Les aides aux entreprises sont très nombreuses en France. C’est même devenu un véritable maquis dans lequel se perdent les entrepreneurs. Au détriment du développement de leur entreprise !
A combien se montent les aides aux entreprises ? De combien faut-il les réduire ? Ces questions seront de plus en plus présentes dans le débat public alors que nous nous approcherons de l’élection présidentielle. Nous avons pu en avoir un aperçu lors du colloque organisé par l’IREF le 9 avril 2026 – « Repenser nos prélèvements obligatoires pour libérer les Français ». Le président des Républicains et candidat à l’élection de 2027, Bruno Retailleau, a contesté les chiffres avancés par l’IREF et estimé qu’il ne pouvait y avoir « un double effacement [ndlr : des aides et des impôts] portant sur des montants bien supérieurs à 40 milliards d’euros ».
L’IREF-Contrepoints pense que l’on peut aller bien plus loin que ces 40 Md€ qui ne sont pas du tout à la hauteur de l’enjeu. Réduire drastiquement les aides permettrait de baisser les prélèvements sur nos entreprises. Comme le montre le dernier baromètre européen des impôts de production, nous avons une marge de manœuvre.
Quatre fois plus d’impôts sur la production qu’en Allemagne
En effet, cette année encore, la France reste à la deuxième place du classement. Avec des impôts sur la production qui représentent 3,57% du PIB, notre pays est loin de la moyenne des 14 pays étudiés qui s’établit à 2,14%, tandis que la médiane est à 1,2%. L’Italie est à 2,66% ; l’Espagne à 2,06% ; l’Allemagne à 0,96%. Certes, la France fait un peu mieux que dans le baromètre 2025 où elle affichait 3,82%. Mais cette baisse est bien timide et, comme le notent les auteurs de l’étude, elle ne tient qu’à l’effet combiné de baisses non durables (la réduction de la CVAE qui a été interrompue en 2025 et 2026 et sa suppression renvoyée à 2030) ou concentrées sur des secteurs très spécifiques (l’extinction des contributions bancaires au Fonds de résolution unique). La baisse observée « ne reflète donc pas une décrue générale et durable des impôts de production », surtout que, dans le même temps, d’autres continuent de progresser fortement, à l’instar des impôts de production locaux (taxe foncière, cotisation foncière des entreprises et versement mobilité), et de ceux qui financent la protection sociale, en particulier les retraites.
Tout cela fait que la France demeure en tête du classement en valeur absolue, avec un produit des impôts de production atteignant 104,2 Md€. « À titre de comparaison, l’Italie – dont le PIB par habitant a récemment dépassé celui de la France – enregistre un montant de 60 Md€ ; en Allemagne, les recettes tirées des impôts de production sont près de quatre fois moins élevées qu’en France, malgré un PIB 1,5 fois plus important. » Ajoutons que la fiscalité de production française décidée par les collectivités territoriales est six fois plus élevée qu’en Allemagne, pourtant pays fédéral.
Si la France ne faisait que seulement s’aligner sur la moyenne de ses voisins immédiats (Belgique, Allemagne, Suisse, Italie et Espagne), elle aurait des impôts de production ne dépassant pas 1,38% du PIB et les entreprises économiseraient plus de 62 Md€.
Des aides plus politiques qu’économiques
Ne pourrions-nous pas facilement trouver au moins 62 Md€ d’aides inutiles ? Le portail aides-entreprises.fr recense 2355 aides publiques financières. Il y en a pour tous et pour toutes les situations : la création, la reprise, l’export, l’innovation, l’emploi et la formation, la transition écologique, l’investissement, le développement commercial, la transmission, etc.
La direction générale des Entreprises (DGE) du ministère de l’Économie et des Finances a publié il y a quelques semaines un « Mémo sur le financement de la réindustrialisation » qui présente les principaux dispositifs trans-sectoriels de financement de la réindustrialisation. Loin d’être exhaustif (notamment parce qu’il n’évoque pas les dispositifs sectoriels), et mêlant à la fois les subventions, les garanties, les prêts, les crédits d’impôts, les accompagnements, etc., ce mémo dévoile tout de même l’étendue de l’intervention de l’État et de ses satellites (Bpifrance, Banque des Territoires, Ademe). A sa lecture, on se rend compte que l’État ne cherche pas tant à aider les entreprises – sinon, il baisserait simplement les impôts et supprimerait des normes – qu’à favoriser les industries qu’il considère comme « bonnes ». De nombreuses aides ont, en effet, un lien avec la transition écologique.
C’est ainsi que l’on a attribué, au bas mot, 300 millions d’euros (M€) à Ÿnsect, une entreprise d’aliments pour animaux à base de larves de scarabées, qui a été placée en liquidation judiciaire. C’est ainsi que l’on distribue des millions, voire des milliards, pour construire des usines de batteries électriques sans que l’on sache si elles seront viables un jour. ACC, co-entreprise entre Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, ne vient-elle pas d’abandonner définitivement ses deux projets de méga-usines de batteries en Allemagne et en Italie ? Le norvégien Hydrovolt ne vient-il pas de renoncer à son projet d’unité de recyclage de batteries lithium-ion dans le Nord ?
Cela n’effraie aucunement le Premier ministre qui a annoncé le doublement du soutien à l’électrification des usages, en le passant de 5,5 à 10 Md€ par an. Les entrepreneurs pourront en bénéficier pour l’achat de véhicules utilitaires électriques, de fours électriques (boulangers, restaurateurs), de rôtissoires électriques (charcutiers, restaurateurs), etc.
Finalement, peu importe que ces aides fassent grimper les prix des produits subventionnés. Peu importe qu’elles nécessitent d’employer une armée de fonctionnaires pour être mises en œuvre. Peu importe qu’elles fassent perdre beaucoup de temps – et donc d’argent – aux entrepreneurs qui souhaitent en bénéficier pour compenser, un peu, ce que l’État leur prend par ailleurs, et les détournent ainsi de leur cœur d’activité. L’essentiel est que l’État montre qu’il s’active.
Le maquis des aides coûte cher aux entreprises
Car, comme le montre le réseau R2E – alliance scientifique fédérant plus de 230 chercheurs de différentes disciplines (gestion, économie, sciences politiques) dont l’objectif est de développer des connaissances sur la manière dont se « fabrique » l’entrepreneuriat dans la région Grand Est – les « bonnes idées » pour stimuler l’entrepreneuriat freinent en réalité l’innovation qu’elles prétendent encourager.
Christophe Schmitt de l’Université de Lorraine explique que l’analyse menée par R2E révèle un effet pervers de la générosité publique : la sédimentation des dispositifs – qui se sont multipliés sans réflexion sur leur efficacité globale – crée un environnement illisible. « Au lieu de se sentir soutenus, les porteurs de projet se retrouvent aux prises avec une complexité administrative chronophage. Le temps passé à décrypter les critères d’éligibilité ou à naviguer entre des injonctions parfois contradictoires est du temps soustrait au développement du produit ou à la recherche de partenaires ou de clients. » Pour lui, il est essentiel de sortir de la logique administrative – qui consiste à remplir des dossiers de subvention, puis des reportings en tout genre – pour favoriser le développement de l’activité de l’entrepreneur.
Quelquefois, les aides arrivent même à contretemps comme le souligne le bilan publié le 15 avril 2026 par le comité de surveillance des investissements d’avenir du plan France 2030. Le rapport critique une gouvernance « trop complexe » et la multiplication des comités qui allonge la prise de décisions. Entre le dépôt d’une demande et l’arrivée effective de la subvention, il peut se passer un à trois ans. En Allemagne, l’argent arrive en six mois. Comme le dit un dirigeant d’entreprise, « quand la réponse arrive, la stratégie peut avoir bougé » !
Nous ajouterons que les aides publiques viennent aussi désorganiser le marché : l’entreprise subventionnée peut casser les prix et mettre en difficulté le concurrent qui, non seulement ne reçoit pas d’argent, mais finance les aides par ses impôts.
Pour favoriser l’innovation, la création de valeur et d’emplois, rien ne vaut un cadre réglementaire léger. Alors, oui, il faut simplifier la vie des entreprises, y compris en supprimant les aides, et en allégeant d’autant leurs prélèvements, à commencer par les impôts sur la production.
Ce sera un des enjeux de la présidentielle de 2027, le gouvernement actuel ayant définitivement baissé les bras en la matière comme l’illustre l’affligeant épisode du travail le 1er mai !
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7 réponses
C’est le principe de l’économie socialiste, selon lequel une grosse pompe aspirante alimente un énorme arrosoir. L’ensemble est piloté par des fonctionnaires inexpérimentés mais gorgés d’idéologies, qui contrôlent bien l’aspiration mais mal l’arrosage et se nourrissent grassement des pertes en lignes. Ce système étouffe, génère l’irresponsabilité et la non compétitivité.
Les chefs d’entreprises, agriculteurs, artisans , petits et grands industriels doivent vivre de leur travail , sans subventions mais avec moins de prélèvements compensés par des diminutions de frais de fonctionnement inutiles et coûteux.
Sans oublier que les TPE voir PME qui auraient besoin d’un peu d’aide pour se développer n’ont par faute de temps et de moyens pas accès à toutes ces aides qui finalement ne bénéficient qu’aux entreprises qui n’en ont pas besoin. Reste que pour faire évoluer les entreprises Française il faut avant tout revoir la partie commerciale qui devient catastrophique et bien trop numérique avec X² codes d’accès et contrôles divers dans ce pays.
L’état intervient partout alors que leurs représentants sont complètement incompétents. Il faut laisser la liberté aux entreprises de toutes les catégories, supprimer tous ces textes, normes, règlementations imbéciles qui paralysent nos entrepreneurs. L’état n’est capable de rien sauf de détruire le Pays. Quand on pense qu’ils sont même incapables de s’occuper correctement des fonctions régaliennes !!?? J’hallucine ! mais les français continuent à voter pour ces crétins d’énarcosocialos qu’ils admirent !!??? Allez comprendre ????
J’ai été chef d’entreprise durant une quinzaine d’années j’ai rapidement arrêté de m’intéresser aux fameuses aides du gouvernement en général assorties de volumineux dossiers à constituer hautement chronophages et fastidieux imaginés par des petits bureaucrates qui n’ont manifestement jamais mis les pieds dans une petite entreprise !
Temps perdu, gaspillage d’énergie mise à l’épreuve des nerfs du chef d’entreprise !
Ils n’ont jamais compris que le travail du chef d’entreprise c’est de chercher des clients et s’organiser pour réaliser et livrer les commandes !
La chasse aux subventions a entraîné un business parasite qui nourrit des consultants qui « parlent l’ADEME dans le texte » et qui facturent des prestations qui consistent en l’instruction de dossiers administratifs de demandes de subventions.
Dans l’énergie et les projets de « décarbonation », j’ai pu constater que ce business est florissant et truffé d’idéologues incompétents mais adoubés par l’ADEME..
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7 réponses
C’est le principe de l’économie socialiste, selon lequel une grosse pompe aspirante alimente un énorme arrosoir. L’ensemble est piloté par des fonctionnaires inexpérimentés mais gorgés d’idéologies, qui contrôlent bien l’aspiration mais mal l’arrosage et se nourrissent grassement des pertes en lignes. Ce système étouffe, génère l’irresponsabilité et la non compétitivité.
Les chefs d’entreprises, agriculteurs, artisans , petits et grands industriels doivent vivre de leur travail , sans subventions mais avec moins de prélèvements compensés par des diminutions de frais de fonctionnement inutiles et coûteux.
Sans oublier que les TPE voir PME qui auraient besoin d’un peu d’aide pour se développer n’ont par faute de temps et de moyens pas accès à toutes ces aides qui finalement ne bénéficient qu’aux entreprises qui n’en ont pas besoin. Reste que pour faire évoluer les entreprises Française il faut avant tout revoir la partie commerciale qui devient catastrophique et bien trop numérique avec X² codes d’accès et contrôles divers dans ce pays.
Les TPE et les PME n ont pas besoin d aide mais seulement que l état les laisse bosser….
L’état intervient partout alors que leurs représentants sont complètement incompétents. Il faut laisser la liberté aux entreprises de toutes les catégories, supprimer tous ces textes, normes, règlementations imbéciles qui paralysent nos entrepreneurs. L’état n’est capable de rien sauf de détruire le Pays. Quand on pense qu’ils sont même incapables de s’occuper correctement des fonctions régaliennes !!?? J’hallucine ! mais les français continuent à voter pour ces crétins d’énarcosocialos qu’ils admirent !!??? Allez comprendre ????
L etat pompe toujours davantage pour redistribuer toujours plus mais sans créer de valeur d ou déficits récurrents et dette en augmentation constante
J’ai été chef d’entreprise durant une quinzaine d’années j’ai rapidement arrêté de m’intéresser aux fameuses aides du gouvernement en général assorties de volumineux dossiers à constituer hautement chronophages et fastidieux imaginés par des petits bureaucrates qui n’ont manifestement jamais mis les pieds dans une petite entreprise !
Temps perdu, gaspillage d’énergie mise à l’épreuve des nerfs du chef d’entreprise !
Ils n’ont jamais compris que le travail du chef d’entreprise c’est de chercher des clients et s’organiser pour réaliser et livrer les commandes !
La chasse aux subventions a entraîné un business parasite qui nourrit des consultants qui « parlent l’ADEME dans le texte » et qui facturent des prestations qui consistent en l’instruction de dossiers administratifs de demandes de subventions.
Dans l’énergie et les projets de « décarbonation », j’ai pu constater que ce business est florissant et truffé d’idéologues incompétents mais adoubés par l’ADEME..