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dimanche 7 décembre 2025

Cent ans après sa mort, comment Kafka nous aide-t-il à améliorer l’action publique ?

Temps de lecture : 2 minutes

russie

C’est la question que se pose l’INSP, l’Institut national du service public (ex-ENA), en organisant deux conférences, dans ses établissements de Paris et de Strasbourg, ce mardi 28 mai 2024. Les organisateurs nous invitent à « participer à un espace de réflexion entre chercheurs et praticiens des politiques publiques à l’INSP, autour des questions que l’œuvre de Kafka soulève ».

Saluons l’audace de l’INSP qui souhaite, via cette manifestation, « favoriser une meilleure compréhension des enjeux liés à l’administration publique à travers l’œuvre de Kafka, encourager la réflexion critique sur les structures administratives et leur relation aux citoyens et stimuler le débat sur les moyens d’améliorer l’efficacité et l’accessibilité de l’administration ».

Malheureusement, nous n’avons pas pu nous inscrire à la conférence parisienne qui affiche complet. Preuve, sans doute, que le thème a été bien choisi et que les inscrits s’attendent à des interventions de qualité. Faute de pouvoir y participer, nous nous contenterons du programme pour émettre un avis a priori.

Nous avons noté la présence de trois types d’intervenants. D’abord les spécialistes de Kafka et de littérature : Geoffroy de Lagasnerie, auteur de  Se méfier de Kafka  ; Denis Salas auteur de Kafka. Le combat avec la loi  ; Frédérique Leichter-Flack professeure à Sciences po, spécialiste de littérature politique ; Léa Veinstein, chercheuse en littérature et auteure de plusieurs essais sur Kafka ; Régis Quatresous, traducteur de la biographie de Kafka par Reiner Stach ; Alain Parrau, docteur en lettres et professeur ; Mario Ranieri Martinotti, doctorant à l’École normale supérieure, auteur d’un mémoire intitulé « Devant la loi. La parabole des réfugiés », proposant une relecture du fameux texte de Franz Kafka.

Deuxième type d’intervenants, les fonctionnaires : Jean-Christophe Duchon-Doris, président du tribunal administratif de Paris ; Denis Salas, déjà cité, qui est aussi magistrat ; Daniel Agacinski, délégué général à la médiation auprès du Défenseur des droits ; Klaus Welle, ancien secrétaire du Parlement européen ; Ghislain Deriano, chef du service expérience usagers à la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) ; Thierry Tuot, président de la section de l’Intérieur du Conseil d’État.

Enfin, la troisième catégorie d’intervenants est composée de prestataires de l’État : Yoan Ollivier, cofondateur de l’agence de design public Vraiment vraiment ; Stéphanie Guillaume, fondatrice de l’agence Avec des mots qui intervient, par exemple, pour la ville de Pantin (93), l’Agence de l’eau Seine-Normandie, ou encore France Télévisions.

L’absence d’intervenants critiques de l’action publique est frappante : pas de think tanks libéraux prônant une diminution de l’action publique ; pas d’auteurs critiques de l’État et de l’administration – comme Christophe Eoche-Duval, conseiller d’État, auteur de « L’inflation normative », Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël, auteur de « La bureaucrature », dont nous avons récemment parlé – pas d’élus locaux confrontés aux normes kafkaïennes de l’administration ; pas d’entrepreneurs se battant avec la réglementation.

A l’INSP, comme à France Stratégie, on préfère débattre entre soi !

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