Journal d'actualité libéral
|
mardi 21 juillet 2026

Bruxelles sonne l’alarme sur l’économie française

Temps de lecture : 2 minutes

L’économie française est freinée par un excès de dépenses publiques, une complexité administrative et une compétitivité insuffisante. Dans un rapport publié le 3 juin, la Commission européenne anticipe une hausse du déficit public à 5,7 % du PIB en 2027 (170 milliards d’euros), principalement en raison de l’augmentation des dépenses, qui représentent 57,8 % du PIB – un niveau supérieur à la moyenne de l’UE. La croissance devrait se limiter à 0,8 % en 2026, tandis que la dette publique s’élèverait à 118,1 % du PIB (contre 112,6 % en 2024). Pour la Commission, le problème n’est pas conjoncturel mais structurel : l’activité économique est atone, la productivité du travail reste faible et la dette publique continue d’augmenter.

Le rapport souligne que la France souffre moins d’un manque de soutien public que d’un problème d’efficacité. Bruxelles cible notamment le crédit d’impôt recherche (CIR) au coût de 8 milliards d’euros en 2026, soit 0,3 % du PIB. Ces subventions ne suffisent pas pour augmenter les dépenses privées de R&D, qui stagnent autour de 1,44 % du PIB, sous la moyenne européenne (1,49 %) et très loin des autres pays développés. Les dépenses totales dans la recherche plafonnaient à 2,18 % du PIB en 2024, en dessous de l’objectif de 3 % fixé par la stratégie de Lisbonne. Une tendance inquiétante, d’autant plus que la France peine à retenir ses talents : environ 15 000 diplômés s’expatrient chaque année, soit 10 % des diplômés d’écoles d’ingénieurs et 15 % des diplômés d’écoles de commerce.

La Commission note également que le niveau des dépenses consacrées aux retraites est relativement élevé par rapport à celui des autres États membres (14,6 % du PIB en 2023). La suspension de la réforme des retraites de 2023 va clairement détériorer le solde budgétaire des administrations publiques jusqu’au milieu des années 2030, en plus d’augmenter la dette publique.

Quant au chômage des jeunes, il reste supérieur à la moyenne de l’UE et est en hausse (19,7 % contre 15,2 %). La part des jeunes qui ne sont ni scolarisés, ni employés, ni en formation (NEET) est élevée (12,7 % contre 11 % dans l’UE) et en augmentation. En revanche, le taux d’emploi des seniors s’est amélioré de 2,2 points de pourcentage depuis 2023, notamment grâce à la réforme des retraites de 2023, qui relève progressivement l’âge légal de départ, bien que sa suspension puisse ralentir cette tendance positive.

Derrière son langage technocratique, la Commission fait plusieurs recommandations qui vont dans un sens relativement libéral : réduction des dépenses publiques, simplification de la réglementation, baisse des prélèvements sur le travail et des impôts de production, orientation de l’épargne privée vers l’investissement productif… Elles coexistent toutefois avec une foi persistante dans la planification industrielle, les programmes de subventions massives (MaPrimeRénov’) et les politiques publiques de transition écologique. Reste à savoir si le gouvernement aura le courage de s’attaquer à ces déséquilibres structurels.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


9 réponses

  1. Juste une question : aurions-nous en France les hommes politiques et économiques les plus nuls du monde ?

    1. OUI ! Un homme politique et les fonctionnaires d’état se devraient d’avoir une expérience responsable d’un minimum de 5 à 10 années dans les filières ou spécialités dans lesquelles ils devront officier et ce doivent d’être soumis à égalité de traitement sans aucune garantie d’emploi à vie à l’instar de tous autres citoyens et être soumis à la responsabilité professionnelle personnelle au même titre à leur frais !

    2. Je ne pense pas que le problème de nos politiques soit l’incompétence mais plutôt le manque de courage. A leur décharge, les français qui les ont élus refusent systématiquement toute réforme qui implique un effort de leur part.

  2. Chiche : on supprime tout notre appareil politique, tous virés : députés, sénateurs, gouvernement, et on laisse l’UE diriger la France puisqu’elle connait toutes les solutions. A défaut d’être efficace, ce serait amusant, pour un temps seulement bien sûr, avant la potion amère.

  3. Toujours le même constat, les mêmes causes produisent les mêmes effets. 200 milliards de niches fiscales, aides, (qui sont sans effet sur l’économie) fraudes et gaspillage social, comme étatique (le train de vie de l’état 5000 parlementaires, aides et autres planqués). La technocratie creuse son gouffre financier qui de plus, empêche d’avancer, d’entreprendre. Sommes nous de retour dans le monde raisonnable? Arrêtons d’accuser le social, qui reste la seule compensation, imparfaite, soit, on préfèrerait que tout le monde soit aisé, ou riche, mais à défaut de possible, cela maintient la paix.

  4. Un exemple parmi d’autre , le malus « écologique » sur les voitures neuves, qu’on ne retrouve dans aucun autre pays de l’UE (ou à un niveau bien moindre).
    Résultats prévisibles, effondrement des ventes des voitures neuves en France, fermetures des usines. On peut un peu se réjouir du modeste succès de la R5 électrique mais ceci ne compense pas.
    Rien qu’en supprimant cette taxe, on redonnerait immédiatement un nouveau souffle à l’industrie automobile et nous verrions nos rentrées fiscales augmenter via la TVA.

  5. Et bien ; heureusement que Bruxelles est là….. Nous le savons depuis longtemps, les seuls qui semblent ne pas être au courant sont les ignares qui nous gouvernent ! Enfin c’est plutôt qu’ils s’en fichent royalement. Après eux le déluge !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.