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vendredi 6 novembre 2026

C’est le statut de fonctionnaire qui limite le recrutement des professeurs

Temps de lecture : 2 minutes

 A l’Education nationale, les professeurs du public sont des fonctionnaires. Ceux du privé sous contrat sont, depuis la loi Censi de 2005, des agents publics de l’État sans être fonctionnaires : nous sommes rémunérés par l’État, mais nous n’avons pas accès à la retraite des fonctionnaires, et pas mal de primes et d’avantages nous échappent. Deux statuts voisins, donc, pour le même métier.

Pourtant, l’an dernier, aux concours de recrutement de lettres, la barre d’admission était à 8 / 20 pour le public et à 11.5 / 20 pour le privé. Cela veut dire que le concours du privé est nettement plus sélectif, choisi, de façon générale, par de meilleurs candidats. Les facteurs religieux, sociaux, jouent pour une part, peut-être.

Mais, surtout, les candidats refusent les obligations du statut de fonctionnaire, notamment le système de mutation, qui est l’un des principaux obstacles au recrutement. Les jeunes, de plus en plus, ne veulent plus être mutés, sur ordre, dans les pires coins de la France. A leurs frais, évidemment, car l’éducation nationale n’aide ni au déménagement ni au relogement. Quand on est un jeune doué de 24 ans, peut-être sans le sou, on n’a pas envie de recevoir un ordre sommant de faire ses valises pour s’installer dans les quartiers nord de Marseille, immédiatement, au garde à vous, pour des clopinettes.

De fait, la situation est donc exactement inverse à ce que craint l’administration. C’est, de toute évidence, le statut de fonctionnaire qui limite le recrutement des professeurs. De plus, dans ce système national, les difficultés dans les quartiers perdus de la République pénalisent le recrutement sur l’ensemble du territoire. Si le collège tranquille du petit village ou du coin de la rue n’a pas de professeur, c’est parce que le candidat potentiel risquait de se retrouver largué à Roubaix ou dans le 9-3.

Cynique, ce que je dis. Je le sais et on m’en fera le reproche. Mais si les professeurs étaient aussi dévoués que le prétendent la gauche, les syndicats et l’administration, Créteil serait l’académie la plus demandée. Ce n’est pas le cas. Les professeurs, dans leurs choix, restent des acteurs rationnels, en dépit du discours socialiste ambiant.

Personne, ni moi ni un autre, n’a de solution miracle pour les établissements les plus difficiles. Néanmoins, le système actuel de recrutement, qui tend à tout sacrifier pour eux, ne tiendra plus longtemps. Et peut-être, ne sait-on jamais, changer le statut forcerait les collectivités à se responsabiliser pour trouver des professeurs, comme elles le font parfois pour les médecins.

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