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vendredi 6 novembre 2026

Le CNC subventionne les influenceurs pour mieux taxer les plateformes

Temps de lecture : 2 minutes

Des bourses de 10 000 euros à des chèques de plusieurs centaines de milliers d’euros : le fonds d’aide à la création pour les plateformes sociales, destiné aux créateurs de contenu, a finalement été rétabli. Suspendue en avril par le CNC, cette aide prend la suite du fonds CNC Talent, créé en 2017 et supprimé fin 2025.

Dans une vidéo qui n’aurait jamais dû être rendue publique, l’une des membres de cette commission, Ultia, streameuse sur Twitch (Carla Giardina de son vrai nom), avait indiqué qu’elle écarterait les projets proposés par des personnes « d’extrême droite ». Ce parti pris avait provoqué un scandale et conduit à son éviction. Une décision saluée par la ministre de la Culture, Catherine Pegard, qui a dénoncé une violation flagrante des « obligations de neutralité, d’indépendance et d’impartialité » qui s’imposent aux membres des commissions du CNC.

Un rapport du conseiller d’État Maxime Boutron sur le soutien à la création sur les plateformes sociales a remis la subvention au goût du jour. Et son budget a doublé, pour atteindre 6 millions d’euros par an. Les créateurs de contenu pourront obtenir les mêmes montants que ceux attribués au cinéma, aux séries TV ou aux jeux vidéo. Pour Gaëtan Bruel, président du CNC, il s’agit d’« accompagner un secteur qui s’est structuré et professionnalisé ».

Le montant est toutefois jugé insuffisant par les créateurs de contenu. L’Union des métiers de l’influence et des créateurs de contenu (UMICC) réclame une dizaine de millions d’euros par an. Certains créateurs se plaignent d’une trop grande dépendance vis-à-vis des marques. Pour M. Bruel, les grandes plateformes « ne peuvent pas attendre des créateurs qu’ils prennent les risques, et bénéficient du succès de la creative economy » sans contribuer à son financement.

Mais pourquoi faudrait-il que l’État organise cette contribution ? YouTube repose déjà sur la publicité, les abonnements et le partage des revenus avec les créateurs. À ces derniers de négocier leurs contrats avec les plateformes et les annonceurs : c’est une relation commerciale, pas une mission du CNC. Celui-ci est d’ailleurs financé par des taxes affectées, auxquelles contribuent aussi les acteurs du numérique, comme Google ou Youtube. Les plateformes participent donc déjà au financement du système. Faut-il en plus que l’État choisisse les créateurs qui méritent d’être subventionnés ? La professionnalisation d’un secteur ne justifie pas, à elle seule, sa prise en charge par le contribuable.

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