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jeudi 11 juin 2026

L’impunité des syndicalistes n’est plus assurée

Temps de lecture : 3 minutes

La cégétiste Sophie Binet vient de s’insurger contre sa seconde mise en examen. Le temps où les syndicalistes pouvaient injurier ou diffamer en toute liberté prendrait-il fin ?

En décembre dernier, nous nous demandions si un syndicaliste pouvait déclarer n’importe quoi. Sophie Binet venait d’être mise en examen pour injure publique après qu’elle eut qualifié les chefs d’entreprise délocalisant leur production de « rats qui quittent le navire », ayant pour seul objectif « l’appât du gain ». A l’initiative de la plainte : Ethic, une organisation patronale présidée par la dynamique Sophie de Menthon, qui n’a pas pour habitude de s’en laisser compter. La secrétaire générale de la CGT a été toute surprise de la procédure et la presse de gauche lui a témoigné sa solidarité comme un seul homme.

Une nouvelle plainte en cours

Il y a quelques jours, le 25 mai, Sophie Binet a annoncé une nouvelle mise en examen, cette fois pour diffamation. Lors de la Fête de l’Humanité, le 13 septembre 2025, elle avait avec une grande virulence soutenu les actions de son syndicat au sein de l’entreprise Tefal, dénonçant « une répression patronale violente » en raison d’un avertissement infligé à une représentante du personnel, qui a depuis saisi les prud’hommes. Elle s’est insurgée sur France 2 contre la plainte, accusant Tefal de vouloir « bâillonner les syndicalistes ». La procédure, selon elle, confirmait « l’ampleur de la répression ». Une nouvelle fois, la presse de gauche a été à l’unisson, par exemple La Marseillaise (26 mai 2026) qui a titré : « Sophie Binet : la parole syndicale criminalisée ». De son côté, la CGT s’est fendue le même jour d’un communiqué affirmant que les paroles litigieuses étaient « étayées par les faits » et qu’au demeurant elles étaient… « anodines », ajoutant que  « On ne peut pas laisser des multinationales ou des milliardaires multiplier les procédures bâillon sans réagir » !

Le groupe Tefal a immédiatement contesté cette interprétation en affirmant que les nécessaires libertés syndicale et d’expression ne permettaient pas pour autant de diffamer (L’Humanité, 26 mai 2026).

Les patrons se rebiffent

Rappelons tout d’abord un point évident, sauf aux yeux d’un cégétiste sans doute : la présomption d’innocence est un principe essentiel de notre droit pénal comme de toute société civilisée. Elle vaut d’ailleurs tout autant pour Sophie Binet que – n’en déplaise à certains – pour Patrick Bruel. Par voie de conséquence, nous ne nous permettrons pas de considérer que notre cégétiste doit être condamnée, ni au titre de la seconde plainte, ni au titre de la première. Les tribunaux trancheront. Ce que nous voulons ici souligner, c’est le changement en cours qui s’opère au sein de certaines entreprises ou organisations patronales.

En effet, il fut un temps où un syndicaliste, et en particulier un syndicaliste extrémiste, pouvait injurier, diffamer, menacer, appeler au boycott (lorsque celui-ci était encore prohibé) et ce, en toute impunité. Dire pis que pendre du patronat, inévitablement exploiteur, opposé à « l’intérêt général », égoïste, inutile, traître à la patrie, faisait partie du folklore. Quant aux personnes visées, elles faisaient profil bas pour ne pas être traînées dans la boue plus encore, notamment par quelques médias complaisants, et elles laissaient passer l’orage.

Les dirigeants des grandes et moins grandes entreprises auraient-ils lu Ayn Rand ? Dans Atlas Shrugged de 1957, traduit en français sous le nom de La Grève, les héros que sont les entrepreneurs se retirent d’une société corrompue qui les injurie et les traite comme des parasites, alors même qu’ils portent le monde sur leurs épaules.

En l’espèce, les patrons qui ont osé se rebeller contre la communiste Sophie Binet ont franchi un premier pas dans leur quête de respectabilité officielle. Prenons garde à ce qu’ils ne veuillent pas, plus encore qu’ils ne le font déjà, « voter avec leurs pieds » et quitter un pays qui respecte si mal les créateurs de richesses.

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14 réponses

  1. Et de surcroit ce syndicat tolere des déclarations antisémites en son sein comme d ailleurs SUD
    Les gochistes propagent des odeurs nauséabondes avec virulence

  2. Bravo pour ce papier.

    J’ai toujours observé au cours de ma vie professionnele que beaucoup de maux de ce pays sont la conséquence directe de l’état d’esprit des syndicats français, que l’on retrouve dans la majorité des partis politiques de gauche :
    « Tout est permis, puisque je suis du bon côté de la morale. »

    1. Pour ma part, j’observe plutôt que la quasi totalité des maux de notre pays est la conséquence directe de l’incapacité de nos dirigeants à éradiquer la main-mise extrême-gauchiste sur l’enseignement, les médias et la justice. Les syndicats ne font que ce pour quoi l’Etat les paie grassement.
      « Le mal ne vient pas tant de ceux qui le font que de ceux qui laissent faire » est une maxime totalement vraie et je ne comprends pas pourquoi il n’est pas mis un coup de pied dans ces fourmilières qui entraînent notre soviétisation et donc notre déclin.

  3. 1 : Georges Séguy doit s’en retourner dans sa tombe.
    2 : mise en examen autour du 25 mai pour des propos tenus le 13/09/2025 ; quelle réactivité des services compétents !

  4. mieux encore. Les deux dirigeants de la CGT du port de Marseille qui ont detourné 260 000 € du CE a leur profit personnel sont condamnés a du 12 mois avec sursis, 5000 € et 3000 € d’amende et seulement 3 ans d’inéligibilité…Information fraîche du matin.
    Mais c’est de l’incitation a continuer, une justice aussi laxiste.

  5. PCF et CGT étant historiquement des alliés, il faudrait se pencher à la fois sur le Cas Roussel et sur le Cas Binet, non ?

  6. La France est un des rares pays où il y’a encore des communistes avec les trotskistes de LFI
    L’importance de ces groupes révolutionnaires, surtout dans les medias, révèle l’incompétence de nos partis traditionnels qui n’ont pas résolu tous les grands problèmes de la France, Macron en premier
    Pourquoi ne coupe t’on pas les subventions à Mme Binet tant qu’elle n’aura pas un dialogue constructif en entreprise comme les syndicats allemands et qu’elle arrêtera de faire uniquement de la politique, c’est sans doute pour compenser la quasi inexistance du PC
    C’est nos impôts après tout et ça fera des économies d’autant qu’elle ne représente que 3 à 5 % de salariés

  7. Mais quand viendra-t-il le jour ou les syndicats comprendront que l’entreprise est leur richesse et qu’il faut travailler avec celui et ceux qui l’ont construite pour l’améliorer encore ? Quand comprendront ils que l’intérêt des salariés et ceux des patrons sont les mêmes et qui l’un sans l’autre chacun n’est rien .
    IL y a des crétins partout , ce sont eux qu’il faut éradiquer, pas les patrons constructeurs , pas plus que les syndicalistes intelligents .

    1. Lorsque les syndicats cesseront d’être financés par l’État, sans doute. Parce que, pour l’heure, et on ne peut finalement pas le leur reprocher, ce n’est pas l’entreprise et encore moins ses adhérents qui sont la source de la richesse d’un syndicat, mais les impôts de tous les Français. Rien d’étonnant, donc, à ce que lesdits syndicats ne défendent ni l’entreprise ni leurs adhérents auxquels ils ne doivent, en fait, absolument rien.

    2. Bon les syndicalistes intelligents, il y en a. Deux fois dans ma carrière sur 40 ans on m’a dit:  » ah il y avait machintruc, super constructif, honnête et défendant bien les gens mais il en a eu marre…(souvent c’était la CGT qui l’avait poussé dehors), il a laissé tomber il 6 mois avant que vous arriviez. »
      Donc il y en a mais manque de pot je n’en ai jamais connu un seul…
      Quelle frustration !

  8. Sur le site TELOS…
    Contre un livre, le débat interdit, Guy Groux17 mars 2026
    https://www.telos-eu.com/fr/societe/livre-sauver-democratie-sociale-debat-interdit.html
    « Brûlot », « apprentis sorciers », « projet idéologique antisyndical », « enterrement du dialogue social », etc. Propos lapidaires. N’en jetez plus. L’accueil fait à notre essai Sauver la démocratie sociale, cosigné avec Gilbert Cette et Richard Robert[1], a été marqué par une campagne de presse d’une rare hostilité, lancée dans L’Humanité et portée jusque dans les colonnes de L’Opinion, en passant par différentes interventions sur les réseaux sociaux. Dans une précédente tribune parue ici-même, les lecteurs de Telos ont pu se faire une idée de ce livre publié dans la collection exigeante longtemps dirigée par Raymond Aron. Que des critiques s’expriment, c’est le jeu et elles sont bienvenues. Mais le tir de barrage qui a accueilli notre livre est d’une autre nature[2]. On est là face à une entreprise qui vise à le disqualifier a priori, ce qui revient à interdire tout débat. Et surtout à s’en tenir là, en évitant d’aborder toute question de fond. Et pour cause : comme il est facile de le constater, parmi ceux qui condamnent notre ouvrage, peu l’ont lu. Le propos repose souvent sur la seule lecture des propositions formulées en fin d’ouvrage (2 pages !) ou sur la « quatrième de couverture », en ignorant superbement les 239 pages qui mènent à ces propositions. Pire encore, certains n’ont lu que les titres de presse les plus incendiaires ou les commentaires les plus militants, se contentant de « commenter les commentaires » ce qui est très pratique et fait gagner beaucoup de temps. Bref. Ne pas parler de ce dont parle l’ouvrage, et éviter que d’autres le lisent, c’est ici la règle et le but du jeu.

  9. Pour moi la solution est toute simple la CGT doit être dissoute (supprimée), ce n’est pas un syndicat c’est un parti politique et un destructeur d’entreprises.

  10. Je pense qu’il est en effet grand temps que les libéraux, les gens de droite et le patronat fassent respecter leurs droits face aux empiètements insupportables de militants gauchistes radicalisés… la loi s’applique pour tout le monde… En outre, j’invite chaudement le patronat et les grands capitalistes français à se réveiller avant qu’il ne soit trop tard ! Il est grand temps de reprendre le chemin du combat culturel… y compris en finançant des médias, des spectacles culturels, des intellectuels comme jadis Ayn Rand ou Raymond Aron… en son temps, Milton Friedman avait son émission à la télévision, pour s’adresser aux masses… Contrairement à une idée parfois reçue, le peuple n’est pas anti-libéral par nature. Le plombier lepéniste est farouchement opposé à l’assistanat. Javier Milei a même démontré que les jeunes et les pauvres pouvaient voter pour un libertarien sachant leur expliquer l’économie. Frédéric Bastiat, par sa conviction littéraire, fut aussi un excellent vulgarisateur des idées libérales.

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