L’avenir de la diaspora syrienne en Allemagne, qui compte environ un million de personnes arrivées notamment pendant la crise migratoire de 2015, est au coeur du premier voyage officiel à Berlin du dirigeant syrien Ahmed Al-Chareh.
En plein durcissement de la politique migratoire allemande et dans un contexte d’essor de l’extrême droite, le chancelier conservateur Friedrich Merz a déclaré vouloir cibler en priorité « un petit groupe qui nous pose des problèmes », à savoir des Syriens ayant commis des infractions. Mais, « dans la perspective plus longue des trois prochaines années », ce virage migratoire doit concerner 80% des Syriens qui séjournent dans la première économie européenne « et c’est aussi le souhait du président Al-Chareh », a-t-il ajouté. Damas a reconnu nécessaire de « permettre aux Syriens de contribuer à la reconstruction de leur patrie sans avoir à abandonner la stabilité des vies qu’ils ont bâties ici pour ceux qui veulent rester ».
Avant ce déplacement en Allemagne, Ahmed Al-Chareh, un ancien rebelle jihadiste de 43 ans qui a renversé Bachar el-Assad en décembre 2024, a multiplié les voyages, en particulier aux Etats-Unis, en France et en Russie, afin de replacer la Syrie sur la scène internationale. Les pays occidentaux voient la nécessité pragmatique de tendre la main au dirigeant syrien pour éloigner Damas de l’orbite de Téhéran, ou de celle de Moscou – la difficulté étant que le pays reste ensanglanté par des affrontements, notamment des combats entre troupes gouvernementales et combattants kurdes. Les accusations de violations des droits humains y sont également légion.
Friedrich Merz a exhorté son homologue à l’installation d’un « Etat de droit » et au respect des droits de tous les Syriens « quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique ou leur sexe ».
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Une réponse
La remigration prendra certainement la forme de cette « migration circulaire » évoquée par les Allemands et les Syriens. On peut vouloir de la main-d’oeuvre sans vouloir importer la guerre civile ! Il serait temps de faire preuve d’un peu de bon sens. Il faut faut réserver la naturalisation aux seuls assimilés volontaires (ils existent). Quant aux autres, il faut transformer leurs papiers en titre-de-séjour spécial. Le but est de permettre la circulation de la main-d’oeuvre et des étudiants dans le respect mutuel. A l’heure du numérique et de l’aérien low-cost, il sera aisé de mettre en place une rotation individualisée. Ce sera bénéfique à tout le monde.