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vendredi 23 octobre 2026

La CGT de France Télévisions réclame le départ de journalistes pour avoir montré les émeutes

Temps de lecture : 2 minutes

Dimanche 18 octobre sur France 2, le journaliste Laurent Delahousse a présenté « Au cœur des violences », un reportage sur les émeutes de la veille. On a pu y voir, notamment, une manifestante se réjouir de la destruction des symboles de la République : « Marianne est en train de cramer ! » et, non loin des émeutes, Jean-Luc Mélenchon, qui a qualifié les événements de « mise en mouvement de toute la jeunesse du pays ».

« Toute l’équipe a failli et doit démissionner ». Voilà ce que la CGT de France Télévisions a déclaré après la diffusion du reportage. Dans un communiqué, le syndicat parle d’un « clip de propagande », et réclame le départ du présentateur et de toute son équipe. L’inversion des responsabilités est totale : les journalistes sont accusés d’avoir décrédibilisé les manifestants, d’être fascinés par la violence et, cerise sur le gâteau, de viser Mélenchon. Pour la CGT, le leader Insoumis ne faisait que répondre à une question sur les revendications, et non sur la violence et les casseurs.

Le rôle de la CGT de France Télévisions est-il de défendre la profession de journaliste ou un parti politique ? Ceux qui ont réalisé ce reportage ont pris des risques évidents pour leur vie. Les images n’ont été ni truquées, ni générées par l’intelligence artificielle : elles ont montré la réalité telle qu’elle est. Si les propos de M. Mélenchon étaient ambigus, ce n’est pas la faute du journaliste, mais de l’homme politique qui aurait dû être plus clair.

Mais l’ambiguïté est du côté de la CGT elle-même. Dans un autre communiqué, le syndicat a eu le toupet de s’inquiéter de la mise à mal de la démocratie et des « passages en force ». Au lieu d’évoquer la responsabilité personnelle des émeutiers, elle a préféré les excuser à demi-mot, dénoncer la « doctrine sécuritaire » et mettre en avant les accidents ayant eu lieu pendant les confrontations avec les forces de l’ordre pour alimenter le narratif d’une violence institutionnelle. Rien d’étonnant, de la part d’un syndicat de gauche marxiste dont l’histoire a été fortement marquée par des actions violentes au nom de la lutte des classes.

Bref, ce qui semble choquer la CGT, ce ne sont manifestement pas les violences commises dans la rue, mais le fait qu’elles soient montrées à la télévision. Lorsqu’un syndicat réclame la tête de journalistes pour avoir diffusé des images qui dérangent, il ne défend ni la profession, ni la démocratie : il cherche à imposer son propre récit.

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