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lundi 6 juillet 2026

Le « mécénat forcé » de Philippe Aghion : une spoliation qui ne dit pas son nom

Temps de lecture : 2 minutes

Il fallait bien un prix Nobel pour habiller de neuf la plus vieille lubie française. Philippe Aghion, fraîchement lauréat du prix de la Banque de Suède plus communément appelé « Nobel d’économie », a livré sur France Inter le concept de l’été : le « mécénat forcé ». Cet oxymore touche à l’œuvre d’art. Car enfin, le mécénat suppose un don ; le don suppose la liberté. Accoler « forcé » à « mécénat », cela fait penser à la « liberté surveillée », « l’allocation autonomie » ou le « viol non consenti » – pourquoi ne pas bientôt instaurer un « volontariat obligatoire » ? (On peut trouver très révélateur que les mots n’aient plus de sens dans notre pays…) Le mécanisme est d’une simplicité biblique : les grandes fortunes devront « choisir » d’orienter une part de leur succession vers des fonds d’État — défense, innovation… — faute de quoi le fisc les punira avec une taxation alourdie. Un choix, donc, à la manière du bandit de grand chemin : la bourse ou la vie. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a immédiatement flairé la bonne affaire. Lors des Rencontres économiques d’Aix, il a affirmé, en rappelant la taxe Zucman : « Il y avait un sentiment d’inégalité dans la répartition de la richesse. Et ça, il faut bien le traiter. » Voilà le symptôme, une fois de plus, de la maladie nationale. Là où l’Américain admire le riche et se dit « un jour je serai comme lui », le Français le méprise et se dit « un jour, il paiera ! ». L’un rêve d’imiter, l’autre de plumer. Au lieu d’encourager les Français à s’enrichir, au lieu d’inciter les riches à le devenir encore plus afin d’investir, de financer la recherche, de transmette, bref de booster notre économie, on les met au pilori, encore et toujours. Même ceux, comme Philippe Aghion, dont on pourrait attendre une vision plus… riche. Tout cela au nom de l’intérêt national en nous faisant croire qu’un  fonctionnaire pillant l’héritage d’autrui fera meilleur usage du capital que celui qui l’a constitué.

Le plus triste est que cette suggestion vienne d’un économiste renommé, un théoricien de la destruction créatrice et de l’innovation, qui sait mieux que quiconque que la richesse naît de la liberté d’entreprendre, non de la contrainte étatique. Nous souhaiterions qu’il nous donne des exemples de nations qui se sont enrichies en réprimant ceux qui réussissent. Pour notre part, nous séchons.

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