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mercredi 7 octobre 2026

Vrai ou faux : quand l’audiovisuel public enseigne le doute, sauf sur lui-même

Temps de lecture : 2 minutes

Six organismes publics – Radio France, France Télévisions, France Médias Monde, ARTE, l’INA et TV5Monde – organisent aujourd’hui 8 octobre à la Maison de la radio la première édition du festival « Vrai ou Faux : l’audiovisuel public s’allie contre la désinformation ». Au programme : des collégiens le matin, des lycéens l’après-midi, le grand public le soir, deux webinaires, sept ateliers sur la vérification des sources et les « ingérences informationnelles », et un grand quiz pouvant réunir huit cents participants. Nous sommes à quelques mois de l’élection présidentielle…

Apprendre à remonter à une source, à distinguer un fait d’une opinion et à repérer une image fabriquée est utile. C’est même notre métier. Le sujet du festival ne pose aucun problème. Le statut de ceux qui l’organisent, en revanche, si. Car ces organismes ont des caractéristiques communes qui ne seront mentionnées dans aucun des sept ateliers : ils vivent de l’argent public et s’arrogent donc une neutralité qu’ils n’ont pas. Un lecteur mécontent de son quotidien peut ne plus l’acheter. Un auditeur mécontent de Radio France continue de payer Radio France. Et il paiera la même somme, que l’information diffusée soit exacte ou fausse, intéressante ou soporifique. Aucun mécanisme ne relie le budget de la maison à la qualité de ce qu’elle produit. Or il s’agit de près de quatre milliards d’euros par an et quelque seize mille salariés, financés à 90 % par l’État, sans qu’une seule ligne n’apparaisse sur aucune facture, aucun avis d’imposition, aucun relevé.

On pourrait avancer qu’un financement assuré est une garantie d’indépendance éditoriale. D’une part, l’opacité de ce financement ne plaide pas en faveur de l’argument ; lequel, d’autre part, se retourne aisément : un média qui ne peut perdre ses ressources n’a aucune raison structurelle de se remettre en cause ou de corriger ses erreurs. Contrepoints vit des dons de ses lecteurs : si nous mentons, si nous ennuyons, si nous nous trompons sans vouloir le reconnaître, les dons s’arrêtent. C’est désagréable, et c’est précisément ce qui rend notre vérification crédible. Nous avons donc, nous, un mécanisme de sanction. L’audiovisuel public n’en a pas.

Début mai, le rapport d’une commission d’enquête, dont le chef d’orchestre était le député UDR Charles Alloncle, avait très sévèrement épinglé l’audiovisuel public : biais idéologique marqué à gauche, gaspillages dans l’utilisation de fonds publics, conflits d’intérêts… Que ces organismes se posent en arbitres de la déontologie dans les médias donne envie de dire, de manière triviale, qu’ils ne manquent pas d’air. Un arbitre se doit d’être d’une absolue neutralité et celle de l’audiovisuel public n’a jamais été démontrée…

L’idée de ce festival n’est certes pas une mauvaise mais sa réalisation est incomplète. Nous proposerions, nous, un huitième atelier pour répondre à ces questions : comment est financé l’audiovisuel public français ? Pourquoi la ligne qui chiffrait la participation de chaque contribuable a-t-elle disparu  en 2022 ? Quels peuvent être les garde-fous d’un média dont le budget est abondé quoi qu’il arrive ? La vraie solution aux problèmes que soulèvent ces questions (insidieuses !), nous l’avons mille fois écrit, est la privatisation. En attendant, nos lecteurs devineront sans peine la réponse à ce quizz qui ne figurera pas au programme de jeudi : « Vous avez le droit de ne pas payer pour un média que vous n’écoutez pas. Vrai ou faux ? »

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