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mercredi 27 mai 2026

L’amateurisme économique du RN continue d’indisposer les chefs d’entreprise

Temps de lecture : 2 minutes

L’offensive de charme de Jordan Bardella envers les grands et les moins grands patrons masque mal l’indigence et surtout l’incohérence du programme économique du RN.

Le dernier numéro du magazine Challenges (19 février 2026) consacre sa une au Rassemblement National et celle-ci n’est guère élogieuse : « Les patrons n’en veulent (toujours) pas. Pourquoi le programme du RN fait peur ».

Un premier article constate que la tentative de flirt de Jordan Bardella auprès des grands patrons tombe à plat. Une « figure du Medef » déclare que les prétendus échanges avec les chefs d’entreprise les plus importants sont « une manière pour le RN de se banaliser et de pallier leur manque de crédibilité économique »… Le « conseiller d’un patron » confie que dès que le Président du RN « sort de ses fiches, il est perdu ». L’économiste Olivier Babeau affirme que « ce qui inquiète profondément le patronat, c’est l’incohérence du RN ».

Rappelons que tant le Medef que la CPME avaient indistinctement qualifié les programmes du RN et du Nouveau Front Populaire pour les élections législatives de 2024 de « dangereux pour l’économie, la croissance et l’emploi ». Jordan Bardella a bien essayé de gommer le caractère « socialiste », dixit Eric Zemmour, du programme économique et social de Marine Le Pen, mais les chefs d’entreprise ne semblent guère convaincus par l’épaisseur doctrinale du Président du RN et la plupart d’entre eux doutent qu’il puisse se transformer en Giorgia Meloni français.

Un autre article de Challenges sur le même sujet pointe « trois mesures repoussoirs pour les milieux d’affaires ». Après avoir souligné que les députés RN avaient voté rien moins que 34 milliards d’euros de hausses d’impôt lors des débats budgétaires, en contradiction avec la ligne officielle, sans parler du vote en faveur de la transformation de l’Impôt forfaitaire immobilier en impôt sur la fortune « improductive (sic) » heureusement abandonné par la suite, le RN continue de soutenir « un impôt sur la fortune financière dangereux pour les entreprises familiales », « une taxe sur les rachats d’actions la plus lourde du monde » et « une réforme des retraites qui se chiffre à plus de 50 milliards ». Des mesures, suivant les cas, absurdes, contreproductives, contraires à la réglementation européenne ou encore -un comble – susceptibles de favoriser le rachat par des entreprises étrangères !

C’est que le RN se trouve toujours soumis aux convictions très « sociales » de Marine Le Pen et à la sociologie de son électorat dit populaire, dont une partie votait jadis ou naguère pour la gauche et l’extrême gauche. A défaut de convictions, il fui faudra faire preuve de beaucoup de réalisme s’il entend convaincre les chefs d’entreprise…

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25 réponses

  1. Effectivement, le jeune Bardella est excellent devant une camera, mais pas forcément devant un tableau noir. Espérons qu’il saura s’entourer, s’il gagnait les élections, ce qui n’est pas gagné, et que les personnes qu’il aura choisies soient de droite, ce qui est encore moins gagné.

    Après, c’est très bien de pointer les défauts de ce jeune homme, mais pourrait-il vraiment faire pire que les autres ? Est-ce qu’il pourrait battre l’excellentissime, brillantissime, économiquissime Bruno Lemaire, en matière de déficit ? Est qu’il pourrait être plus corrompu que Kohler, avec sa tête de pompes funèbres ? Est-ce qu’il pourrait être plus méprisant qu’Attal ? Plus ridicule que le ministre chauve des AE (Barrot, il s’appelle) ? Plus inexistant que Bayrou ? Plus courtisant que Ferrand ? Plus bonimenteur que Véran ? Plus inutile que Séjourné ? Plus flambeur que Castaner ? Plus népotiste que Le Drian ? Ou même plus raide, le matin, que Griveaux ?

    Pour Bardella, comme on le voit, les défis sont gigantesques !

    1. Très juste!
      On voit de qu’ont fait les gouvernements technocratiques jusqu’ici, seul LFI pourrait faire pire, il est temps de renverser la caste qui désindustrialise, qui tue l’agriculture, qui met à bas nos services publics, notre diplomatie, qui n’anticipe pas les problèmes démographiques (retraite, natalité, immigration…), qui augmente néanmoins des prélèvements déjà records, mais qui ne sait même pas gérer un musée (!)…

    2. On peut bien sûr critiquer Bardella, comme n’importe quel responsable politique. Mais réduire le débat à une comparaison d’insultes ou à un concours de médiocrité n’apporte pas grand-chose.

      Comme vous le dites si bien, en matière de déficit ou de politique budgétaire, ce n’est pas le président qui tient la calculette : c’est le ministre de l’Économie — comme l’a été **Bruno Le Maire** — nommé par le Premier ministre. Et le Premier ministre est lui-même nommé par le président de la République.

      On a tendance à l’oublier : dans nos institutions, le président n’est pas censé gouverner seul. Il représente la France à l’étranger, fixe les grandes orientations et nomme un(e) Premier(ère) ministre chargé(e) de former un gouvernement (souvent en concertation avec lui). Ensuite, ce sont les ministres qui conduisent les politiques publiques dans leurs domaines respectifs.

      Le problème, peut-être, est que nous nous sommes habitués à des présidents très interventionnistes, parfois perçus comme des « monarques républicains », voire — pour certains de leurs opposants — à la limite d’une pratique verticale du pouvoir. Or l’esprit des institutions n’est pas celui d’un homme seul.

      Dans cette logique, si un président est profondément rejeté par le peuple, le recours au référendum peut être une manière de redonner directement la parole aux citoyens — même si l’histoire montre que cela peut se retourner contre celui qui l’initie, comme ce fut le cas pour **Charles de Gaulle**.

      Au fond, la vraie question n’est pas de savoir si Bardella ferait « pire » ou « moins pire » que tel ou tel. C’est de savoir quelle équipe il choisirait, quelle majorité il aurait, et comment fonctionneraient les contre-pouvoirs. Dans une démocratie équilibrée, ce ne sont pas les hommes providentiels qui comptent le plus, mais la solidité des institutions et la qualité de ceux qui les font vivre.

  2. Comme je le dit trop jeune, aucune expérience des affaires politiques, économiques et moins encore de la vie. Mais hélas il n’est pas le seul lisez et analysez les programmes des listes pour les prochaines élections locales et nationale a part quelques rares très rares exceptions, l’avenir reste bien loin derrière nous. Quelques magouilles de listes et on reprends les mêmes. et à part le social, l’associatif et des projets inutiles et coûteux je ne trouve rien d’autre, ah si important, des augmentations et des vacances supplémentaires pour les stressés du monde public.

  3. Quel pourcentage d’électeurs croit encore aujourd’hui à l’application de son programme (économique) par un président nouvellement élu alors que
    le pays est assez surendetté pour que cela se sache,
    l’état est gouverné par la Nomenklatura (hauts fonctionnaires et assimilés) et resté assujetti aux diktats de Bruxelles : deux tiers des lois votées sont des transpositions de directives européennes
    Un Petit chiffre ?????

  4. « le RN continue de soutenir « un impôt sur la fortune financière dangereux pour les entreprises familiales », « une taxe sur les rachats d’actions la plus lourde du monde »
    Et alors ? Ce genre d’impôt IGF instauré par la gauche Mitterrandienne perdure depuis un demi-siècle que les gouvernements soient de gauche ou de « droite »…. Le patronat a bien du s’en accommoder. Le seul « mérite » de Macron a été de le transférer sur les propriétaires-bailleurs, la classe moyenne en somme, ce que le RN ne semble pas reprendre. Quant à l’impôt sur la fortune financière, il suffirait de remonter le seuil de cette « fortune » pour largement réduire son impact… Ce qui ne semblerait pas hors de portée d’un gouvernement d’ « extrême-droite ».

      1. En ce sens il est bien de droite…Que voulez vous, faire payer les riches est électoralement payant. Admettons que le RN gagne, sur cette question impôts, on le verra à l’usage.

  5. Il est évident qu’une partie du patronat profite largement de la politique socialo-communiste de Macron : éoliennes, primes rénov, fermes solaires, etc.
    Pourquoi le medef n’a t’il rien dit sur le sabotage de notre filière automobile ?

  6. l’amateurisme se trouve chez Macron par exemple, aussi à droite, et à gauche, d’ailleurs ce n’est pas Marine le Pen qui a conduit le pays dans la situation actuelle (dettes, baisse du niveau de vie), mais bien des prétendus savants en économie ! Alors pourquoi stigmatiser toujours le RN ?

    1. Effectivement, on peut douter des compétences économiques du RN mais on ne peut pas douter de l’incompétence des macronistes.
      Leur bilan parle pour eux : la nouvelle PPE est une catastrophe annoncée pour notre économie, la transition écologique nous coûte quelques dizaines de milliards chaque année pour des résultats inexistants et le refus d’assumer une agriculture productiviste nous conduit à importer toujours plus.
      Quant au programme des socialistes, c’est toujours plus d’énergies renouvelables et de promesses d’impôts nouveaux.
      Je ne parle pas du programme des LR puisqu’il tient en une phrase : sauver les quelques députés restants !

  7. LE RN est-il d’accord pour baisser massivement les dépenses publiques et donc les prélèvements ?? C’est ce que je voudrais savoir de manière précise ???
    Il faut que leur programme soit clair sur toute la partie économique et financière afin de pouvoir porter un jugement ! ce n’est pas le cas actuellement.

  8. Le programme économique du RN ne tient que électoralement. Macron n’a pas fait différemment en supprimant la taxe d’habitation. On peut cependant espérer que n’étant pas Énarques, les têtes de liste RN ramènent un peu de bon sens dans la gestion du pays. En tout état de cause on ne peut faire pire que Macron

    1. Tout à fait Urbain. Pas d’énarque chez R.N., voila l’important car il est possible d’espérer du bon sens et des décisions simples conformes à la volonté des Français !?

  9. De toute évidence, Zemmour et Méloni, de droite façon Thatcher -Reagan, sont des références pour l’IREF. Rien d’étonnant ni de repréhensible. L’IREF est libéral et le dit clairement et ce n’est pas un péché mortel que d’être libéral. Ce qui est plus gênant, c’est que Zemmour pour la France, base essentiellement son discours politique sur les thématiques du RN pour siphonner ses voix façon Sarkozy en 2007. Ce qui avait permis à ce dernier d’être élu Président de la République sans respecter les engagements pris sur ces thématiques. Même stratégie et même réussite pour Méloni face à Salvini avec des engagements pas respectés. Zemmour est chargé de la même mission.

  10. Les arguments sont tout à fait crédibles. et je les partage. Mais où nos talentueux experts ont-ils amené le pays en 15 ans. Nos politiques traitent le symptôme jamais la cause.

  11. Impôts, taxes diverses et variées !!!,, OUPS. A quand réduction des dépenses ? A quand fin des gaspillages ?
    Comme son père, et d’autres, Marine le Pen ne s’est pas montrée très rigoureuse dans la gestion de l’argent public, fut-il Européen !
    Voilà des décennies que notre pays est dirigé par des bataillons de fonctionnaires n’ayant jamais fait autre chose que de la politique. Il suffit de voir leur pédigrée pour constater qu’après des études parfois très longues, ils se sont incrustés dans des associations, des ministères etc. etc.
    La France Insoumise qui prétend représenter « le petit peuple » en est un bon exemple : combien d’employés, d’ouvriers dans leur organigramme ?
    IDEM CHEZ LES VERTS au nom desquels on détruit notre Agriculture, les Socialistes qui décident et parlent d’une industrie où ils n’ont jamais mis les pieds !
    Avec de pareils élus, comment s’étonner du sabotage de notre industrie, de notre commerce et de notre agriculture ?

  12. On peut bien sûr critiquer Bardella, comme n’importe quel responsable politique. Mais réduire le débat à une comparaison d’insultes ou à un concours de médiocrité n’apporte pas grand-chose.

    En France ce n’est pas le président qui tient la calculette : c’est le ministre de l’Économie, nommé par le Premier ministre. Et le Premier ministre est lui-même nommé par le président de la République.

    On a tendance à l’oublier : dans nos institutions, le président n’est pas censé gouverner seul. Il représente la France à l’étranger (et Jordan Bardella est beaucoup plus charismatique en vrai qu’a la télévision), fixe les grandes orientations et nomme un(e) Premier(ère) ministre chargé(e) de former un gouvernement (souvent en concertation avec lui). Ensuite, ce sont les ministres qui conduisent les politiques publiques dans leurs domaines respectifs.

    Le problème, peut-être, est que nous nous sommes habitués à des présidents très interventionnistes, parfois perçus comme des « monarques ».
    Or l’esprit des institutions n’est pas celui d’un homme seul.

    Dans cette logique, si un président est profondément rejeté par le peuple, le recours au référendum peut être une manière de redonner directement la parole aux citoyens, même si l’histoire montre que cela peut se retourner contre celui qui l’initie, comme ce fut le cas pour le Général de Gaulle.

    Au fond, la vraie question n’est pas de savoir si Bardella ferait « pire » ou « moins pire » que tel ou tel. C’est de savoir quelle équipe il choisirait, quelle majorité il aurait, et comment fonctionneraient les contre-pouvoirs. Dans une démocratie équilibrée, ce ne sont pas les hommes providentiels qui comptent le plus, mais la solidité des institutions et la qualité de ceux qui les font vivre.

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