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mardi 21 avril 2026

Greenpeace ou l’ONG contre l’écologie

Temps de lecture : 4 minutes

L’ONG Greenpeace, plus que cinquantenaire et de célèbre réputation, ne vieillit pas très bien. Le nombre de ses adhérents baisse, ses effectifs aussi, tout comme sa crédibilité. Survivra-t-elle ?  

C’est une première : aux États-Unis, un juge du Dakota du Nord a condamné Greenpeace International à verser 345 millions de dollars à Energy Transfer, une entreprise d’infrastructure pétrogazière. Un montant que l’ONG ne peut se permettre de payer, au risque de devoir mettre la clé sous la porte si le jugement passait en force de chose jugée. Le procès portait sur des manifestations, en 2016 et 2017, contre la construction du Dakota Access Pipeline, un oléoduc qui traverse le Dakota du Nord jusqu’à l’Illinois. Energy Transfer accuse Greenpeace d’avoir essayé d’empêcher sa construction en mobilisant des manifestants et envoyant du matériel pour installer des barrages.

Si l’ONG venait à disparaître, serait-ce une grande perte pour la cause environnementale ? Les difficultés qu’elle rencontre outre-Atlantique sont l’occasion de revenir sur son mode de fonctionnement et ses prises de position, notamment en matière de politique énergétique.

L’action directe au coeur de la stratégie militante

Depuis sa création en 1971, Greenpeace a fait de l’« action directe » le cÅ“ur de sa stratégie militante. Créée à l’origine pour stopper les essais nucléaires, ses combats se sont ensuite multipliés. Sabotages dans le port de Reykjavík, en Islande, contre des navires baleiniers en 1977 ; protestations contre les essais nucléaires dans le port d’Auckland en 1985 (dont résultera l’affaire du Rainbow Warrior) ; dégradation d’un champ expérimental de maïs génétiquement modifié au Royaume-Uni en 1999 ; blocage de raffineries (Exxon Mobil) ; intrusion dans des centrales à charbon et des centrales nucléaires ; intrusion dans des centrales d’achat (Leclerc) ; blocage de cargos… La logique est toujours la même : multiplier les actions médiatiques pour mobiliser l’opinion publique.

Certaines affaires ont donné lieu à des condamnations pour violation du droit de propriété, intrusion et dégradations ; d’autres à des acquittements, des tribunaux ayant parfois reconnu que l’ONG agissait pour prévenir un « dommage climatique ».

Nucléaire : la désinformation scientifique

Au-delà de l’action directe, Greenpeace organise des campagnes de communication qui ressemblent davantage à des tentatives de manipulation de l’opinion publique qu’à une volonté d’informer au travers d’articles scientifiquement fondés, argumentés et nuancés. Prenons le cas du nucléaire : quelques recherches suffisent pour repérer le biais foncièrement « anti » de l’ONG, à la limite du dogmatisme.

– Sur les déchets nucléaires par exemple, l’ONG se contente de dire, sur son site web, qu’ils sont « hautement radioactifs et le resteront pendant plusieurs milliers d’années ». Cet argument est trompeur par omission : il occulte le fait que 96 % du combustible est recyclable, que la majorité des déchets sont à vie courte et peu radioactifs, et qu’il existe des solutions de stockage de long terme pour les déchets dits à vie longue.

– Greenpeace affirme aussi que l’usine de La Hague rejetterait dans la Manche des « millions de mètres cubes de déchets radioactifs liquides », sans donner plus d’informations. Il s’agit en réalité du tritium, l’un des trois isotopes d’hydrogène, qui est produit naturellement dans la haute atmosphère et dans les réactions nucléaires. Sa dispersion dans la Manche est surveillée et contrôlée par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Les seuils relevés au large des côtes sont rarement supérieurs à 5 becquerels (Bq). En comparaison, le seuil réglementaire fixé dans l’eau de consommation est de 100 Bq/L en France, et l’eau est considérée potable jusqu’à des concentrations de 10 000 Bq/L par l’OMS.

– Sur le vieillissement des centrales, Greenpeace prétend qu’elles dépasseraient la « date fatidique de durée de vie » pour laquelle elles ont été conçues (40 ans). Là encore, l’argument est d’une simplification abusive. Dans la loi française, il n’existe aucune date limite : les centrales sont contrôlées tous les dix ans par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), et c’est à l’exploitant de démontrer qu’elles peuvent fonctionner jusqu’à la prochaine visite. La fermeture de Fessenheim en 2017 ne reposait, en l’occurrence, sur aucun élément technique ou sécuritaire. Par ailleurs, aux États-Unis, des réacteurs sont exploités jusqu’à 60 voire 80 ans.

Le mirage du tout renouvelable

Greenpeace présente les énergies renouvelables (EnR) comme la solution ultime : elles seraient « plus propres, sûres et compétitives ». Cette fois encore, la réalité est plus nuancée, notamment lorsqu’on prend en compte leur viabilité économique.

– Propreté : les EnR reposent sur des chaînes de production fortement consommatrices de ressources, comme l’extraction de métaux rares, l’artificialisation des sols ou le recyclage limité des équipements. Leur empreinte environnementale est déplacée dans l’espace et dans le temps, mais elle est loin d’être inexistante.

– Sûreté : contrairement au nucléaire, les EnR sont intermittentes. Le facteur de charge, c’est-à-dire le taux réel d’utilisation des installations, est de l’ordre de 15 % pour le solaire et de 24,3 % pour l’éolien, contre 75 % pour le nucléaire. Elles nécessitent donc des énergies pilotables, souvent fossiles, pour garantir la stabilité du réseau électrique. En pratique, le développement des EnR s’accompagne d’un maintien, voire d’un renforcement, des infrastructures carbonées, comme on a pu le voir en Allemagne, pays qui a totalement raté son virage énergétique.

– Compétitivité : les EnR restent largement dépendantes de subventions publiques, de tarifs garantis ou de mécanismes de soutien. Une fois intégrés les coûts du système, leur coût réel pour la collectivité est bien supérieur aux prix affichés. En France, les investissements sont considérables, avec 21,7 milliards d’euros en 2022 pour les seules filières renouvelables.

Ces arguments ignorent également la question de la souveraineté énergétique. L’actualité internationale le montre : les chocs provoqués par les guerres en Ukraine et en Iran ont contraint les technocrates bruxellois à reconnaître, après de longues années, leur erreur stratégique, puisque le choix de réduire la part de nucléaire dans l’électricité européenne a renforcé l’exposition aux marchés énergétiques mondiaux.

Écologie idéologique vs. écologie raisonnée

Greenpeace est devenue le symbole d’une écologie idéologique, en opposition avec l’écologie dite raisonnée, fondée sur des faits scientifiques et soucieuse du bien-être des êtres humains sur Terre. Cela ne date pas d’hier : Patrick Moore, l’un de ses fondateurs, avait décidé, pour cette raison, de claquer la porte en 1986. Quarante ans plus tard, rien ne semble avoir changé. En France, les militants sont persuadés d’être en lutte contre « l’extrême droite » et le « carbofascisme ». Leur vision du monde peine toutefois à convaincre : avec une perte de 24 000 adhérents en quatre ans et des dons en baisse depuis plusieurs années, l’ONG devra réduire ses effectifs de près de 25 % d’ici l’été 2026. C’est peut-être une bonne nouvelle pour la planète.

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15 réponses

  1. « En France, les militants sont persuadés d’être en lutte contre « l’extrême droite » et le « carbofascisme »

    C’est tout ce que ces idéologues de la décroissance anticapitaliste trouvent désormais comme argument.

  2. Ce sont des menteurs, on se souvient de la campagne contre le maïs OGM qui tuerait les papillons monarques, qui ne consomment pas de pollen de maïs!

  3. je serais curieux de savoir ce que vous entendez pas écologisme rationnel..

    pourquoi vous servez la soupe à l’écologisme en lassant entendre que ça peut être rationnel et non tyrannique????

    on va rappeler il est impossible de ramener un bilan environnemental à un nombre la conséquence est que moins impacter l’environnement ne peut être que moins consommer ( toute chose égale par ailleurs) … la décroissance mondiale , tout autre choix est juste le choix arbitraire des impacts… changer les éléments d’une liste…et vous avez une nébuleuses de partis écologistes contradictoires chacun faisant des choix …et non la technologie ne sauve pas l’environnement;. la technologie sauve l’ homme.

  4. Ecologie, gauchofascisme, etc .le vent tourne. Comme dit je ne sais quel proverbe, on peut mentir à son père tout le temps, mais on ne peut pas mentir éternellement à tout le monde.

  5. Les déchets irradiés ou radioactifs de l’industrie nucléaire française ne sont que très peu recyclés (de l’ordre de 30 ktonnes par an) mais stockés. Seule une partie du combustible est recyclée. Les 96% que vous citez sont relatifs au combustible (et recyclable n’est pas recyclé).

    1. Je ne sais pas où vous voulez en venir. Les déchets à vie courte ou moyenne n’ont pas besoin d’être recyclés, seuls les déchets à vie longue sont recyclés, plutonium, uranium appauvri, qui entrent dans un nouveau combustible de surgénérateurs. Les seuls déchets à vie longue non recyclés sont l’américium, le curium, le neptunium, en très faible quantité et pour lesquels un stockage en couche géologique profonde est approprié. C’est un peu complexe pour le citoyen moyen, mais il ne faut pas en profiter pour que les mauvaises langues se permettent de colporter des mensonges.

      1. Je soulignais simplement qu’actuellement on ne recycle qu’une petite partie du combustible usagé (~10%) et que les déchets autres qui représentent en masse ~95% des déchets totaux ne sont quasiment pas recyclés.
        Bref, une très grande partie des déchets est stockée, de plus le chiffre annoncé de 96% de recyclage du combustible usagé reste aujourd’hui théorique (trop cher et pas de surgénérateur sous la main).
        Je n’ai rien contre le nucléaire : je roule nucléaire et me chauffe nucléaire. Par contre autant fournir des informations pas trop éloignées de la réalité du moment. Toute activité produit des déchets.

  6. Greenpeace n’est pas un organisme scientifique, c’est une ONG militante.
    Mais on peut lui reconnaître un rôle dans la prise de conscience mondiale concernant : baleines, Antarctique, déforestation, la vulnérabilité des centrales nucléaires vis-à-vis du terrorisme, etc.

  7. Le sous préfet aux champs, du conte d’Alphonse Daudet, était un doux rêveur, les escrolos en revanche sont des rêveurs dangereux qui mobilisent des esprits faibles et leur font commettre des actions aussi regrettables que d’une grande bêtise : les imbéciles qui ont pénétré frauduleusement dans l’enceinte d’un aéroport pour peindre un avion en vert (je les aurais fait dégager à coup de lance à incendie), les demeurés qui jettent de la soupe sur des toiles dans les musées et autres ravagés qui se collent les mains sur le bitume ou s’enchaînent au chemin de fer…
    Vous avez aussi les informés malhonnêtes genre Voynet incapable de prendre la mesure d’une marée noire mais profondément anti-nucléaire et pourtant ayant été ministre – ce qui dénote le mauvais choix d’un chef de gouvernement.

  8. L’écologie politique n’est pas scientifique mais dogmatique comme une religion qui n’accepte aucune contestation sous peine d’excommunication

  9. Greenpeace l’alliée de Gazprom, l’hydre aux cent têtes (d’abrutis) qui nous a donné le grand couillon qui fut candidat à la présidentielle. Sa disparition serait une excellente nouvelle.
    Aux suivants de ces tumeurs sociétales :
    – WWF
    – Client Earth
    – Climate Action
    – Générations futures
    – Surfrider
    – Oxfam
    – Extinction rébellion
    – Etc.
    Il faut couper toute subvention publique à ces tumeurs malignes qui minent la société et leurrent la jeunesse au moins autant que les communismes et collectivismes, l’écologisme étant tout à fait « pastèque ».
    Et surtout, avant tout, démanteler le réseau « le lierre » qui gangrène la fonction publique en France jusqu’au plus haut niveau (DGEC du ministère de la « transition écologique »).

  10. Wow, l’article passe à côté du principal. L’écologie est la conviction qu’il nous faut changer notre relation au monde pour se développer. Après c’est compliqué de traduire cette conviction en modèle. Et Greenpeace en est la preuve. Mais c’est pas parce que Greenpeace c’est planté que la conviction tombe et que les problèmes s’effacent. Tout non militant sait cela. Puis si on invoque la science, alors le pétrole tombe, notre mode vie aussi, bien avant greenpeace.
    Attention au karma: on ne tire pas sur les ambulances!

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