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dimanche 11 octobre 2026

Charles Sapin : Radio France cède à la meute des syndicalistes

Temps de lecture : 2 minutes

« L’extrême droite n’est pas républicaine ». Cette phrase d’Aurélien Saintoul, député LFI des Hauts-de-Seine, au micro de BFMTV résume assez bien la position des syndicalistes de Radio France. Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs Actuelles, a finalement été évincé de son poste. Le journaliste avait été recruté sur France Inter pour un édito politique hebdomadaire. Il n’en aura fait que deux : le premier sur l’élection présidentielle, le second sur l’intelligence artificielle. Des chroniques factuelles, sans biais partisan. Mais sous la pression des syndicats, l’entreprise publique lui a annoncé la suppression de son éditorial et lui a proposé de participer à un débat – ce que le journaliste a refusé.

« Nous prenons acte de la décision de Charles Sapin », peut-on lire sur le compte X de Radio France. Une formulation qui laisse sous-entendre que M. Sapin aurait quitté France Inter de lui-même. Lui qui a été vilipendé pendant des semaines, autant par les syndicats que par certains auditeurs, et jugé pour son appartenance à un journal au lieu de l’être sur son travail. « Pour nous, Valeurs Actuelles n’est pas dans le cercle du pluralisme » a ainsi affirmé Lionel, journaliste à France Inter et représentant syndical de la CGT, avant de conclure en ces termes navrants de niaiserie : « Le racisme n’est pas une opinion. C’est un délit ». Qu’importe que les chroniques de Charles Sapin ne comportent pas la moindre once de racisme ou d’extrémisme. Tous ceux qui ne font pas partie de la meute sont forcément catalogués d’extrême droite et n’ont pas le droit de s’exprimer à l’antenne. Le pluralisme à géométrie variable est d’autant plus frappant que la journaliste Salomé Saqué a droit à sa chronique sur France Inter depuis la rentrée, sans que cela ne pose le moindre problème.

Le plus savoureux reste la réaction de Radio France. L’entreprise, qui se targue du label « service public », a osé dire que France Inter « continuera d’être un lieu de dialogue reflétant la diversité des sensibilités ». Refuser de laisser la meute dicter la ligne éditoriale aurait précisément été une manière de respecter le devoir de pluralisme de l’audiovisuel public, prévu par la loi. C’est bien l’inverse qui s’est produit : les défenseurs autoproclamés de la République empêchent tous ceux qui ne pensent pas comme eux de faire leur métier. Pour M. Sapin, cela ne fait aucun doute : « Ceci n’a rien d’une lutte pour la démocratie. C’est une lutte pour le pouvoir. En l’occurrence, pour le conserver. »

Radio France sera-t-elle sanctionnée par l’Arcom ? Pas plus tard qu’en juin, elle a été mise en demeure par le gendarme de l’audiovisuel pour son manque de pluralisme politique sur France Inter et France Info. Quoi qu’il arrive, la décision concernant Charles Sapin est une défaite pour la liberté d’expression, le pluralisme et le débat démocratique. On pourrait s’attendre à ce qu’une entreprise qui bénéficie de 660 millions d’euros d’argent public chaque année ne soit pas aussi dépendante des foucades des syndicats.

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17 réponses

  1. Cette affaire est juste un scandale mais finalement démontre, si besoin en était, l’esprit de dictature de cette gauche

  2. Les médias publics financés par nos impôts sont ouverts à tous les courants de pensée républicaine allant de M Panot à J L Mélenchon . Ils appellent cela la liberté d’expression. L’ARCOM, institution de type soviétique, ne trouve à redire, notamment à France inter insoumise, trop préoccupée à scruter la moindre faille sur les médias Bolloré. D’un autre côté, si nos démocrates de la gauche radicale s’empare du pouvoir, elle n’aura pas de difficultés pour museler la presse.

  3. C’est un gag « un lieu de dialogue reflétant la diversité des sensibilités » mais qui n’est pas capable de réserver 2,5 mn d’antenne à une voix jugée dissidente de l’entre-soi confortable de la gauche dominante sur les médias d’Etat.

  4. Je serai curieux de savoir si les autres journalistes « de droite » de la station vont démissionner. Par solidarité avec leur collègue et au nom de la liberté d’expression.

  5. Ça nous donne une idée de ce qui se passera si Mélenchon arrive au pouvoir. Certains sujets seraient proscrits voire condamnés juridiquement

  6. L’art et la manière de baisser son froc ! Quand il n’y a rien dedans en même temps à quoi ça sert de le remonter ?

  7. Cela donne une idée de ce qui nous attend s’ils arrivaient au pouvoir…. D’autre part cela montre, pour ceux qui en doutaient, qu’il faut être de gauche pour travailler sur le service public qui se moque comme d’une guigne de la pluralité des idées et l’Arcom ferme les yeux …

  8. LFI encore moins à ce petit jeu car le RN ne met en question aucune des notions républicaines. Alors qu’eux bafouent la Constitution en refusant la démocratie et la liberté d’expression garantie par la Constitution républicaine!

  9. Rien de nouveau à l horizon, dans toutes les entreprises publiques françaises, ce sont les syndicats qui donnent le la, le pdg sert seulement de go-between entre eux et le gouvernement

  10. La situation reflète bien cette image sans doute non-consensuelle : « Un organe génital féminin ou masculin, c’est plus de 8 000 terminaisons nerveuses mais ça reste toujours moins sensible qu’un type de gauche qui entend un avis différent du sien. »

  11. Parmi les conditions requises pour justifier du droit de grève je lis:
    « Le mouvement doit avoir un lien direct avec l’emploi : salaires, conditions de travail, défense de l’outil de travail, emploi. »
    A mon sens ceci n’inclut pas l’antipathie que peut inspirer un collègue nouvellement recruté par la direction.
    A fortiori quand ce recrutement répond à la nécessité de se conformer à la principale mission du service, que celle-ci plaise ou non aux syndicats.
    Qu’attend la direction pour confirmer ce recrutement et licencier les récalcitrants qui seront facilement remplaçables?

  12. Pendant la guerre, la France libre diffusait : Radio Paris ment, Radio Paris est allemand. A nouveau Paris est envahi et France Inter ment.

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