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dimanche 6 septembre 2026

Cyberattaques contre l’État : les responsables seront-ils sanctionnés ?

Temps de lecture : 2 minutes

A la suite du vol récent de fichiers aux ministères de l’Économie et des Finances, de l’Éducation nationale et de l’Intérieur, l’IREF-Contrepoints a lancé une pétition pour que l’État protège les données qu’il exige de ses citoyens et répare les préjudices qu’il leur cause. Soyez nombreux à la signer et à la relayer : sait-on jamais, nous pourrions être entendus !

En attendant, les responsables de ces fiascos se font bien discrets. Il faudrait quand même qu’ils apparaissent au grand jour, s’expliquent et assument leurs fautes.

Les uns et les autres se renvoient d’ores et déjà la balle. Les actuels responsables de la cybersécurité dans les ministères accusent leurs prédécesseurs qui n’ont rien fait, ou leur hiérarchie, insensible au risque cyber, qui n’a pas pris les bonnes décisions. D’autres mettent en cause le manque de moyens et en imputent la faute aux politiques.

La ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, qui a présenté en début d’année 2026, à Bordeaux, la stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030, a indiqué sur X qu’elle n’avait pas la cybersécurité comme responsabilité dans son portefeuille ministériel, chaque ministre étant responsable de la cybersécurité de son propre ministère sous contrôle du Premier ministre.

Celui-ci, qui s’est exprimé à Sens le 29 août à l’occasion de l’université d’été du Laboratoire de la République, un think tank créé par l’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, a incriminé les agents. En l’occurrence, Sébastien Lecornu a affirmé, s’agissant de l’affaire de la DGFiP : « Si je fais le parallèle avec une maison, ce n’est pas un problème de solidité des volets, des fenêtres, de la porte ou du système d’alarme. Globalement, on avait une maison qui était bien fermée, avec une porte blindée bien fermée, serrure deux points, malheureusement la clé a été mise sous le paillasson et il a été dit dans tout le quartier qu’elle était sous le paillasson. Ça s’appelle un problème d’hygiène numérique. D’où ma colère. Ce n’est pas un manque de moyens. C’est la compromission des codes d’accès d’agents de la DGFiP qui a permis l’intrusion ». Bref, c’est le « grouillot de service », incapable de respecter les consignes élémentaires, qui est responsable de tout. C’est quand même un peu facile.

Le député Philippe Latombe (Les Démocrates), qui vient de rendre un rapport sur les vulnérabilités numériques de la France, a déposé, le 27 août, une proposition de résolution initiant la création d’une commission d’enquête sur le sujet. La sénatrice Nathalie Goulet (Union centriste) a déjà pris la même initiative en mai dernier. Nul doute qu’elle sera prochainement relancée.

Si elles voient le jour, espérons que ces commissions permettront de faire toute la lumière sur ces affaires et, notamment, de désigner des responsables pour les sanctionner. Il ne s’agit pas de réclamer des têtes par principe. Mais depuis le début de l’année, il y a eu une dizaine de fuites majeures de données dans l’administration et, pour l’instant, les Français sont les seuls à en supporter les conséquences. Cela doit changer.

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