Mieux vaut tard, voire très tard, que jamais. Le premier ministre britannique travailliste, Keir Starmer a affirmé lundi son intention de relancer une réforme du système de protection sociale, après une tentative semi-avortée cet été face à l’opposition de nombreux députés de sa majorité.
« Nous devons faire face à la réalité », a-t-il reconnu, « notre système de protection sociale enferme des personnes non seulement dans la pauvreté, mais aussi dans le chômage. Les jeunes, en particulier ». « Nous devons réformer notre Etat providence » pour en finir avec « un statu quo défaillant », a-t-il insisté. Eh oui, la « trappe à chômage » bien connue des économistes depuis toujours, est créée par une trop faible différence entre les allocations et le salaire versé effectivement aux travailleurs. Cet été, son gouvernement avait dû faire des concessions sur une précédente réforme, après une rébellion de plus de 120 députés de son camp.
Le Royaume-Uni connaît un nombre record de personnes – en particulier des jeunes – en maladie de longue durée et qui sortent donc du marché de l’emploi. Le chef du gouvernement a pointé « un cycle de chômage et de dépendance » qui peut durer « des décennies » et qui « coûte de l’argent au pays, nuit  à notre productivité », mais « surtout prive le pays d’opportunités et de son potentiel ».
Le budget du gouvernement prévoit une augmentation de 16 milliards de livres sterling des dépenses sociales d’ici 2030 par rapport à la dernière déclaration économique de Reeves en mars. Les dépenses sociales totales devraient s’élever à 333 milliards de livres sterling cette année, soit 10,9 % du PIB britannique, et passer à 406 milliards de livres sterling d’ici 2030, soit 11,2 % du PIB, selon le Bureau de responsabilité budgétaire. Keir Starmer lundi n’a pas donné de détails sur la manière dont les prestations sociales seraient réformées.
Le gouvernement a par ailleurs présenté mercredi un budget comprenant de nouvelles hausses d’impôts de 26 milliards de livres sterling (32 milliards d’euros) pour financer des mesures en faveur du pouvoir d’achat, dont la suppression d’un plafond, jusqu’ici fixé à deux enfants, pour les allocations familiales. Ce budget, plutôt bien reçu par les marchés, est vivement critiqué par l’opposition conservatrice, qui a par ailleurs accusé la ministre des Finances Rachel Reeves d’avoir noirci le tableau fiscal pour justifier ces augmentations. Des hausses d’impôts c’est plus fort qu’eux….
Une réponse
Au Royaume-Uni on roule à gauche. Méfiance.