude pour des raisons prrement idéologiques! Lorsqu’on affirme qu’il n’y a pas de différence entre homme et femme ont est près à toutes les stupidités!
Peut être que la discrimination positive dans différents secteurs d’activité, promue par un ancien président de la république ( et de nombreux politiciens), diminuera aussi en France dans les prochaines années.
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