Journaliste et directeur des publications de l’association Contribuables Associés, Jean-Baptiste Léon vient de faire paraître un Livre Noir de l’argent public, qui figurera à n’en pas douter en bonne place dans la bibliothèque, déjà richement fournie, des ouvrages décrivant et analysant par le menu les grands gaspillages de l’argent public dans notre pays. L’auteur ne se contente d’ailleurs pas de mettre au jour l’ampleur des dilapidations, qui se chiffrent en milliards d’euros, il préconise aussi (c’est l’objet du 13e et dernier chapitre du livre) un certain nombre de solutions appliquées avec succès dans d’autres pays, et dont la mise en œuvre permettrait une bien plus grande maîtrise de nos dépenses publiques.
Le livre part déjà d’un constat accablant : « Le pouvoir en place a gaspillé l’argent public depuis des décennies, dilapidé le trésor de guerre hérité des Trente Glorieuses (1945-1975) plutôt que de réduire ses dépenses, accumulé les dettes, vidé les poches des ménages et les caisses des entreprises pour colmater les brèches qu’il a ouvertes au fil du temps » (pp. 13-14). Rien ne semble en effet pouvoir arrêter la folle course à laquelle le pays se livre depuis un demi-siècle vers toujours plus de dépenses publiques, toujours plus de prélèvements et toujours plus de dette, celle-ci ayant même dépassé en 2025 les 3 400 milliards d’euros, ce qui représente 115,6% du PIB (p. 19). Chiffres à l’appui, l’auteur déroule tout au long du livre un implacable réquisitoire contre l’État taxateur, subventionneur et dilapidateur à tous les échelons : État gargantuesque engloutissant des dépenses faramineuses et incapable de présenter un budget à l’équilibre depuis 50 ans, innombrables agences, commissions et instances étatiques des plus coûteuses pour le contribuable, collectivités territoriales dépensant elles aussi toujours plus…
D’aucuns rétorqueront que la France n’est pas un pays comme les autres, que le monde entier nous envierait notre « modèle social » et nos services publics hors pair. Nous connaissons bien cette rengaine, resservie à l’identique depuis des lustres, et qui sert à justifier le statu quo. Or, précisément, ce n’est un secret pour personne que la qualité et l’efficacité de ces mêmes services publics se dégradent inexorablement, sous nos propres yeux. Un phénomène qui touche aussi bien l’État enseignant, que l’État culturel, l’État social ou encore l’État urbaniste, pour ne citer qu’eux. Non, la vérité est que nos dirigeants rechignent à faire les vraies réformes nécessaires au recouvrement de la santé économique du pays, comme la réduction du train de vie de l’État, ainsi que certains de nos voisins européens (Irlande, Grèce, Portugal…) l’ont déjà fait, avec des résultats tout à fait positifs à la clef.
La tendance à l’hypertrophie, qui est consubstantielle à l’État lui-même, s’accompagne immanquablement d’excès de prélèvements et de réglementations, aujourd’hui parvenus à un niveau tel qu’ils sont vécus comme insoutenables par nombre de nos compatriotes. « De la naissance à la succession, l’impôt est une constante de la vie en France, écrit Jean-Baptiste Léon. Direct ou indirect, il transforme nombre de Français en vaches à lait, comme si l’État avait oublié que trop d’impôts tue l’impôt et, pour finir, le contribuable » (p. 31). Quant à la « suradministration indéracinable » et « notre empilement d’instances qui produisent des normes comme le foie sécrète la bile », ils « contribuent, ajoute l’auteur avec raison, à l’appauvrissement du pays » (p. 37). Dégraissage du « mammouth » bureaucratique, mais aussi déréglementation et net allègement du fardeau fiscal qui pèse sur les forces vives de la société devraient donc être les maîtres mots d’un gouvernement ayant véritablement à cœur de remettre le pays durablement sur les rails ; ce qui suppose aussi tout le courage politique nécessaire pour mettre en œuvre des réformes profondes, aussi audacieuses que vitales pour le pays tout entier. Est-ce là un vœu pieux de notre part ? Non, car, encore une fois, certains pays, confrontés à des problèmes analogues à ceux que nous connaissons, s’en sont sortis. C’est notamment le cas de la Nouvelle-Zélande, du Canada et de la Suède, pays que cite l’auteur à la fin du livre, qui ont réussi à « passer d’une administration focalisée sur les moyens et le respect des procédures à une culture du résultat, centrée sur l’efficacité et la qualité du service qui vous est rendu » (p. 257).
Lors des derniers débats sur le budget, plusieurs « pistes » ont été suggérées : en particulier, taxer les placements sur les assurances vie …. En voilà une idée qu’elle est bonne… pour se planter encore plus vite… Dans ces assurances vie, il y a toutes sortes de placements dont des « fonds euros » qui servent à l’état pour emprunter… et bien entendu au passage augmenter cette dette… Cette magnifique idée revient à taxer la dette ! génial ? non. Mais que vont faire les traders ? Ils vont déplacer les fonds vers d’autres placements, pour conserver un peu de rendement. Et que restera-t-il de la dette ? qui en voudra encore ? Ai-je bien compris nos Mozart et autres élites ?
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2 réponses
Partagé Emilio Pagura Revue de presse et d’Ooinions
Lors des derniers débats sur le budget, plusieurs « pistes » ont été suggérées : en particulier, taxer les placements sur les assurances vie …. En voilà une idée qu’elle est bonne… pour se planter encore plus vite… Dans ces assurances vie, il y a toutes sortes de placements dont des « fonds euros » qui servent à l’état pour emprunter… et bien entendu au passage augmenter cette dette… Cette magnifique idée revient à taxer la dette ! génial ? non. Mais que vont faire les traders ? Ils vont déplacer les fonds vers d’autres placements, pour conserver un peu de rendement. Et que restera-t-il de la dette ? qui en voudra encore ? Ai-je bien compris nos Mozart et autres élites ?