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dimanche 1 novembre 2026

Énergies renouvelables : le scandale des prix négatifs

Temps de lecture : 2 minutes

Les prix négatifs de l’électricité se multiplient en France. En 2025, le pays a enregistré 513 heures de prix négatifs ou nuls, contre seulement 147 en 2023, selon RTE. Et 2026 fait déjà pire : au 8 octobre, la Commission de régulation de l’énergie en comptait 568, soit davantage que sur toute l’année précédente. Le régulateur ne parle plus d’un accident de marché mais d’un phénomène structurel.

Le 21 juillet 2026, certaines transactions sur le marché intraday ( le marché de la dernière minute) ont même atteint -1 200 euros/MWh. Ce phénomène, analysé par Sophie Méritet, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine, dans The Conversation, révèle une contradiction majeure des politiques de soutien aux énergies renouvelables (EnR) : à force d’encourager la production, l’État finance une électricité dont le système n’a pas toujours besoin.

Le problème tient à l’intermittence du solaire et de l’éolien. Ces installations produisent en fonction de la météo, et non de la demande. Lorsque le soleil brille et que le vent souffle, elles injectent simultanément leur électricité dans le réseau. L’offre devient alors supérieure à la consommation, les prix s’effondrent et peuvent même devenir négatifs.

Les mécanismes publics de soutien aggravent cette situation. Avec les contrats d’obligation d’achat à prix fixe et les compléments de rémunération, les producteurs bénéficient de revenus garantis ou complétés par l’argent public, même lorsque leur électricité perd de sa valeur sur le marché. Certains contrats récents prévoient certes des dispositions en cas de prix négatifs, mais elles ne règlent ni le problème des engagements déjà conclus, ni celui de la dépendance aux subventions. La Cour des comptes a chiffré à 87 milliards d’euros les engagements de soutien aux EnR, dont une partie court sur vingt ans. Dans son rapport de 2026, elle a dénoncé des contrats coûteux et des dispositifs de contrôle défaillants.

Sophie Méritet souligne que le stockage et la flexibilité de la consommation seront déterminants pour mieux équilibrer le réseau. Mais encore faut-il laisser les prix jouer leur rôle et les investisseurs assumer les risques de leurs choix. La fin des contrats d’obligation d’achat à prix fixe et des compléments de rémunération apparaît comme une nécessité. L’électricité renouvelable ne peut durablement bénéficier d’un traitement de faveur : sa valeur doit être évaluée à l’aune de la demande, et non des garanties accordées par l’État.

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