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jeudi 4 juin 2026

Bruxelles sonne l’alarme sur l’économie française

Temps de lecture : 2 minutes

L’économie française est freinée par un excès de dépenses publiques, une complexité administrative et une compétitivité insuffisante. Dans un rapport publié le 3 juin, la Commission européenne anticipe une hausse du déficit public à 5,7 % du PIB en 2027 (170 milliards d’euros), principalement en raison de l’augmentation des dépenses, qui représentent 57,8 % du PIB – un niveau supérieur à la moyenne de l’UE. La croissance devrait se limiter à 0,8 % en 2026, tandis que la dette publique s’élèverait à 118,1 % du PIB (contre 112,6 % en 2024). Pour la Commission, le problème n’est pas conjoncturel mais structurel : l’activité économique est atone, la productivité du travail reste faible et la dette publique continue d’augmenter.

Le rapport souligne que la France souffre moins d’un manque de soutien public que d’un problème d’efficacité. Bruxelles cible notamment le crédit d’impôt recherche (CIR) au coût de 8 milliards d’euros en 2026, soit 0,3 % du PIB. Ces subventions ne suffisent pas pour augmenter les dépenses privées de R&D, qui stagnent autour de 1,44 % du PIB, sous la moyenne européenne (1,49 %) et très loin des autres pays développés. Les dépenses totales dans la recherche plafonnaient à 2,18 % du PIB en 2024, en dessous de l’objectif de 3 % fixé par la stratégie de Lisbonne. Une tendance inquiétante, d’autant plus que la France peine à retenir ses talents : environ 15 000 diplômés s’expatrient chaque année, soit 10 % des diplômés d’écoles d’ingénieurs et 15 % des diplômés d’écoles de commerce.

La Commission note également que le niveau des dépenses consacrées aux retraites est relativement élevé par rapport à celui des autres États membres (14,6 % du PIB en 2023). La suspension de la réforme des retraites de 2023 va clairement détériorer le solde budgétaire des administrations publiques jusqu’au milieu des années 2030, en plus d’augmenter la dette publique.

Quant au chômage des jeunes, il reste supérieur à la moyenne de l’UE et est en hausse (19,7 % contre 15,2 %). La part des jeunes qui ne sont ni scolarisés, ni employés, ni en formation (NEET) est élevée (12,7 % contre 11 % dans l’UE) et en augmentation. En revanche, le taux d’emploi des seniors s’est amélioré de 2,2 points de pourcentage depuis 2023, notamment grâce à la réforme des retraites de 2023, qui relève progressivement l’âge légal de départ, bien que sa suspension puisse ralentir cette tendance positive.

Derrière son langage technocratique, la Commission fait plusieurs recommandations qui vont dans un sens relativement libéral : réduction des dépenses publiques, simplification de la réglementation, baisse des prélèvements sur le travail et des impôts de production, orientation de l’épargne privée vers l’investissement productif… Elles coexistent toutefois avec une foi persistante dans la planification industrielle, les programmes de subventions massives (MaPrimeRénov’) et les politiques publiques de transition écologique. Reste à savoir si le gouvernement aura le courage de s’attaquer à ces déséquilibres structurels.

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