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mercredi 10 juin 2026

Le prix du pétrole menace-t-il l’économie mondiale ?

Temps de lecture : 2 minutes

La hausse subite du prix du pétrole, qui a brièvement atteint lundi matin 119,5 dollars le baril, au plus haut depuis le printemps 2022 (juste après l’invasion de l’Ukraine), menace la planète d’un choc inflationniste majeur assorti logiquement d’une récession. Comme l’Union européenne en a exprimé la crainte, un baril restant durablement au-dessus de 100 dollars (niveau vers lequel les cours ont redescendu dans l’après-midi) serait lourd de conséquences.

Cette envolée est clairement motivée par le « risk factor » (comme disent les traders), en sus des conséquences d’un blocage du détroit d’Ormuz, par lequel chemine habituellement un cinquième du pétrole consommé dans le monde. Plus aucun tanker, hormis quelques chinois et iraniens, n’a traversé le détroit sans encombre depuis huit jours.

Les pays occidentaux rivalisent d’avertissement sur la nécessité de rétablir la liberté de navigation et d’engagements à mobiliser, dans ce but des moyens militaires.  La France a annoncé le déploiement prochain de deux frégates qui viendraient compléter les navires européens (grecs, allemands, italiens) opérant déjà dans le Golfe persique via l’opération Aspides.

Le temps presse car plusieurs Etats réduisent leur production, en raison de l’impossibilité physique de l’écouler puisqu’il n’existe pratiquement pas de routes alternatives, hormis un oléoduc saoudien vers la mer Rouge, d’une capacité de 5 millions de barils par jour, un quart du flux enregistré via Ormuz en temps normal. L’Irak et le Koweït ont commencé à réduire leur production de pétrole, s’ajoutant aux réductions précédentes de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar. Selon les analystes, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite devraient faire de même sous peu.

L’envolée des cours ce lundi s’est quelque peu calmée après que le Financial Times a rapporté plus tôt dans la journée que les ministres des Finances du G7 discuteraient lundi d’une libération conjointe des réserves stratégiques de pétrole. Cette réunion n’a toutefois pas permis de prendre une décision en ce sens, même si l’option est clairement sur la table.

La nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père l’ayatollah Ali Khamenei à la tête de l’Iran a également contribué à la hausse des prix. Cet homme très discret, puisqu’il n’a jamais prononcé un discours public, ni occupé une fonction officielle, privilégiant l’influence dans l’ombre auprès de son père ou les cercles dirigeants des Pasdarans, n’a au demeurant plus été vu en public depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, les groupes de coordination de l’approvisionnement en pétrole et en gaz de l’Union européenne (UE) se réuniront jeudi. Ces groupes, qui comprennent des représentants des gouvernements de l’UE, surveillent la sécurité des approvisionnements en pétrole et en gaz et coordonnent les mesures d’intervention en cas de crise. Les pays du bloc sont tenus de détenir des stocks de pétrole couvrant 90 jours de consommation.

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3 réponses

  1. Pas d’affolement, la production de pétrole est flexible, on peut toujours ouvrir le robinet un peu plus, pas à long terme parce que cela endommage le flux de pétrole jusqu’au puits, mais suffisamment de temps pour attendre la chute du régime des mollahs. Et la hausse du prix du baril est un cadeau inattendu pour tous les producteurs non concernés par la guerre, comme l’Afrique, les deux Amériques et l’Asie du Sud Est. Ils vont se hâter de vendre un maximum de pétrole pour profiter de cette hausse, sachant très bien qu’elle ne sera qu’éphémère. Le malheur des uns, producteurs du Moyen Orient et consommateurs, etc..La hausse sera terminée avant d’avoir fait trois pleins, sauf si l’État en profite pour ajouter une petite taxe masquée.

  2. « Plus aucun tanker, hormis quelques chinois et iraniens, n’a traversé le détroit sans encombre depuis huit jours. »

    On se demande bien à quoi sert l’armada US qui n’est pas foutue d’arraisonner ces tankers chinois et iraniens jusqu’à libération totale du détroit et « accessoirement » d’étrangler le financement des mollahs !

  3. Il devrait suffire que la BCE s’assure que la somme totale de nos revenus et dépenses (PIB notionnel) continue de croître normalement (environ 4-5% par an). Si elle fait ça, nous aurons temporairement plus d’inflation mais pas de récession. L’erreur serait de paniquer face à la perception de l’inflation et d’étouffer l’économie en haussant les taux.

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