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dimanche 30 août 2026

Information et médias : les Français toujours très méfiants

Temps de lecture : 2 minutes

Pour la première fois depuis le lancement de l’enquête Digital New Report il y a quinze ans, les réseaux sociaux et les plateformes vidéo (54 %) devancent au niveau mondial la télévision (52 %), les sites et les applications des éditeurs (51 %) comme source d’information. La vidéo d’actualité en ligne touche 77 % des répondants et dépasse désormais le journal télévisé dans 45 des 48 marchés étudiés. La confiance dans l’information reste stable en France, à 29 %, mais sous la moyenne mondiale de 37 %. Elle recule dans 29 des 48 pays et atteint son plus bas niveau depuis 2015. L’intérêt pour l’actualité est faible, à 36 %.

En ce qui concerne le service public, dans les 26 pays qui en sont dotés le solde de l’opinion est positif : 37 % contre 22 %. En France il s’inverse : 31 % de jugements négatifs pour 22 % de positifs, et 65 % de ceux qui s’en méfient invoquent l’influence des responsables politiques. La France rejoint le groupe minoritaire des sceptiques [auxquels appartient aussi la Slovaquie]. Ce sont les pays nordiques, le Portugal et la Suisse qui affichent les jugements le plus favorables au service public de l’information.

Qui influence l’information ? Les Français placent les propriétaires de médias (66 %) devant les responsables politiques (64 %), hiérarchie que l’on retrouve en particulier aux États-Unis et en Australie. Environ 12 % des Français paient pour une information en ligne, contre 17 % en moyenne dans les vingt pays suivis ; cela va jusqu’à 40 % en Norvège et plus de 20 % en Irlande et en Australie. Avec dans notre pays cette singularité : 39 % seulement de des abonnements vont aux médias traditionnels, contre par exemple 80 % au Royaume-Uni. La France est aussi le pays où la part d’accès gratuit obtenu via un autre abonnement, une box internet notamment, est la plus forte.

Plus l’intérêt des Français se déplace vers les plateformes, plus la confiance moyenne dans les médias classiques baisse. Une tendance qui n’est pas nouvelle mais qui s’accélère.

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13 réponses

  1. Le chiffre le plus révélateur est celui qui n’est pas commenté : seulement 39 % des abonnements payants français vont aux médias traditionnels, contre 80 % au Royaume-Uni.

    Cela signifie que les Français qui paient pour de l’information ne paient pas moins que les autres par indifférence, mais qu’ils paient ailleurs : substacks, newsletters, créateurs indépendants, médias en ligne pure players. La désaffection n’est donc pas un rejet de l’information payante, c’est un déplacement.

    Et cela se combine avec l’autre singularité relevée : la part d’accès gratuit via un abonnement box est la plus forte de tous les pays étudiés. Une génération entière a appris que l’information arrive incluse avec autre chose, ce qui est très difficile à défaire ensuite.

    Sur le service public, le contraste avec les pays nordiques mérite mieux qu’un constat. Ces pays ont en commun un financement dont le montant et la durée sont fixés à l’avance et soustraits au calendrier politique. Là où la dotation se renégocie régulièrement, le soupçon d’influence gouvernementale est structurellement fondé, indépendamment de ce que fait la rédaction.

    Autrement dit, 65 % des méfiants invoquent l’influence des responsables politiques, et ce n’est pas une opinion irrationnelle sur le contenu : c’est une lecture assez juste du mécanisme de financement.

    Une réserve de méthode pour finir. Le Digital News Report est une enquête déclarative, et la confiance déclarée mesure autant l’humeur générale envers les institutions que le jugement sur un média précis. Les mêmes personnes qui déclarent 29 % de confiance consomment massivement de l’information et en discutent. Le chiffre décrit un climat, pas un comportement.

  2. Les Français paient pour l’information, ils paient même très cher via l’impôts qui leur est volé pour financer les médias publiques gauchistes et la presse écrites qui elle aussi est largement gauchisée.

  3. « Le chiffre le plus révélateur est celui qui n’est pas commenté : seulement 39 % des abonnements payants français vont aux médias traditionnels, contre 80 % au Royaume-Uni.
    Cela signifie que les Français qui paient pour de l’information ne paient pas moins que les autres par indifférence, mais qu’ils paient ailleurs  »

    Pas forcément. Vous raisonnez implicitement comme si le nombre de personnes qui payent et/ou les montants payés étaient similaires entre les deux pays. Or, on en sait rien avec la donnée. Sans l’information correspondante, on ne peut pas déduire ce que vous dites, pas plus que son contraire. On en sait rien.

    Exemple: Si sur 1000 anglais seulement 100 ont un abonnement, cela fait 80 abonnés aux médias traditionnels. Respectivement si sur 1000 français les 1000 ont un abonnement, cela fait 390 abonnements aux médias traditionnels. Cela correspond à nos 80% d’abonnements payants à ces médias dans un cas et aux 39% dans l’autre cas. Et pourtant on en déduirait que ce sont les anglais qui sont sensiblement indifférents aux médias traditionnels, en fait à tous les médias.

    Renversez les chiffres avec 100 français abonnés, donc 39 aux médias traditionnels, et 1000 anglais abonnés sur 1000 donc 800 aux médias traditionnels et on arrive à une conclusion diamétralement différente, avec pourtant les mêmes pourcentages de 39% et 80%.

    Ergo, on ne peut rien conclure du genre de ce que vous dites à partir des pourcentages respectifs alloués aux médias traditionnels ou aux autres si l’on a pas aussi la proportion dans chaque pays qui a un abonnement.

  4. Vous dites:
    « Plus l’intérêt des Français se déplace vers les plateformes, plus la confiance moyenne dans les médias classiques baisse.  »
    C’est sûrement dans l’autre sens que ça va, non?

  5. Autant je suis d’accord avec vous pour la plupart des sujets, je trouve que votre combat contre l’audiovisuel public est néfaste. je ne regarde pas la TV privée, régie par les lois du commerce et du profit. En plus je ne supporte pas ces éternelles publicités qui vantent les qualités des lessives et les cadeaux de Carglass. Je ne veux pas du populisme et de la médiocrité.
    La TV publique est un service régalien. Moi , j’y trouve mon compte: J’ai la liberté de choisir ce que je regarde. Le choix du privé se situe entre la peste et le choléra.
    Bien sûr ,comme dans tous les services publics, un grand ménage est à faire.
    Laissez moi la liberté de choisir, c’est, me semble-t-il, votre combat

    1. Exactement, c’est ce qu’on soutient : la liberté de choisir. Si vous voulez payer pour le service public, c’est votre droit ! Mais il ne faut obliger tout le monde à le faire.

      1. Un service public financé par un groupe de personne n’est plus un service public, c’est un groupe marchand.

        1. Mais ceux qui défendent et souhaitent garder le service public devraient avoir la posibilité de le financer directement. Et ne pas obliger les autres de le faire. C’est du vol.

          1. Tout à fait d’accord. Merci Monsieur Lecaussin.
            J’ajouterais qu’il devrait être possible de « flécher » ou non son impôt vers le financement du média public. Mon choix personnel serait alors de ne pas y contribuer.
            J’ajoute encore que les pubs décriées par notre ami dans son commentaire ont depuis longtemps envahi aussi les médias publics et que je préfère que le business de Carglass prospère plutôt que celui de Nagui.
            Sincères salutations.

    2. L audiovisuel public ravit notre ami mais il n a jamais fait parti du régalien et ce doit d une neutralité qu il ne respecte plus depuis longtemps
      Les tunnels publicitaires existent aussi dans le public
      Le regalien se limite à la sécurité intérieure et extérieure la justice et la diplomatie
      Tout le reste relève de vieux fantasmes franchouillards

  6. Nous sommes bien placé en France pour constater à quel point les media désinforment en France. Ce sont davantage des offices de propagande politique que des journalites qui informent les citoyens!

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