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jeudi 24 septembre 2026

Radio France : le pluralisme à géométrie variable

Temps de lecture : 2 minutes

Le pluralisme serait-il à géométrie variable ? Le 2 septembre, le personnel de Radio France a voté, lors d’une assemblée générale, une motion pour protester contre le recrutement d’un journaliste de Valeurs Actuelles. Les salariés n’ont pas toléré le fait que soit donnée une tribune à Charles Sapin, nouvel éditorialiste politique sur France Inter. Ce dernier, passé par L’Opinion, Le Parisien, CNews, Le Figaro ou encore Le Point, y donne une chronique hebdomadaire sur l’actualité politique. Il est également directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles.

« Ligne rouge inacceptable », affirment-ils, désignant Valeurs Actuelles comme un « organe de l’extrême droite multicondamné ». Le fait qu’un journal classé à droite soit représenté chez France Inter est considéré comme « problématique » du point de vue « de la démocratie, de l’humanisme et du respect des droits » pour Lionel Thompson, rédacteur en chef chez Radio France. Jusqu’où doit aller le pluralisme ?, demande le journaliste Paul Gasnier sur Quotidien, qui préfère parler de « torchon d’extrême droite » à propos de Valeurs Actuelles. Pour lui, le recrutement du n°2 de ce journal revient à « céder » à Charles Alloncle, rapporteur de la commission sur l’audiovisuel public. Valeurs Actuelles a en effet pris position sur le sujet, dénonçant « conflits d’intérêts, gabegies et entre-soi bobo ».

Il faut bien reconnaître à Valeurs Actuelles un certain nombre de condamnations, notamment pour des contenus qui ont suscité de graves controverses. La Cour de cassation a définitivement condamné le magazine en 2024 pour injure publique à caractère raciste dans l’affaire de la caricature de Danièle Obono. Mais cela ne signifie pas que chacun de ses journalistes devient, par association, indigne de prendre la parole sur une radio publique. Charles Sapin doit-il être jugé sur ses chroniques, ou condamné par avance pour l’identité éditoriale de son employeur ?

La direction de Radio France a choisi la première option : le 3 septembre, son directeur éditorial Vincent Meslet a refusé d’écarter le journaliste au nom de l’indépendance éditoriale. Il a estimé que les salariés du groupe le jugeaient sur le « symbole » que représente Valeurs actuelles plutôt que sur « des faits, des actes ou des chroniques précises ». M. Meslet a ainsi rejeté le raisonnement bolchevik des journalistes de Radio France, qui préfèrent juger un homme selon le groupe auquel il appartient, et non sur ses accomplissements individuels. Les gesticulations verbales de ces mêmes journalistes montrent surtout une chose : l’intolérance de ceux qui se réclament pourtant de la tolérance, de la démocratie et de l’humanisme, mais ne supportent pas qu’une voix différente puisse s’exprimer dans une rédaction labellisée « service public ». Voilà qui donne du grain à moudre à ceux qui défendent la privatisation.

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13 réponses

  1. Le sectarisme dans l audiovisuel public ne cesse de se creuser dans l indifférence générale
    La ministre de la culture est aux abonnés absents
    Vite une privatisation de tout l audiovisuel public

  2. Qu’est ce que le personnel de radio France vient faire la dedans? Radio France ne leur appartient pas radio France appartient aux français !

  3. On paie très cher Radio France pour des émissions neutres dans le respect du pluralisme. On a des émissions très politisées avec un fort entrisme à gauche.
    Inutile de chercher l’erreur d’autant que l’ARCOM considère la situation avec beaucoup de bienveillance.

  4. Cela ne fait que mettre encore en avant leur intransigeance ! Il n’y a qu’ eux qui ont le droit de…. Les autres doivent se rallier à leurs idées sinon…. Ils veulent imposer leur dictat à tout et personne ne les arrêtent. Ce sont des dictateurs ! Cela ne laisse rien présager de bon ! Il ne faut en aucun cas les laisser faire. Changer le radio France en radio gaucho serait plus indiqué. Appelons un chat, un chat.

  5. « Le 2 septembre, le personnel de Radio France a voté, lors d’une assemblée générale, une motion pour protester contre le recrutement d’un journaliste de Valeurs Actuelles.  »

    Je soupçonne le vote d’avoir été à main levée ? Une pratique des plus démocratique…..

  6. Il est utile pour un pays d’avoir un audiovisuel qui porte son image à l’international, en France hélas elle a été dévoyé de manière outrancière.
    En réduire l’enveloppe et exiger réellement de cette dernière qu’elle soit le reflet exact de notre pays et de ses ambitions serait salutaire. En privatiser une partie est probablement une solution, mais elle ne suffira pas. Il faudra y mettre à la tête des personnes intransigeantes en matière d’honnêteté intellectuelle et ambitieuse en terme d’image donnée par notre pays.

  7. Si, comme les sondages l’annoncent, le RN prend le pouvoir en 2027, quelle orgie de grèves, protestations et déclarations enflammées de la part de Radio France, avec Mélenchon qui y établira son QG.

  8. La gauche dans toute sa splendeur : n’ont le droit de s’exprimer que ceux qui partagent leurs idées… pas de réels débats juste de longs monologues qui se gargarisent d’être dans l’autoproclamé camp du bien

  9. Si la réaction des journalistes de France Inter est choquante, on doit aussi constater que le soit disant pluralisme et indépendance éditoriale évoqués par la direction générale de France Inter sont tout aussi choquants. En effet, la chronique de Charles Sapin a été positionnée le dimanche matin à 07h30, pas de quoi révolutionner la ligne éditoriale de l’antenne, ce qui rend la réaction des journalistes de France Inter encore bien plus choquante.

  10. Mais je pose une question toute simple: comment avons-nous laissé la « gauche » (qui n’a rien d’une gauche, cela pourrait être aisément démontré), comment donc avons-nous laissé la pseudo-gauche instaurer une telle emprise, un tel magistère sur l’information et plus généralement la vie intellectuelle (encore que dans l’édition, il y a bien quelques maisons non soumises). C’est peut-être la question la plus urgente que l’on devrait se poser !

  11. C’est n’importe quoi, il faudra privatiser ce truc, ce machin. Ça nous coûtera beaucoup moins cher, il se financeront avec leurs adhérents syndicaux !!!

  12. L’Arcom n’est hélas pas neutre, c’est là un euphémisme et je me demande régulièrement à quoi sert cet organisme. D’où viennent les nominations de ses membres ? Est ce un autre fait du « prince » ?
    France télévision nous coûte cher, la présidente percevrait une rémunération annuelle de l’ordre de 400.000 € (part variable comprise)

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