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lundi 21 septembre 2026

Charles Sapin : Radio France cède à la meute des syndicalistes

Temps de lecture : 2 minutes

« L’extrême droite n’est pas républicaine ». Cette phrase d’Aurélien Saintoul, député LFI des Hauts-de-Seine, au micro de BFMTV résume assez bien la position des syndicalistes de Radio France. Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs Actuelles, a finalement été évincé de son poste. Le journaliste avait été recruté sur France Inter pour un édito politique hebdomadaire. Il n’en aura fait que deux : le premier sur l’élection présidentielle, le second sur l’intelligence artificielle. Des chroniques factuelles, sans biais partisan. Mais sous la pression des syndicats, l’entreprise publique lui a annoncé la suppression de son éditorial et lui a proposé de participer à un débat – ce que le journaliste a refusé.

« Nous prenons acte de la décision de Charles Sapin », peut-on lire sur le compte X de Radio France. Une formulation qui laisse sous-entendre que M. Sapin aurait quitté France Inter de lui-même. Lui qui a été vilipendé pendant des semaines, autant par les syndicats que par certains auditeurs, et jugé pour son appartenance à un journal au lieu de l’être sur son travail. « Pour nous, Valeurs Actuelles n’est pas dans le cercle du pluralisme » a ainsi affirmé Lionel, journaliste à France Inter et représentant syndical de la CGT, avant de conclure en ces termes navrants de niaiserie : « Le racisme n’est pas une opinion. C’est un délit ». Qu’importe que les chroniques de Charles Sapin ne comportent pas la moindre once de racisme ou d’extrémisme. Tous ceux qui ne font pas partie de la meute sont forcément catalogués d’extrême droite et n’ont pas le droit de s’exprimer à l’antenne. Le pluralisme à géométrie variable est d’autant plus frappant que la journaliste Salomé Saqué a droit à sa chronique sur France Inter depuis la rentrée, sans que cela ne pose le moindre problème.

Le plus savoureux reste la réaction de Radio France. L’entreprise, qui se targue du label « service public », a osé dire que France Inter « continuera d’être un lieu de dialogue reflétant la diversité des sensibilités ». Refuser de laisser la meute dicter la ligne éditoriale aurait précisément été une manière de respecter le devoir de pluralisme de l’audiovisuel public, prévu par la loi. C’est bien l’inverse qui s’est produit : les défenseurs autoproclamés de la République empêchent tous ceux qui ne pensent pas comme eux de faire leur métier. Pour M. Sapin, cela ne fait aucun doute : « Ceci n’a rien d’une lutte pour la démocratie. C’est une lutte pour le pouvoir. En l’occurrence, pour le conserver. »

Radio France sera-t-elle sanctionnée par l’Arcom ? Pas plus tard qu’en juin, elle a été mise en demeure par le gendarme de l’audiovisuel pour son manque de pluralisme politique sur France Inter et France Info. Quoi qu’il arrive, la décision concernant Charles Sapin est une défaite pour la liberté d’expression, le pluralisme et le débat démocratique. On pourrait s’attendre à ce qu’une entreprise qui bénéficie de 660 millions d’euros d’argent public chaque année ne soit pas aussi dépendante des foucades des syndicats.

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